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L’Agriculture et la Transformation digitale… L’Agriculture tunisienne sur la route de la Digitalisation

septembre 26th, 2019 | by admin
L’Agriculture et la Transformation digitale… L’Agriculture tunisienne sur la route de la Digitalisation
Economie
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Dans le domaine agricole, on ne souligne que trop rarement le rôle moteur que doivent jouer les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication ainsi que l’innovation.

Il est pourtant clair que l’économie agricole est de plus en plus soumise à l’accélération des connaissances scientifiques et à la Révolution digitale. Le ministère de l’Agriculture, l’UTAP et la population de producteurs agricoles en sont conscients.

Au SIAMAP 2019, la Transformation digitale de l’Agriculture tunisienne occupe une place de choix: Un grand stand réunira l’ensemble des acteurs de la Digitalisation en Tunisie, focalisés principalement sur le secteur agricole.

Cette exhibition est en phase avec la tendance promue par le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, en parfaite harmonie avec les programmes mis en œuvre par le ministère des Technologies de la Communication et de l’Economie Numérique.

Atelier sur les Technologies numériques en Agriculture

Le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche a organisé le 26 juin dernier, à l’hôtel Mövenpick à Tunis, en collaboration avec la Banque Mondiale, un workshop portant sur les Technologies numériques en Agriculture : Comment accélérer la Transformation numérique de l’agriculture tunisienne ?

Dans son discours d’ouverture, M. Samir Taïeb, ministre de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, a clairement indiqué que « la Digitalisation du secteur agricole en Tunisie, accuse un retard malgré les avantages que ces Technologies peuvent procurer et malgré les incitations mises en place par l’Etat au profit des investisseurs dans ce domaine. »

« La Tunisie, a-t-il ajouté, compte rattraper son retard en matière de Digitalisation agricole. »

Son constat ne fait pas de doute : « Très peu d’entreprises fournissent, aujourd’hui, des solutions technologiques destinées au secteur agricole, comparées à celles développées au profit d’autres secteurs ».

« L’Etat, a-t-il souligné, est en train d’élaborer la stratégie adéquate, dans ce domaine en concertation avec toutes les parties prenantes, nos partenaires et nos bailleurs de fonds.

L’Etat aura, également, la mission de garantir les infrastructures nécessaires, d’ajuster le cadre règlementaire aux exigences de la Numérisation, et de mettre en place les incitations nécessaires au profit des jeunes promoteurs et des startups intéressés par l’investissement dans des projets de création de solutions dédiées à l’activité agricole. »

Cette stratégie veillera aussi à favoriser le Partenariat Publi-Privé, en matière d’investissement agricole, la connexion entre les domaines de la Formation académique, de la Recherche et de la production agricole et à accompagner les petits agriculteurs pour les aider à mieux intégrer les TIC.

Le ministre a, par ailleurs, mis en relief les expériences initiées en matière de consécration des Nouvelles Technologies dans le domaine agricole : l’utilisation des drones par la SONAPROV dans la surveillance des grandes cultures et la prévention des incendies, la gestion numérique des ressources hydrauliques, le recours aux données satellitaires pour déterminer les superficies cultivées et prévoir le volume des récoltes.

« Le chemin est encore long pour pouvoir saisir les opportunités que présente la numérisation de l’agriculture dans le monde », conclut M. Samir Taïeb.

Des contraintes 

entravent

la Digitalisation

« Il est nécessaire, voire vital, pour la Tunisie, de rattraper le retard accusé en matière de Digitalisation agricole au risque d’être exclue de la chaine agricole mondiale, a recommandé M. Tony Verheijen, Country Manager de la Banque Mondiale en Tunisie, dans son discours. 

Selon ce haut responsable, les potentialités qu’offrent les nouvelles technologies numériques dans le domaine agricole sont multiples. Il s’agit, essentiellement, de faciliter l’accès des agriculteurs aux informations et aux connaissances sectorielles : météo, maladies animales, données climatiques…de renforcer les capacités des agriculteurs et d’optimiser l’efficacité et la durabilité environnementale.

Les nouvelles Technologies numériques permettent aussi d’assurer la traçabilité des produits agricoles et la montée dans les chaines de valeur de production mondiale, de renforcer le positionnement de la production nationale sur les marchés internationaux et de réduire considérablement les coûts.

Cependant, trois contraintes entravent jusque-là la Transformation digitale de l’agriculture tunisienne, selon M. Tony Verheijen : 

– L’absence des infrastructures digitales nécessaires dans certaines régions (Réseaux 4G, 5G, Réseau IOT et Cloud…).

– La faiblesse des possibilités de paiement électronique.

– Un cadre réglementaire peu favorable à l’accès aux données (open data).

Une stratégie efficace

à mettre en place

Dans son intervention,       M.Philippe Ankers, Représentant de la FAO, a réaffirmé le caractère prioritaire que revêt le recours aux nouvelles Technologies numériques dans l’activité agricole : « Les nouvelles Technologies numériques, a-t-il dit, constituent une porte ouverte à une nouvelle révolution de l’agriculture et des manières de penser et d’appréhender la production alimentaire. Elles permettront de changer la vie de milliers de petits agriculteurs, en leur donnant la possibilité d’une meilleure gestion de l’eau, un meilleur accès aux services, une véritable connexion avec les acheteurs potentiels, une meilleure prévention des risques, une réduction des coûts de production, une optimisation des rendements et une amélioration accrue de la qualité ».

Il est donc nécessaire, selon M. Ankers, de mettre en place une stratégie efficace de Digitalisation de l’agriculture tunisienne qui prend en compte tous les préalables nécessaires, au risque d’aggraver l’aliénation de certaines populations, ayant du mal à adopter ces nouvelles Technologies numériques ou qui le feront en retard.

Bienvenue dans l’ère de la Transformation digitale agricole

Le workshop s’est articulé autour de trois sessions : 

• La première a voulu savoir comment stimuler le développement des Technologies numériques dans le secteur agricole. La transformation digitale du secteur agricole, à l’instar d’autres secteurs, nécessite d’abord une volonté politique, une disposition d’esprit et une capacité d’anticiper les besoins.

De son côté, le ministère des Technologies, de la Communication et de l’Economie Numérique a déjà mis en œuvre la Stratégie digitale 2025 et a initié la promulgation du Start-up Act. Deux initiatives qui visaient la promotion des activités de création et d’innovation dans les Technologies de l’Information et de la Communication, aboutissant à la mise sur le marché de solutions numériques dédiées aux divers secteurs de l’économie réelle dont l’agriculture. D’où la création et le développement de start-ups comme EZZAYRA, SEABEX, I-FARMING, PlantMED, Smart Soft Pro/ Laaq.in et HERUNDO.

• La 2ème Session a tenté de répondre à la question: Comment le Numérique peut-il rendre l’agriculture plus attractive pour les jeunes ?

Un jeune agriculteur qui continuerait à opérer dans son exploitation avec les méthodes et les outils de son grand-père n’a plus guère de chance de survie face aux méthodes modernes de la production agricole. Son activité sera forcément très réduite et donc non compétitive.

L’agriculteur qui refuse une approche rationnelle et systématique des problèmes qu’il doit résoudre, qui refuse les méthodes de la stratégie, de la gestion ou du contrôle, n’a que peu de chances d’assurer l’avenir de son exploitation et bien moins de réussir à s’entourer des compétences qui lui seront nécessaires pour s’adapter aux changements et relever le défi de la productivité, de l’efficacité et de l’efficience. C’était le principal message transmis par Flat 6 Labs, par les lauréats du challenge SIAT 2018 et du challenge DIGITAL 4 MENA lancé par la Banque Mondiale.

• Lors de la 3ème Session, il y a eu la présentation d’exemples d’outils et de services d’aide à la décision pour une meilleure gestion de l’exploitation agricole et des ressources.

La SONAPROV a présenté son expérience qui avait pour but d‘utiliser des drones offerts à la Tunisie par La Corée du Sud dans des missions d’ordre agricole. Il convient de signaler que les drones employés depuis longtemps à des fins militaires, répondent aussi à des usages civils de plus en plus variés, en particulier dans un souci de protection des vies, protection des forêts et protection et estimation des récoltes. 

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