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M. Habib Chaouat, Gouverneur de Médenine

mai 13th, 2019 | by admin
M. Habib Chaouat, Gouverneur de Médenine
Transport/Logistique
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Situé au Sud-Est de la Tunisie, le Gouvernorat de Médenine occupe, incontestablement, une position stratégique au milieu du bassin méditerranéen. Cette position lui confère un atout exceptionnel : être au centre de la rive Sud de la Méditerranée et la jonction entre l’Europe, l’Orient, le Maghreb et l’Afrique.

 Outre l’île de Djerba qui lui donne le profil de pôle touristique de renommée mondiale, la presque île de Zarzis confirme sa percée dans le transport maritime et sa capacité à créer du développement autour de son Port de Commerce. L’entretien avec le Gouverneur de la région, M. Habib Chaouat.

La Revue de l’Entreprise : 

Comment le Port de Zarzis est-il perçu par les Autorités régionales de Médenine?

M. Habib Chaouat : 

Il est bien évident que le Port de Commerce de Zarzis constitue l’un des points forts de la région du Sud Est tunisien. Il occupe une position stratégique au milieu du bassin méditerranéen faisant la jonction entre le Maghreb arabe, l’Orient, l’Europe et l’Afrique.

Ce Port est à 60km des frontières libyennes et à près de 400km des régions du Sud Est algérien.

 Il est plus proche des régions du Nord Ouest libyen qui représentent un bassin de consommation important que les Ports de Tripoli ou de Misrata. Plus fantastique encore, c’est d’être le portail maritime de l’Afrique, du Mali, dj Niger, du Tchad dans un premier temps.

Il convient de rappeler que, sur les côtes de Zarzis, il n’y avait auparavant qu’un Port de pêche. Grâce à la conjugaison des efforts consentis par les pouvoirs publics et les différents intervenants, il y a eu l’émergence d’une Gare maritime, la 2ème en Tunisie après celle de la Goulette et d’un Port de Commerce qui affiche des potentialités de développement et de croissance énormes.

Ces deux réalisations constituent une aubaine pour les travailleurs tunisiens de la région du Sud Est et Sud Ouest essentiellement travaillant à l’étranger d’une part et les opérateurs économiques ayant un trafic à l’import comme à l’export d’autre part.

Des réunions avec les hauts responsables du ministère du Transport ont eu lieu en vue de dynamiser le Port de Commerce de Zarzis.

La première expérience de liaison maritime a été assurée par PRO CARGO Line qui a réalisé en février dernier une opération de transport de fret maritime entre le Port de Marina di Carrara et celui de Zarzis, en passant par ceux de Cagliari, Sousse et Sfax. Mais ce que nous cherchons c’est la régularité et la continuité.

La Revue de l’Entreprise :

Vous n’êtes pas sans savoir que la décision de tel ou tel armateur de créer une ligne régulière ne doit rien à l’arbitraire ; elle dépend de la demande, à l’import comme à l’export, émanant de la région. Médenine et son hinterland n’affichent pas encore le dynamisme espéré…  

M. Habib Chaouat : 

Nous œuvrons tous pour le développement équilibré de la région de Médenine. Le développement industriel est en marche : Les zones industrielles se multiplient dans la perspective de doter chaque Délégation de sa propre zone industrielle. Médenine Sud, Médenine Nord et Ben Guerdène disposent de trois zones d’une superficie globale de 45 hectares. Une zone industrielle d’une superficie de 20 hectares a été créée à Zarzis. D’autres sont programmées à Sidi Makhlouf, à Djerba, à Tejra. D’autres mesures ont été prises et qui sont directement liées au développement du secteur industriel. J’en cite le prolongement de l’Autoroute, l’alimentation du gouvernorat en gaz de ville et la création d’un Pôle technologique pour valoriser les richesses du Sud Est tunisien.

La répartition des entreprises industrielles par secteur fait apparaître une forte prédominance des industries agroalimentaires.

De surcroît, le Parc d’Activités Economiques de Zarzis, situé au Port, est considéré comme confluence des voies commerciales maritimes et terrestres, en drainant des investissements et des projets orientés vers les marchés extérieurs.

Par ailleurs, le Gouvernorat dispose de substances utiles, sel, potasse, argile, plâtre dont certaines sont déjà valorisées et exportées, d’un potentiel agricole basé sur l’arboriculture, l’élevage et la culture de pleins champs et d’une côte de 400km de long, riche en produits de mer, de deux stations d’aquaculture, et d’une activité de pêche lagunaire (lac El Biben et lac Boughrara) et des sites naturels riches en palourdes.

Des avantages spécifiques au titre du Développement régional sont accordés aux promoteurs industriels pour les inciter à s’implanter dans cette région et à contribuer à en faire une métropole régionale de bonne taille.

Il convient de signaler que la plupart des activités qui constituent, au fond, la vocation de Médenine jouissent d’une capacité exportatrice importante. De quoi pouvoir développer un trafic maritime justifiant la création de lignes régulières. Nous savons parfaitement que le Transport figure parmi les principaux facteurs de détermination du coût de revient de tel ou tel produit. La compression du coût du transport en optant pour Zarzis comme Port de transit contribue d’une manière significative à la compétitivité du « made in Tunisia » sur le marché mondial.

La Revue de l’Entreprise : 

Les entreprises qui sont mues par des objectifs de recherche de marchés prennent davantage en considération des facteurs comme les facilités de desserte, le dynamisme économique régional et la qualité de la vie comme critères de choix d’implantation.

Médenine satisfait-elle à ces critères pour accueillir plus d’entreprises ? 

M. Habib Chaouat : 

L’Etat ne cesse d’investir sur le plan territorial dans un réseau de zones bien équipées pour accueillir les entreprises qui devraient refléter le dynamisme économique de cette région.

Concernant les facilités de desserte, le Port de Zarzis ouvre directement sur l’Autoroute Médenine – Ras-Jedir. Cette desserte routière est accessible aujourd’hui. Quant au tronçon Gabès-Médenine, il est en cours de réalisation. J’imagine qu’il sera opérationnel à la fin de l’année en cours.

Par ailleurs, un Bureau d’Etude est passé pour nous rencontrer au sujet de la desserte ferroviaire Gabès-Port de Zarzis. La plateforme existe depuis l’élaboration du Projet de liaison en 1985. Il suffit d’actualiser les données économiques et financières. Sans pour autant oublier la desserte aérienne assurée grâce à l’Aéroport international Djerba-Zarzis, doté d’une infrastructure adéquate et des équipements de sécurité et de service modernes, desservant la plupart des métropoles européennes et occupant la 3ème place après les Aéroports de Tunis-Carthage et de Monastir; En appui à tout cela, Médenine enregistre un bon score sur la qualité de la vie. Le prestige international de Djerba et de Zarzis en tant que grands pôles touristiques de renommée est intact. Leur beauté, leurs richesses et leurs ressources sont reconnues par tous.

La Revue de l’Entreprise : 

L’existence d’une main-d’œuvre qualifiée est souvent citée comme l’un des principaux critères d’implantation. Est-il vrai que Médenine dispose d’une main-d’œuvre abondante et bon marché ; mais qui manque de qualification ? Que peut-on dire de la formation à Médenine ?

M. Habib Chaouat : 

Des efforts méritoires ont été consentis pour le développement du capital humain au Gouvernorat de Médenine, qui passe inéluctablement par la Formation.

Je commence par la Formation professionnelle sur la quelle j’insiste beaucoup parce qu’elle constitue un choix stratégique pour tout développement territorial. Notre région dispose de sept centres de Formation professionnelle étatiques, dispensant des formations dans diverses spécialités : la climatisation, la mécanique, l’électricité, la soudure, parmi d’autres. Nous en citons le Centre de Formation et d’Apprentissage de Médenine, le Centre de Formation et de Promotion du Travail Indépendant de Ben Guerdane, le Centre sectoriel de Formation en Construction Métallique de Médenine, le Centre sectoriel de Formation en Energétique et le Centre de Formation touristique de Djerba. Nous avons, à El Fejji, un centre pilote, le meilleur dans le domaine de la soudure à l’échelle nationale.

Le Gouvernorat s’est également doté de nombreux établissements d’enseignement supérieur dont les diplômés s’ajoutent à ceux et à celles qui poursuivent leurs études en dehors de la région.

En termes de main-d’œuvre qualifiée, et d’encadrement, celle-ci offre les compétences qu’exigent les entreprises opérant dans les différents secteurs. Tous les facteurs que je viens de citer avec l’état de stabilité et de sécurité qui règne dans le Sud-Est de notre pays constituent une panoplie complète d’incitations pour attirer les investisseurs.

Je m’adresse à travers votre Revue à ces derniers pour qu’ils se fassent une idée de ce qu’ils peuvent, raisonnablement, attendre de notre région en s’y implantant. Qu’ils viennent produire et exporter à partir du Port de Zarzis au lieu d’attendre une semaine ou dix jours pour pouvoir expédier leurs marchandises via les autres Ports congestionnés. Le temps c’est de l’argent.

La Revue de l’Entreprise : 

Comme la plupart des zones frontalières, Médenine est, sur le plan socio-économique, pénalisée par le phénomène ravageur : la contrebande et le commerce informel. Comment cette agglomération peut-elle s’émanciper de ce handicap majeur ?

M. Habib Chaouat : 

Le commerce informel s’est amplifié sous l’effet de la recherche du gain facile. On s’est rendu compte qu’avec cet état d’esprit, il serait impossible de bâtir un avenir prospère aux nouvelles générations.

Médenine est ainsi bel et bien en passe de concrétiser le virage de l’économie structurée.

Le projet de création de la Zone d’Activités Logistiques à Ben Guerdane n’est qu’un instrument de la modernisation et de structuration de l’économie de la région.

Il y a eu déjà la pose de la pierre inaugurale de ce projet en présence de M. Omar El Behi, ministre du Commerce, au mois de mai 2018. 

S’étalant sur 150ha, ce projet sera réalisé après l’élaboration de son plan d’aménagement urbain et du modèle de lotissement de sa première tranche de 60ha.

L’Etat a pris en charge la mise en place de l’infrastructure nécessaire du projet estimée à un coût de 33 millions de dinars, sachant qu’il permettra la création de 2000 postes d’emploi direct et 6000 postes d’emploi indirect.

L’implantation d’une autre zone à la Dhehiba est déjà programmée par le ministère du Commerce.

Ces réalisations ont pour vocation de devenir des leviers de développement socio-économique et des références en matière de dynamisme économique et de rayonnement dans le cadre de l’économie structurée.  

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