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TUNISIAN ACCREDITATION COUNCIL Une composante essentielle de l’Infrastructure Qualité en Tunisie

janvier 22nd, 2019 | by admin
TUNISIAN ACCREDITATION COUNCIL Une composante essentielle de  l’Infrastructure Qualité en Tunisie
Economie
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L’ensemble des acteurs économiques opérant sur un ou plusieurs marchés veulent limiter le “coût“ de la confiance sans pour autant en abaisser le niveau. Atteindre cet objectif nécessite, pour chacun d’entre eux, d’être contrôlé ou certifié une seule fois et reconnu partout.

C’est dans cette perspective qui revêt une importance capitale et dont l’impact sur, à la fois les producteurs de biens et de services, les consommateurs et l’économie du pays, que s’inscrit la démarche d’accréditation. 

En Tunisie, celle-ci est à la charge du Tunisian Accreditation Council dirigé, depuis Avril de l’année en cours, par M. Yassine Wali.Pleins feux sur cette Institution avec son Directeur Général. 

La Revue de l’Entreprise :

Nous ne pouvons pas imaginer l’infrastructure qualité en Tunisie sans l’apport de Tunisian Accreditation Council. Voulez-vous donner à nos lecteurs de plus amples informations sur ce Conseil ?

M. Yassine WALI:

Créé en 1994, le Conseil National d’Accréditation TUNAC  «المجلس الوطني للاعتماد»  est un établissement public à caractère non administratif (EPNA) doté de l’autonomie morale et financière.

Le TUNAC est géré par un Conseil d’Entreprise représentant les différents ministères concernés, l’UTICA, l’UTAP, l’ODC, ainsi qu’un membre représentant les organismes d’évaluation de la conformité. La direction générale assure la direction administrative, financière et technique de l’établissement.

C’est à partir de 2008 que le TUNAC est devenu signataire des accords de reconnaissances mutuelles avec ILAC (International Laboratory Accreditation Cooperation) et avec IAF (International Accreditation Forum) 

La Revue de l’Entreprise :

La norme ISO/CEI  17000 définit l’accréditation comme une « Attestation délivrée par une tierce partie, ayant rapport à un organisme d’évaluation de la conformité, constituant une reconnaissance formelle de la compétence de ce dernier à réaliser des activités spécifiques d’évaluation de la Conformité». Par quoi cela se traduit ? et quel serait l’apport de l’accréditation et son but ultime ?

M. Yassine WALI: 

L’évaluation de la Conformité se traduit par un contrôle de second niveau s’exerçant sur les laboratoires, les organismes d’inspection et les organismes certificateurs (appelés OEC) afin d’attester de leur compétence pour réaliser des étalonnages, des essais ou des inspections ou pour certifier des produits, des systèmes ou des personnes.

De ce fait, L’accréditation constitue un excellent moyen d’instaurer la confiance, permettant aux autorités, à l’économie d’un pays et à la société en général, de s’appuyer sur les compétences des organismes d’évaluation de la conformité, chargés d’exécuter les tâches qui leur sont assignées avec le haut niveau de fiabilité requis, vérifié et contrôlé régulièrement via l’accréditation.

La Revue de l’Entreprise :

Le recours à l’accréditation, est à l’origine, de nature volontaire. Avec la parution du Règlement européen du 9 juillet 2008 relatif à l’accréditation et à la surveillance du marché, peut-on affirmer qu’elle tend à se développer dans le domaine règlementaire ? 

M. Yassine WALI:

Le recours à l’accréditation en Tunisie est volontaire. Seules les entreprises qui ont une obligation de présenter des certificats reconnus à l’échelle internationale font recours à des OEC accrédités. 

A mon avis trois facteurs déterminant pourraient faire de l’accréditation un passage obligé :

• Le monde progresse à grands pas vers la mondialisation, la libre circulation des biens, des personnes et des services, 

• Les consommateurs exigent d’avoir confiance en la qualité des produits et des services (à commencer par les domaines de la santé et de la sécurité) et veulent vivre dans un environnement dont la protection est assurée. 

• Les entreprises ont besoin d’obtenir l’assurance que les attestations de conformité (rapports d’essai, d’étalonnage, d’inspection, certificats et documents similaires) sur lesquelles repose leur activité, sont dignes de confiance

En effet, pour répondre à ces attentes légitimes, l’obligation de l’accréditation des OEC devient une nécessité. 

Il est temps de tracer une politique de transition afin de passer graduellement du volontariat à l’obligation de l’accréditation tout on commençant par les domaines qui touchent directement le consommateur telles que de la santé et la sécurité.

La Revue de l’Entreprise :

L’accréditation et la certification sont complémentaires et procèdent à la même méthodologie ; cependant, il est important de les distinguer…

M. Yassine WALI:

La distinction entre certification et accréditation est primordiale pour comprendre la chaine de l’évaluation de la conformité 

On distingue différents niveaux de la chaine de l’évaluation de la conformité :

• ILAC (International Laboratory Accreditation Cooperation) pour l’accréditation des laboratoires et des organismes d’inspection et IAF (International Accreditation Forum) pour l’accréditation des organismes certificateurs. Deux organisations mondiales qui ont pour rôle d’organiser et de garantir l’harmonisation des pratiques. 

• Les organisations régionales constituent des relais pour les organisations mondiales en ayant développé des accords de reconnaissance régionaux qui évitent à ILAC et IAF d’avoir à auditer systématiquement tous leurs membres (peer evaluation).

• Les organismes de l’accréditation: Le TUNAC est l’unique organisme accréditeur en Tunisie  qui délivre des certificats attestant la compétence des organismes d’évaluation de la conformité à réaliser des activités spécifiques d’évaluation de la Conformité

• Les organismes d’évaluation de la conformité (OEC): laboratoires, organismes d’inspection et de certification qui offrent des étalonnages, des essais ou des inspections ou qui certifient des produits, des systèmes ou des personnes.

• Les entreprises, pouvoirs publics ou personnes ayant recours aux services des entités accréditées.

La Revue de l’Entreprise :

Quels sont les schémas d’accréditation que le TUNAC a développés jusqu’à ce jour ? 

M. Yassine WALI:

Les schémas d’accréditation que le TUNAC a développés se situent à deux niveaux :

D’une part, la démarche d’accréditation instaure la confiance dans les prestations réalisées par les organismes d’évaluation de la conformité (OEC), chose recherchée par les consommateurs citoyens et les pouvoirs publics. 

D’autre part, la reconnaissance internationale de l’accréditation facilite l’accès à de nouveaux marchés. Dès qu’un produit ou service a été testé ou certifié par un organisme d’évaluation de la conformité accrédité, ces produits et services peuvent dépasser les frontières sans nécessité de ré-essai ou ré-certification pour chaque nouveau marché.

Dans ce sens, le TUNAC a obtenu la reconnaissance de l’EA (European Cooperation for Accreditation) pour l’accréditation dans les domaines suivants:

• Analyses

• Essais 

• Etalonnage. 

• Inspection

• Certification des Systèmes de Management de la qualité et de l’environnement.

Et je profite de cette occasion pour annoncer l’accréditation du premier laboratoire en biologie médicale en Tunisie, suivant la norme ISO 15189. Ce qui prouve, d’une part, la conscience du citoyen de l’importance de l’accréditation dans un domaine qui touche à la santé et à la qualité des soins reçus, et d’autre part le besoin de nos laboratoires de traduire leurs compétences à délivrer des analyses de qualité par des certificats de reconnaissance reconnus à l’échelle nationale et internationale. 

Le nombre des accréditations délivrées par le TUNAC ne cesse d’augmenter d’une année à une autre. On prévoit, en 2019, d’atteindre 185 accréditations avec l’introduction de la certification des produits suivant la norme ISO 17065 et des personnes suivant la norme ISO 17024.

La Revue de l’Entreprise :

Etant le dernier niveau du contrôle, l’accréditation occupe  une place très particulière dans le dispositif d’évaluation de la Conformité. Un seul accréditeur dans chaque pays,  le  TUNAC pour le cas de la Tunisie. On ne parle donc pas de concurrence ; mais plutôt de reconnaissance. Quels sont les accords de reconnaissance multilatéraux conclus par le TUNAC avec les organismes d’accréditeurs à l’échelle européenne et mondiale ?

M. Yassine WALI:

Le TUNAC est signataire des accords de reconnaissance bilatérale avec EA (BLA) et multilatérale avec ILAC (MLA) et IAF (MLA).De plus, le TUNAC est membre de l’IAF.

Notre Organisme a pris part à l’ILAC et l’IAF en tant que membre permanent. L’engagement dans une telle organisation vise à assurer que le TUNAC est en phase avec les processus d’évaluation dans le monde ; ce qui est également une manière de prouver l’intérêt qu’accorde le TUNAC à appliquer les mêmes règles que ses homologues à l’échelle internationale.

La Revue de l’Entreprise :

Quels sont les projets prévus pour les années à venir ?

M. Yassine WALI:

Afin d’accomplir sa mission et répondre aux attentes de ses partenaires, les organismes d’évaluation de la conformité (OEC) et les entreprises, pouvoirs publics ou personnes, le TUNAC a mis en place une politique de développement axée sur :

• La numérisation de l’administration, ainsi que le processus d’accréditation

• Le rapprochement du TUNAC de ses partenaires à travers la création d’un conseil scientifique et l’élaboration d’une politique de communication afin de les sensibiliser de l’importance de l’accréditation

• Plus d’ouverture sur le secteur privé afin de qualifier des futurs évaluateurs techniques reconnus à l’échelle internationale

• L’amélioration continue des compétences en relation avec le processus d’accréditation à travers l’intensification des sessions de formation dans les nouveaux domaines et les spécialités inexistantes sur le territoire tunisien. 

Cette politique de développement sera mise en œuvre durant les trois prochaines années.

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