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M. Mohamed Gouider, Gouverneur de Bizerte

janvier 22nd, 2019 | by admin
M. Mohamed Gouider, Gouverneur de Bizerte
Economie
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Ayant une position géographique stratégique, au cœur de la Méditerranée, une grande porte maritime ouverte, par son aspect distinctif de Carrefour, aux courants d’échanges civilisationnels, économiques, sociaux et culturels depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, Bizerte est une métropole enchanteuse. Elle est, à juste titre, l’une des plus attractives agglomérations pour les entreprises et les investisseurs. Son Port devrait en tenir compte. C’est d’ailleurs pourquoi son Gouverneur, M.Mohamed Gouider ne parle plus d’un simple Port de première génération à réhabiliter. Son ambition est de fédérer les efforts de toutes les parties concernées pour en faire un Port de 3ème ou 4ème génération, un « Port réseau » qui consacrera l’internationalité de la région.

La Revue de l’Entreprise : 

Quels sont les atouts qui ont fait de Bizerte un Pôle d’attraction de l’investissement tant national qu’étranger ?

M. Mohamed Gouider : 

Le Gouvernorat de Bizerte occupe une position géographique stratégique importante, un carrefour international à 60 km de la capitale. Il est doté d’une infrastructure de base en constante amélioration, et dispose de ressources humaines compétitives, d’un tissu économique diversifié et dynamique, renforcés par un dispositif d’Enseignement et de Formation : l’Ecole Nationale d’Ingénieurs,  l’Institut Supérieur des Etudes Technologiques, l’Institut Supérieur de Commerce et de Comptabilité, l’Institut Préparatoire aux Etudes d’Ingénieur et douze Centres de Formation professionnelle d’une capacité d’accueil de près de 4000 postes dans de nombreuses spécialités comme la mécanique navale et générale, la maintenance, la construction, la coupe et la couture, l’agriculture irriguée et les métiers de l’artisanat.

Elle dispose également de douze zones industrielles couvrant plus de 200 hectares, aménagées dans pratiquement toutes les délégations. Outre la dimension agricole végétale et animale, qui se traduit par des richesses et des potentialités offrant des opportunités prometteuses, Bizerte a acquis une dimension internationale consolidée par ses traditions industrielles aux quelles s’est greffé un tissu riche, formé d’importantes unités industrielles, nationales, privées et étrangères.

Le Pôle de Compétitivité et le Parc d’Activités Economique de Bizerte jouent, incontestablement, le rôle de catalyseur et apportent un soutien et une assistance aux investisseurs étrangers qui choisissent de s’implanter à Bizerte contribuant ainsi à l’atteinte des objectifs ambitieux de la Tunisie pour le développement technologique et innovant de son industrie ; mais également pour son développement régional.

Autre atout non négligeable qui appuie l’attractivité de cette Métropole : la qualité de la vie. Bizerte, Tunisiens et étrangers le confirment, est un cocktail de charme et de douceur qui ne peut laisser indifférents les amoureux de la nature, et ceux qui exigent un cadre de vie où il fait bon vivre. Tous ses atouts font de Bizerte le choix du cœur et de la raison aux yeux des investisseurs tunisiens et étrangers.

La Revue de l’Entreprise :

Si Bizerte a pu séduire des investisseurs tunisiens et étrangers, ne doit-elle pas développer son activité portuaire pour drainer un vrai courant d’affaires à la hauteur de ses ambitions ?

M. Mohamed Gouider : 

Avec 250 kilomètres de côtes soit le 1/5ème de la longueur totale des côtes tunisiennes, Bizerte est une agglomération qui a les pieds dans l’eau.

L’économie bleue devrait, en toute logique, constituer une part importante du PIB de la région. C’est d’ailleurs pourquoi la ville a abrité la première Edition du Forum de la Mer organisée les 20 et 21 octobre 2018 par l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques en partenariat avec le Gouvernorat ainsi que l’Union Pour la Méditerranée, l’Union Européenne et l’Ambassade de France en Tunisie.

Experts et spécialistes tunisiens et étrangers ont mis en évidence, lors de cet évènement, les potentialités de développement économique du secteur maritime dans la région.

A l’issue de ce Forum qui sera un rendez-vous annuel, « l’Appel de Bizerte », un plaidoyer raisonnable pour une économie bleue durable de l’espace euro-méditerranéen, a été lancé. 

Concernant le Port de Commerce Bizerte-Menzel Bourguiba, une Stratégie de réhabilitation et de développement de l’espace portuaire a été élaborée et mise en œuvre par l’OMMP. Elle comprend un Projet d’extension qui prévoit la construction d’un Terminal à conteneurs et prévoit l’émergence du Poste Ro-PAX sur la rive Sud du canal de Bizerte à Zarzouna. Ce Projet qui sera réalisé en PPP figure parmi les 33 Projets retenus lors du Forum sur l’Investissement, qui s’est tenu à Tunis en avril 2018.

Bizerte devrait se forger une image de haut lieu du Transport maritime. D’où la nécessité pour le Port actuel de se hisser en « Port de troisième ou quatrième génération. A Bizerte, nous avons l’ambition de passer d’un Port de 1ère génération, qui se contente de faire l’interface entre deux modes de transport avec une offre de services rudimentaire à un Port de 3ème génération, qui porte la compétition portuaire aux frontières du possible en devenant un Centre de transport intégré et une plateforme de logistique pour le commerce international ou à un Port de 4ème génération dit « Port-Réseaux ». Ce dernier se distingue par son aptitude à mettre en œuvre une stratégie d’internationalisation et de diversification des activités, à organiser des prestations logistiques pour les chargeurs et à entrer en coopération entre communautés portuaires de par le monde.

Nous voulons passer d’un Port enclavé dans la ville, dépourvu d’infrastructures adaptées aux porte-conteneurs de grande taille et qui traite encore du fret conventionnel d’une manière classique, à un Port global de 3ème ou 4ème génération qui s’impose par mérite sur l’échiquier portuaire euro-méditerranéen.

C’est notre challenge parmi d’autres pour les quels nous nous mettons en quatre pour les gagner.

La Revue de l’Entreprise : 

Dans votre perception de l’avenir du Port, vous accordez beaucoup d’importance à l’organisation d’un système portuaire compétitif donc performant, basé sur le Multi-modal…

M. Mohamed Gouider : 

Effectivement, nous pensons que le degré d’importance d’un Port se mesure par rapport à la qualité des services qu’il offre. Quand on pense à un Port, on pense d’abord à ses services. La qualité de ces derniers et leur consistance d’une manière optimisée sont donc essentielles, voire impérieuses pour le développement du Port, son rendement et sa compétitivité et le développement économique de la région et du pays.

Aujourd’hui, le maître mot est à l’économie d’échelle et à la maîtrise du temps.

Dans ce contexte, il convient d’améliorer l’accessibilité et les connexions terrestres et ferroviaires du Port et d’encourager la coopération ou les synergies entre opérateurs intermodaux pour permettre une gestion globale du flux de transport.

Pour optimiser leur raison de livraison, les entreprises veulent s’assurer avant tout d’une logistique efficace. La Chaîne Transport/ Logistique prend en compte tous les maillons de la chaîne donc ce qui se passe avant (entrepôts, manutention, stockage) et après (acheminement, livraison). Le but est d’assurer la livraison au moindre coût, à l’endroit et au moment où une demande existe.

Le transport multimodal ou mixte semble assez satisfaisant : l’association de la mer, du rail et de la route est un bon compromis. Cela nécessite des systèmes informatiques très performants, à savoir l’Echange de Données Informatisées, qui permet de relier en temps réel l’usine, les plates-formes et les clients.

C’est dans ce cadre, que nous organisons le 25 janvier 2019, à Bizerte, un colloque portant sur le Transport et la Logistique.

La Revue de l’Entreprise : 

Faut-il, selon vous, un nouveau mode de Gouvernance des Territoires Ville-Port pour le cas de Bizerte plus particulièrement ?

M. Mohamed Gouider : 

Tout mode de Gouvernance doit savoir appréhender, d’une manière rationnelle, le Territoire urbano-portuaire selon des considérations fonctionnelles créatrices de richesses.

Je pense que la relation Ville-Port ne se décrète pas. Elle évolue en fonction du développement socio-économique et ne peut s’inscrire que dans une dynamique de flux et d’expansion économique. C’est le cas lorsqu’on décide la conduite de projets d’animation portuaire comme la construction d’un nouveau Terminal, d’une gare de triage multimodale ou d’un espace immobilier logistique. Une bonne Gouvernance de l’interaction Ville de Bizerte et son Port nécessite la mobilisation collective de tous les intervenants ; mais elle aura le mérite de déployer une stratégie de développement qui conjugue Aménagement local d’espaces urbano-portuaires et investissements logistico-industriels. On aura ainsi un « Port avancé », conforme au concept d’une autorité portuaire, moteur de corridors logistico-portuaires.   

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