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TASDIR+: Le 3ème Appel à candidatures vient d’être lancé sous de nouveaux auspices

novembre 21st, 2018 | by admin
TASDIR+: Le 3ème Appel à candidatures  vient d’être lancé sous de nouveaux auspices
Economie
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Dans le débat sur l’économie qui traverse toute la Tunisie, on oublie, rarement, de souligner le rôle que doit jouer l’exportation de biens et de services, l’un des principaux moteurs de la croissance.

Dans de nombreux domaines, de nouveaux marchés se développent à un rythme soutenu à l’échelle mondiale et présentent, pour nos entreprises, des opportunités à saisir pour en faire des jalons sur la voie d’une internationalisation pérenne.  Le bien-être des citoyens, la prospérité de la Nation et la pérennité des entreprises en dépendent étroitement.

C’est sur cette logique que le Fonds TASDIR+, un Programme géré sous l’égide du CEPEX et financé par la Banque Mondiale, a été mis en œuvre. Fruit des observations les plus fines et les plus perspicaces, le 3ème Appel à Candidatures, loin de tout chauvinisme, veut poser les premières pierres d’une véritable école de pensée dans le domaine du management des Projets d’appui structurels. Explications de M. Riadh Bezzarga, Directeur Coordinateur de TASDIR+ dans l’entretien suivant :

 

La Revue de l’Entreprise :

Nous savons que TASDIR+ a été créé dans le cadre du 3ème Programme de Développement des Exportations pour la période 2015-2020. Voulez-vous présenter davantage, à nos lecteurs,  ce Fonds ambitieux?

M.Riadh Bezzarga :

TASDIR+ est la principale composante du 3ème Programme de Développement des Exportations « P.D.E III ». Il s’agit d’un Fonds financé par la Banque Mondiale d’un montant de 17,1millions d’euros, ayant pour objectifs de développer et de diversifier les marchés à l’export sur lesquels les entreprises tunisiennes se débattent et sur de nouveaux marchés à conquérir.

Quatre objectifs lui sont assignés : diversifier les marchés à l’exportation, diversifier les exportations avec de nouveaux produits et services à valeur ajoutée, renforcer les capacités d’accès des entreprises tunisiennes sur les marchés extérieurs et soutenir les projets des Filières, Groupements et Associations qui ont des programmes d’exportation pour leurs adhérents.

Dans de nombreux secteurs, le marché s’est mondialisé. L’entreprise qui se trouve placée sur un tel marché devra en tenir compte sous peine de disparaitre sous les coups de boutoirs de la concurrence. L’internationalisation est donc devenue vitale pour les entreprises tunisiennes qu’elles soient grandes, petites ou de taille moyenne.

Exporter, pour un chef d’entreprise, dès lors qu’il dispose d’un bon produit ou d’un bon service, répondant à un besoin spécifique ou à celui du grand nombre, répond à une démarche naturelle qui s’inscrit en droite ligne dans ce qui est sa vocation, le développement de l’entreprise et de ses profits. Le « feu sacré » qui l’anime, l’ouverture d’esprit qui le fait avancer, le dotent a priori de tous les atouts pour prolonger sa propre aventure vers l’exportation, l’un des moteurs de la croissance.

La seule ambition de TASDIR+ est de lui fournir quelques clés pour ouvrir les bonnes portes qui assureront un bon départ et, par conséquent, relever la part des exportations dans le PIB de notre pays.

C’est un grand programme gouvernemental initié en collaboration avec la Banque Mondiale ; un programme qui s’étale sur cinq ans (2015-2020) et qui combine les facteurs nécessaires permettant d’atteindre cette ambition. La première version a eu lieu en début des années 2000, avec le lancement du FAMEX (2000-2005), en faveur du développement des exportations, suivi du PDE1 et PDE2 qui ont eu des résultats assez satisfaisants.

La Revue de l’Entreprise :

Par quoi se distingue TASDIR+ par rapport aux programmes précédents ?

M.Riadh Bezzarga :

TASDIR+ se différencie, fondamentalement, des programmes précédents par le nouveau contexte national, régional et international dans lequel il se situe et dont il faut tenir compte tout au long du programme. Il se différencie également par des choix dont il faut tirer parti: couvrir les trois secteurs d’activité économique, à savoir l’industrie, l’agriculture et les services et améliorer l’apport financier aux entreprises sélectionnées, qui était en moyenne avec le FAMEX de 20 mille dinars. Par contre, TASDIR+ offre aux entreprises éligibles tous secteurs confondus, 50% du coût du Business Plan avec un plafond fixé à 150.000 dinars, une prime à l’export additionnelle calculée sur la base des performances à l’export aux entreprises du secteur agricole et agroalimentaire et un appui aux filières estimé à 50% du coût du projet à l’export, proposé sans limite précise du montant et avec un bonus de 20% supplémentaires sur certaines conditions.

Cependant, le programme recélait une conception et un fonctionnement classiques, se révélant, à coup sûr, un handicap auquel se sont ajoutées les conditions politiques, économiques et sociales difficiles. Les entreprises étaient donc absorbées par des problèmes de survie et l’export ne figurait pas dans leurs priorités. Dans ces conditions, le programme a démarré d’une manière pénible et son amorçage était timide.

Même si l’adhésion des entreprises était plus ou moins satisfaisante, la concrétisation des Business Plans n’était pas suffisamment incitative. Il a fallu remonter d’un cran dans le volet opérationnel pour se rapprocher des objectifs fondamentaux à partir de 2016-2017.

La Revue de l’Entreprise :

En quoi consiste la révision à laquelle vous avez procédé en fonction de la situation observée, en cours d’exécution ?

M.Riadh Bezzarga :

Nous étions en cette période presque à mi-chemin. Nous avons pensé qu’il était judicieux de se pencher sur l’approche retenue, la méthodologie de travail et l’organisation de notre structure. Des échanges menés avec nos partenaires, le patronat, les opérateurs économiques, et le partenaire financier, la Banque Mondiale, et des discussions dans le cadre du Comité de pilotage, ont abouti à une compréhension de l’état des lieux, une évaluation objective et des décisions de redéploiement.

Dans la même période, un auto-diagnostic a été effectué et, simultanément, nous avons chargé un Bureau d’Etudes externe d’évaluer l’apport de TASDIR+ en fonction des attentes auxquelles aspiraient les entreprises bénéficiaires. Les deux évaluations convergent vers le même résultat : la nécessité d’améliorer les performances du Programme en commençant par revoir nos produits, et notre approche de travail sur le plan opérationnel. Comme les athlètes, on doit monter régulièrement la barre et se fixer des objectifs sans cesse plus hauts par rapport à la performance des programmes antérieurs.

A cet égard, la Banque Mondiale nous a proposé de prendre en considération une piste qui se révélait extrêmement payante : la détermination des valeurs rigoureuses du Programme. Cette piste a suscité un nouvel auditoire pour nos idées parce qu’elle a modifié le mode de compréhension. On s’est donc aperçu que l’apport individuel n’était pas suffisant ; il a fallu s’ouvrir sur un apport collectif, les Filières et les différents Secteurs ou Groupements professionnels.

La Revue de l’Entreprise :

Peut-on considérer les Actions transversales structurantes comme un tournant décisif dans le chemin parcouru par le Fonds de Développement et de Diversification des Marchés à l’exportation, TASDIR+ ?

M.Riadh Bezzarga :

Sans aucun doute ; une entreprise qui veut s’attaquer, isolément, à un marché à haut potentiel peut réussir. Mais la réussite sera fantastique si l’on opte pour les Actions transversales structurantes. Inspirées du Piggy-back, portage ou exportation kangourou, celles-ci recouvrent plusieurs formes de partenariat peu connues mais particulièrement attractives et efficaces. On peut avoir un groupe d’entreprises qui mandate l’une d’entre elles pour se proposer « porteuse » et interlocuteur de TASDIR+, une Fédération, un Groupement professionnel ou tout ensemble qui fédère des producteurs de biens ou de services. Il faut aller en rangs serrés et non en rangs dispersés.

Je pense que ces Actions transversales structurantes représentent des avantages non négligeables pour une petite ou moyenne entreprise, à commencer par la facilité d’accès à des pays lointains. Elles facilitent grandement le contact et permettent un considérable gain de temps lors de la prospection.

Elles sont en parfaite harmonie avec l’un des Programmes de la Banque Mondiale en Tunisie, qui consiste à développer les chaînes de valeur mondiales. D’où l’idée de renforcer un secteur d’activité en amont pour qu’en aval il puisse s’exporter. C’est l’une des vertus miraculeuses de l’ouverture de notre Programme sur d’autres ; alors qu’il était auparavant introverti, et se contentait des concepts et de modes unidimensionnels.

Depuis le dernier trimestre 2017, TASDIR+ avance en étroite interdépendance, interaction et en synergie avec son milieu et ses différentes composantes. Nous nous sommes rapprochés de programmes ayant une certaine relation avec le nôtre, comme celui de la GIZ, de la Suisse, de l’Allemagne, de l’Espagne…

En collaboration étroite avec le Programme suisse, par exemple, nous développons, aujourd’hui, la filière Huile d’olive sur les marchés suisse et allemand qui affichent une forte demande pour l’huile d’olive biologique et douce.

La Revue de l’Entreprise :

Est-ce dans ce cadre conceptuel que se situe l’organisation des rencontres avec les professionnels dans les différentes régions ?

M.Riadh Bezzarga :

Effectivement, TASDIR+ a organisé mardi 9 et mercredi 10 octobre 2018 trois tables rondes à Sfax qu’il a animées avec les agriculteurs et les professionnels de l’agro-industrie, les professionnels des Technologies de l’Information et de la Communication et ceux des Services de Santé. Deux autres rencontres ont eu lieu le 11 octobre à Sousse avec les secteurs du Textile-Habillement et des Services de Santé.

Organisées en collaboration avec le Bureau du CEPEX à Sfax et à Sousse, le Synagri, le Technopôle de Sfax, la FENATEX et la Chambre Syndicale des Cliniques Privées, ces rencontres ont permis de présenter le Programme TASDIR+ et les modalités d’appui qu’il accorde aux entreprises d’une manière générale et à ces secteurs en particulier.

  Le Fonds a adopté, dans ce contexte, la méthode Push, beaucoup plus avantageuse que la méthode Pull, puisqu’elle se traduit par un programme d’approche et de recrutement visant les entreprises à potentiel. Avec cette méthode de service Push, celles-ci sont incitées à adhérer au Programmes et à bénéficier d’une manière énergique des avantages qu’il leur accorde en vue de diversifier et de développer leurs marchés à l’export.

Lors de ces rencontres régionales, nous avons sollicité les Filières les plus porteuses et plus prometteuses à souscrire au 3ème Appel à candidatures, individuellement ou d’une manière groupée, tout en mettant à profit le noyau stratégique de Filière, porteur d’une dynamique de positionnement durable sur un marché cible à haut potentiel.

Il convient de noter que dans le cadre de ces rencontres qui ont bien réussi, TASDIR+, animé d’une vision constructiviste, a identifié des potentialités importantes susceptibles d’engendrer une dynamique de changement et d’évolution remarquable.

Pour la Filière Textile-Habillement, il a été convenu avec les participants de revenir dans les semaines prochaines à la région en vue d’élargir la rencontre à un plus grand nombre d’opérateurs en partenariat avec la FENATEX.

Certains opérateurs ont manifesté leur intérêt pour candidater individuellement au Fonds ; tandis que d’autres étaient plutôt favorables à une Action commune sous l’enseigne de la Filière, dont les modalités seront débattues lors de la prochaine rencontre.

De même pour la région de Sfax où les opérateurs des secteurs de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire, des TIC et de la Santé, intéressés par le Programme, ont confirmé la coexistence de deux formules.

Pour la Filière « Services de Santé » de la région du Sahel, les cliniques et les prestataires de services de santé se sont montrées fortement intéressées par le programme. Ce dernier les a également encouragées à lui proposer un Business Plan portant sur la Filière Santé de la région du Sahel et ciblant un marché potentiel.

L’idée a fortement séduit la profession dont les responsables ont décidé d’organiser des réunions de suivi hebdomadaires afin d’identifier les créneaux porteurs et les marchés cibles. Un Business Plan ambitieux sera proposé à TASDIR+ dans les semaines à venir.

Il est intéressant de signaler que la région de Sfax et celle du Sahel sont très riches en activités à fort potentiel export. Des visites périodiques ont été programmées en novembre prochain pour aller de l’avant sur la piste de la conduite rationnelle et efficace du programme dans ce giron institutionnel et régional.

La Revue de l’Entreprise :

L’exportation est le résultat naturel de la fertilisation croisée d’aptitudes, de dispositions et d’opportunités. Avez-vous eu l’idée de simplifier les procédures pour que celles-ci ne soient pas des zones d’ombre dans le processus de l’export ?

M.Riadh Bezzarga :

Dans un environnement concurrentiel aigu, la clé du succès tant pour les entreprises que les organisations qui les accompagnent réside dans la transformation de leur mode de fonctionnement. Elles devraient faire en sorte que le système d’organisation ne repose plus entièrement sur une autorité hiérarchique, des règles et des procédures formelles compliquées et lentes ou un trop grand cloisonnement. Nous passons, au niveau de TASDIR+ du modèle bureaucratique du 20ème siècle, à un nouveau modèle dynamique et agile.

Nous savons pertinemment, que les systèmes organisationnels formels avec des procédures lassantes ne peuvent pas être les moteurs du processus de rénovation de notre programme.

La simplification des procédures va certainement nous amener à une phase fort intéressante : la digitalisation. A l’heure du Numérique, TASDIR+ fait appel à une application digitale qui lui permet de recevoir à distance les candidatures, les filtrer et d’échanger avec les entreprises et les structures professionnelles concernées.

La digitalisation permet également à notre programme d’attirer en ligne le monde de la Bourse, et plus particulièrement les intermédiaires en Bourse qui ont tous les atouts pour s’attaquer et s’imposer aux marchés arabe et africain. Une aubaine pour cette communauté de professionnels qui ont déjà capitalisé un savoir-faire pointu et de l’expérience dans le domaine du placement financier.

La Revue de l’Entreprise :

Voulez-vous présenter à nos lecteurs la méthode d’évaluation rigoureuse que la Banque Mondiale vous a proposée ?

M.Riadh Bezzarga :

La pierre philosophale de TASDIR+ c’est la pérennisation : Savoir profiter des opportunités qui se présentent sur les nouveaux marchés, saisir l’opportunité de l’export, lisser une activité très saisonnière ou diversifier le portefeuille marchés, pouvoir compenser la baisse des marchés classiques, c’est bien. Renforcer durablement la présence de nos entreprises sur le marché mondial, c’est encore mieux. D’où la nécessité de procéder à une Evaluation rigoureuse selon une méthode qui fait la part belle à la transparence et à l’exactitude des données et des résultats.

C’est grâce à cette Evaluation qui est en cours que nous saurons exactement la portée de TASDIR+ et son bénéfice pour l’économie du pays et ses entreprises. Nous évaluons l’appui technique que propose le programme: l’implantation sur le marché cible, la certification des produits, l‘apport technologique, foires et salons,…

Nous avons une boite à outils qu’on met à la disposition de l’entreprise qui en aura recours pour élaborer son business plan.

Cette boite sera décortiquée pour savoir :

1- Quels sont les outils les plus pertinents pour l’entreprise à la lumière des résultats obtenus ;

2- Pour quel secteur d’activité il est le plus pertinent ?

3- Pour quel marché ?

C’est une mine d’or que nous obtiendrons grâce à cette Evaluation rigoureuse et dont l’impact sera crucial sur le FOPRODEX et les différents Fonds soucieux de savoir quels sont les outils les plus pertinents, les plus efficaces et les plus efficients pour l’entreprise, le secteur auquel elle appartient et pour l’économie.

La Revue de l’Entreprise :

Peut-on considérer que le Tirage au sort aléatoire figure parmi les nouveautés remarquables de la prochaine étape qui se déclenche avec le 3ème Appel à candidatures ?

M.Riadh Bezzarga :

J’aimerais préciser que l’Evaluation rigoureuse du programme tient compte de la sélection aléatoire des entreprises. Au départ, la sélection se faisait sur dossier, et en fonction de la décision du consultant ou de TASDIR+ et, sur le terrain, on essayait de vérifier si le Business Plan correspondait aux capacités réelles de l’entreprise. Au 1er et 2ème Appel à candidatures, on se référait toujours aux critères d’éligibilité et c’est au comité de pilotage de refuser ou d’accepter le Business Plan de l’entreprise.

Aujourd’hui, avec le 3ème Appel à candidatures, et dans le but d’élargir le spectre de recrutement des entreprises, une nouvelle technique de sélection a été retenue : le tirage au sort aléatoire. Ainsi, toute entreprise, après avoir enjambé le filtre de l’éligibilité et opérant dans n’importe quel secteur, dans n’importe quelle région et quelle que soit sa taille, a une chance sur deux d’être choisie par le Programme, par le biais de ce tirage. Celle qui n’a pas eu la chance d’être choisie fera partie du « groupe de contrôle ».

Appelons la première « l’entreprise A » et la seconde «l’entreprise B ». Les deux étant identiques et comparables. Et c’est en fonction des performances de l’une et de l’autre que l’on pourra juger, dans une approche comparative, l’utilité et la pertinence du Programme. S’il s’avère qu’il n’est pas un levier de performances à l’export, il sera nécessaire de chercher un autre type d’instruments d’appui.

Dans une logique d’intérêt national, nous avons passé de 8 à 10 mois d’échanges, de réflexions et de remise en question pour que ce Fonds structurel ait des résultats probants et un impact durable.

Le 3ème Appel à candidatures sera l’alchimie de toutes ces nouveautés que j’ai citées parmi d’autres comme le remboursement en l’espace de deux semaines et l’expertise qui sera de 90% de l’apport global de l’expert contre 10% seulement pour la charge administrative.

Ce 3ème Appel (lot 3) devrait toucher 300 entreprises, sachant que TASDIR+ s’est fixé pour objectif d’atteindre 600 PME.

La Revue de l’Entreprise :

Il est certain que les Tunisiens ont une carte à jouer à l’export.

Faut-il que TASDIR+ table sur la communication ?

M.Riadh Bezzarga :

Aujourd’hui et après avoir redressé notre approche, nous menons une campagne de communication pour recruter des entreprises, les intéresser à adhérer au Programme.

Un film vidéo qui met en valeur des success stories qui ont bénéficié de l’appui de TASDIR+ est en cours de réalisation. Son message est clair : Nous avons réussi à poser des jalons dans tel ou tel marché. Pourquoi pas vous ?

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