breaking news

Dépollution de la région du Lac de Bizerte Un projet phare sur la Rive Sud de la Méditerranée

novembre 11th, 2019 | by admin
Dépollution de la région du Lac de Bizerte Un projet phare sur la Rive Sud de la Méditerranée
Economie
0

Lors des deux Editions du Forum de la Mer, 2018 et 2019, la dimension environnementale a occupé une place prioritaire dans les propos des différents conférenciers et intervenants, tant dans la séance plénière que dans les ateliers. Cela dénote l’importance croissante des enjeux environnementaux dans l’écosystème du bassin méditerranéen qui s’est dégradé sous l’effet de la pollution comme celle qui frappait depuis des décennies le Lac de Bizerte. 

Le programme de Dépollution du territoire autour du Lac est à ses débuts. ; Etant le premier à être initié dans le cadre du “Mediterranean Hot Spots Investment Program, Me HSIP, ce Programme place les deux aspects “intégrateur“ et participatif“ au premier rang de ses préoccupations.  Le point avec Mme Dekhra Gharbi, Chef de l’Unité de Gestion du Programme de Dépollution de la Région du Lac de Bizerte. 

Jusqu’à une époque récente, les atteintes à l’environnement étaient considérées comme la rançon du progrès. Aujourd’hui, la protection de l’environnement est un défi à relever partout dans le monde et le concept de développement durable s’impose comme finalité de l’action des collectivités publiques.

La publication en 1989 du rapport Brundtland donne une définition claire et simple du développement durable, expression préférée à “développement soutenable“ issue de la traduction littérale de l’anglais “sustainable development“ . Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs“. 

Le Sommet de la Terre à Rio, en 1992, a légitimé le développement durable et l’a institué au premier rang des priorités mondiales en proclamant, dans sa Déclaration finale, que “ les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable. Ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature “.

La Déclaration de Rio a défini des programmes à mettre en œuvre sur le plan international, baptisés “Agenda 21“ où l’équilibre entre la préservation de l’environnement, la solidarité intra et inter-générationnelle , et l’efficacité économique doivent assurer le développement durable de l’humanité. 

C’est dans ce mouvement que se situe le “Mediterranean Hot Spots Investment Program“, MeHSIP, le Programme d’Investissement pour l’Elimination des principales Sources de Pollution en Méditerranée, mis sur pied par l’Union européenne. 

Un programme qui vise à fournir un soutien et des conseils techniques directs aux promoteurs pour la préparation de leurs projets d’investissement relatifs aux secteurs de l’eau et de l’environnement dans les pays du Sud de la Méditerranée.  

Il est conduit par la Banque Européenne d’Investissement, BEI et financé en collaboration avec la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement BERD, l’Etat tunisien et la Facilité d’Investissement pour le Voisinage, FIV :

– Crédit BEI : 40 M€ pour financer les projets relatifs à El Fouladh (11,495 M€), la STIR (9,020 M€) l’ONAS (9,047 M€) et les Cimenteries de Bizerte (10,438 M€)

– Crédit BERD : 20,480 M€ répartis comme suit : ONAS (18,480 M€ et AT BERD (2M€)

– Contribution de l’Etat : 4,820 M€ répartis entre l’assainissement (1,670 M€) et la dépollution industrielle (2,350 M€)

– Subvention FIV : 15 M€ répartis entre la subvention d’investissement (9,2 M€) et l’assistance technique (5,8 M€). 

Ce Programme s’inscrit dans le cadre de la contribution de l’Union européenne à l’initiative Horizon 2020. Celle-ci s’attaque aux principales sources de la pollution de la Mer méditerranée, à travers la réalisation d’investissements environnementaux, le renforcement des capacités ainsi que le suivi de l’état de la Recherche et de l’environnement en Méditerranée.

Le MeHSIP est financé par des aides non remboursables de la Commission européenne au Fonds d’Assistance technique de la FEMIP qui accompagne les promoteurs de projets dans la préparation de leurs activités d’investissement tout au long du cycle de vie de chaque projet. Il intervient dans six pays de la rive Sud de la Méditerranée dont la Tunisie. 

« Le Programme de Dépollution de la Région du Lac de Bizerte est un projet phare. Il est labellisé par l’Union pour la Méditerranée comme premier projet d’investissement, identifié dans le cadre de l’initiative Horizon 2020 ; » explique Mme Dhekra Gharbi. 

Ce Programme trouve son fondement dans l’Etude menée par le ministère de l’Environnement en 2004, aboutissant à une série de recommandations élaborées sous forme de requête de projet auprès de bailleurs de fonds notamment la BEI. 

Cette Etude a permis de déterminer l’état environnemental pathologique dans lequel se trouvait le Lac de Bizerte,  les mesures à prendre et les projets à mettre en œuvre pour y remédier.

Le 1er novembre 2016, le chef du Gouvernement M. Youssef Chahed a donné le coup d’envoi du projet en présence de Mme Federica Mogherini, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, M. Fathallah Sijilmassi, Secrétaire Général de l’Union pour la Méditerranée et les autorités régionales. 

La participation des deux personnalités, celle de l’Union européenne et celle de l’UpM est témoin de l’importance qu’accordent les deux Institutions à ce projet qui a démarré effectivement en janvier 2018.

Les deux années consécutives 2018-2019 on été consacrées à la passation de marchés, à la préparation des Appels d’offres et au lancement des Etudes détaillées. 

La dynamique engagée par le Programme de Dépollution de la Région du Lac de Bizerte paraît à la hauteur des enjeux : sa mise en chantier se distingue par deux aspects fondamentaux : l’intégration et la participation élargie : deux conditions qualitatives, le talon d’Achille du projet, qui visent le même but : mener une œuvre efficace, utile et globale mais aussi pérenne dans le temps et dans l’espace.

Un projet intégré dans une démarche participative

Le Lac s’étend au sud de la ville de Bizerte sur une surface de 15 mille hectares, 11 km de largeur et 13km de longueur. Sa profondeur maximum est de 12 mètres. Il communique au Nord avec la mer par un chenal qui se poursuit dans le Lac jusqu’à la région de Manzel Bourguiba situé au Sud Ouest ; il communique aussi dans sa partie Ouest avec le Lac Ichkeul par Oued Tinja. Il subit, depuis longtemps, une influence urbaine et industrielle polluante. 

Grâce à son aspect intégré, le programme de dépollution de la région du  Lac de Bizerte est un projet innovant, original et ambitieux.

En effet, ce programme couvre différents domaines environnementaux, à savoir l’assainissement, la gestion des déchets, la pollution atmosphérique, terrestre et hydrique causée par les activités industrielles dans la région, et l’aménagement côtier.

Toutes les actions qu’il faut mener dans ces différents domaines devraient s’articuler dans une logique intégratrice qui tiendra compte du surcroît de complexité liée au couple économie/écologie. 

C’est que toute solution à la crise écologique telle que celle que représente l’état de la lagune, ne peut être envisagée que d’une manière intégrée puisqu’elle est porteuse de mesures correctives multidimensionnelles. 

Ce programme tient, également, à favoriser une démarche participative à son processus de réalisation.

Les habitants, la société civile et des différents acteurs économiques sociaux, éducatifs et culturels de la région devraient s’approprier ce projet écologique de grande envergure. Ce sont “ses partenaires, ses contributeurs… ils devraient s’enthousiasmer et se mobiliser en faveur de sa réussite et de la pérennisation de ses résultats. 

“Toutes les composantes de la société dans la région du Lac de Bizerte sont associées à ce programme ; parce qu’il ne faut pas perdre de vue que “l’environnement“ est aussi une construction sociale. On peut même dire que sa définition se nourrit de la construction sociale de l’agglomération et de la construction sociale de la nature ; l’agglomération se définissant dans son rapport à la nature et cette “nature“ étant elle même définie par rapport aux valeurs et au comportement de l’agglomération. Dès lors, la réussite de notre programme, à très long terme, dépend du changement comportemental des habitants de la région et du degré de leur adhésion à ses objectifs“ ; souligne Mme Dhekra Gharbi. 

Les mesures d’accompagnement

Le programme de dépollution de la région du Lac de Bizerte s’étale sur quatre domaines d’intervention : cette étendue se traduit par des projets d’investissement en infrastructures environnementales aux quels s’ajoutent, inéluctablement, une batterie de mesures d’accompagnement. Ces mesures, déjà prises, visent à bien gérer la complexité du programme et à assurer la pérennisation de ses résultats.

Cela devrait passer par :

– le suivi environnemental de la lagune : « Si vous laissez une paroisse sans archevêque, au bout de quelques années on y adorera les bêtes» ; disait-on.

Jusqu’à nos jours, le suivi environnemental continu dans le temps et dans l’espace, de la lagune est absent ; c’est pourquoi l’Unité de Gestion du programme a mis en place un programme rigoureux de suivi environnemental de cet espace dans le but d’une meilleure compréhension de son fonctionnement écologique. 

Ce suivi sera assuré par l’ANPE. 

– l’implication et l’engagement des composantes sociale et économique de la région : L’acceptabilité d’un grand projet écologique et urbain doit être unanime ; ce qui implique de prendre en compte une somme d’argumentaires liant intérêt public et propositions ou revendications citoyennes et sociétales. 

Les riverains de la lagune sont les bénéficiaires directs du programme ; ils étaient également responsables de la situation dans la quelle cet espace millénaire naturel se retrouve aujourd’hui. L’Unité de Gestion a, donc, recomposé les règles du jeu de la gouvernance de la relation Lagune-agglomération, en mettant en œuvre une approche systémique réunissant et engageant les parties prenantes économiques, sociétales et environnementales, les parties collectives, individuelles, civiles, publiques et privées tout au long de la conduite du projet.

L’argumentaire d’une lagune à habiliter, sans retour en arrière, se conjugue avec le discours et les propositions de l’agglomération qui l’entoure. L’objectif serait de faire en sorte que la population contribue à la réalisation des objectifs du programme. C’est dans cet ordre d’idées qu’une enveloppe d’un million d’euros a été allouée au financement des projets qui seront proposés par la société civile, les acteurs privés ou la communauté scientifique; ainsi que les campagnes de sensibilisation.

Les équipes du programme ont, également, mis en place le CURSUS ECOPACT, un plan d’actions qui vise à renforcer la capacité d’accompagnement de la société civile locale pour qu’elle puisse soumettre des propositions, répondant aux exigences des appels à projets.

« Pour la pérennisation des résultats du programme à tel point qu’ils demeurent en rupture avec la situation environnementale antérieure, des projets pilotes pourraient couvrir des aspects qui n’étaient pas prévus dans le programme. Nous visons un objectif commun : la réhabilitation du système écologique de la lagune. A la formation d’une conscience écologique citoyenne s’ajoute la Recherche scientifique appelée à contribuer à une meilleure compréhension du fonctionnement de la lagune ». 

  Une autre mesure d’accompagnement aussi importante : le changement climatique, ce défi auquel la planète est confrontée, que l‘on doit prendre en considération pour qu’il n’ait pas un impact grave sur les résultats qui seront obtenus à coup d’investissements d’une part et pouvoir s’adapter à cette nouvelle donne qui ne cesse de s’accentuer.

Des investissements de taille importante

« Les composantes d’investissement sont pilotées par une Unité de Gestion par objectif qui assure la coordination et la gestion unifiée de l’ensemble du programme. Nous faisons l’interface, jouons le rôle de coordinateur des deux piliers du programme : les porteurs de projets et les bailleurs de fonds », précise Mme Dhekra Gharbi.

« Nous déterminons, ajoute-t-elle, la mission des porteurs de projets sur le plan technique, à travers la mobilisation des experts qui interviennent à leur service, concourant ainsi à l’efficacité et à l’efficience dans la réalisation des différentes composantes du projet. Nous vérifions aussi les procédures qu’ils mettent en place et veillons à la disponibilité des ressources financières ». 

1- L’assainissement de la région du Lac de Bizerte, d’un coût global de prés de 37,6 M€, représente la première composante d’investissement dans le programme. 

En effet, une bonne part des pollutions du Lac viennent de la terre via les rejets des eaux usées et des eaux pluviales. 

Le programme de dépollution prévoit la construction et la réhabilitation de réseaux d’assainissement qui s’étendent sur 300 kilomètres. Les travaux d’extension se traduiront par le raccordement de neuf zones rurales qui s’étalent sur le bassin versant du Lac de Bizerte et d’Ichkeul.

Il prévoit également la réhabilitation des trois stations d’épuration dont dispose le réseau de l’ONAS au niveau du bassin versant du Lac de Bizerte, à savoir celle de Bizerte, de Menzel Bourguiba et de Mateur. Outre la réhabilitation pour un meilleur traitement des eaux usées, selon des normes strictes, pour un futur éventuel usage de ces eaux, le projet envisage l’augmentation de 50% de la capacité de chacune de ces trois stations. 

Les études détaillées, concernant la réhabilitation et l’extension, seront menées pour identifier les besoins des trois collectivités locales, à l’horizon 2050. Cependant, des travaux urgents devraient être engagés dans certains tronçons qui se trouvent dans une situation critique. 

Une enveloppe de 90 millions de dinars, soit 35% du financement global, est allouée à cette composante, confiée au niveau de l’exécution à l’ONAS. 

2 -Solution avouable des rejets industriels :

Dans la région du Lac de Bizerte, trois entreprises publiques sont considérées comme de grands pollueurs : 

1- La société El Fouledh : Sept projets de dépollution lui sont dédiés, induisant une véritable mise à niveau environnementale ; sachant que cette Entreprise publique engendre trois types de pollution, atmosphérique, hydrique et des déchets solides.

2- La STIR : Le programme de dépollution envisage la réalisation de deux projets pour la réhabilitation de la station de déshuilage de ses rejets déversés en Mer et le remplacement du procédé actuel de traitement du GPL.

Migrer du procédé de traitement à la soude vers un nouveau procédé utilisant les amines qui sont plus écologiques. 

3- Les Cimenteries de Bizerte: Le projet, réalisé en 2017, consiste à traiter les émissions atmosphériques et réduire les particules (poussières) qui se dégagent de ses cheminées en installant des filtres à manches. 

La réhabilitation d’une décharge à Menzel Bourguiba ainsi que l’élimination des déchets spéciaux rejetés par la région, sont confiés à l’ANGED.

Les entreprises industrielles privées implantées dans la région du Lac sont également concernées puisqu’elles constituent une source de pollution. 

« Le développement durable avec l’équilibre qu’il instaure entre les préoccupations et les impératifs économiques et écologiques permet de concilier les deux logiques à l’origine de la dynamique du territoire. Qu’ils soient publics ou privés, les opérateurs économiques sont appelés à saisir l’importance de la mobilisation en faveur d’un environnement propre. Cette mobilisation entend résolument faire entrer la Tunisie dans l’ère du développement durable, explique Mme Dhekra Gharbi. 

L’engagement environnemental autrefois réservé aux “militants verts “s’est taillé une place de choix au sein des dimensions politiques, économiques et sociales dans la plupart des pays développés. La responsabilité des entreprises n’est, certes, pas négligeable, étant donné l’influence qu’elles exercent sur l’écologie.

C’est dans cette perspective que le programme vise à acquérir une meilleure compréhension de l’engagement environnemental au sein des grandes entreprises publiques et des PME opérant dans le textile-Habillement, le traitement de surface et autres. 

Mme Gharbi se réjouit de voir un nouveau courant de pensée qui se développe dans la région du Lac de Bizerte. Un courant qui montre qu’un des obstacles majeurs habituellement rencontrés par l’activité économique à la prise en compte de l’environnement se voit levé et le conflit opposant les logiques économique et écologique est en passe de pouvoir se résorber. 

3- L’aménagement d’une esplanade :

La bonne gouvernance agglomération urbaine-Lac de Bizerte nécessite, selon Mme Dhekra Gharbi, la création de nouveaux rapports entre les habitants et le Lac. Il faut donc mettre fin à l’état de “mépris“ qui caractérisait cette relation. Un “mépris“ unilatéral bien sur puisque le Lac était pris pour un dépotoir par les habitants.

Ces derniers devraient “vivre“ leur Lac pour leurs loisirs et leur bien-être.

Pour y parvenir, le programme prévoit l’aménagement d’un espace récréatif pour les citoyens de la région du Lac. 

L’APAL sera le maître d’œuvre de ce projet.  

Le Programme a également retenu une demande émanant des habitants de Menzel Abderrahmène : inclure l’extension de leur Port de pêche dans le programme. 

En effet, l’aménagement du Port et son extension permettront de diminuer le niveau d’agitation du plan d’eau et de booster l’activité halieutique. 

Pour une œuvre urbano-lagunaire durable

« Je souhaite souligner l’importance de l’aspect “Appel à propositions“ que nous avons adressé aux citoyens de la région du Lac pour qu’ils y adhérent d’une manière enthousiasmante et responsable », affirme Mme Dhekra Gharbi. 

Celle-ci s’est rapprochée de la société civile afin de la rendre de plus en plus consciente des enjeux environnementaux auxquels leur région est confrontée et de l’inciter à réfléchir aux solutions les plus adéquates dans l’appréhension de ces enjeux et de l’intégration organique Agglomération-Lac. 

La société civile a exprimé déjà le désir de vivre les espaces urbano-lagunaires autrement.

L’unité de Gestion a mis en place un cursus baptisé “ECOPACT“, un cursus de formation et d’accompagnement de la société civile pour qu’elle soit en mesure de concocter et reformuler des proposition en faveur de la bonne gouvernance région-Lac. 

C’est une étape cruciale dans le programme même au cas où les projets proposés ne seraient pas financés dans son cadre préalablement établi. 

L’Unité de Gestion du Programme de Dépollution de la Région du Lac de Bizerte a eu le mérite d’avoir associé à ses Projets des collectifs de riverains dont la vision est devenue compatible avec cette grande œuvre urbano-langunaire. Un cercle vertueux qui fait que chaque couche du mille-feuille écosystémique défende la pérennité des résultats et des acquis environnementaux, sociaux et économiques après l’achèvement du Programme.

Sur ce dernier plan, il convient de rappeler que c’est au Lac de Bizerte que l’activité conchylicole a démarré en Tunisie, en 1952, par l’implantation du premier parc conchylicole privé où furent entrepris les premiers essais de grossissement d’huitres plates et d’huitres creuses. 

Aujourd’hui, le nombre de tables (le système de culture adopté) est limité. Cependant les activités conchylicole, aquacole et de pêche auront grâce à la dépollution de son écosystème, de beaux jours devant elles. 

Laisser un commentaire