Un chiffre circule discrètement dans les couloirs des grandes écoles de management : plus de 40% des dirigeants du CAC 40 auraient déjà testé l’équicoaching. Longtemps relégué aux marges des ressources humaines, ce choix interroge, et fascine. Pourquoi des leaders réputés cartésiens se laissent-ils guider, non par des algorithmes, mais par un animal de 600 kilos, loin des tableaux Excel et des process standardisés ?
La montée en puissance de cette discipline répond à une mutation profonde des attentes envers les managers. Les modèles traditionnels, axés sur la performance brute, peinent à relever les défis d’un monde mouvant. Dans ce contexte, la relation homme-cheval s’invite comme un nouveau terrain d’entraînement pour les décideurs. On ne parle plus seulement d’acquisition de compétences, mais d’un véritable déplacement de perspective. Les plus grands groupes cotés investissent dans des ateliers où, sans costume ni jargon, les cadres dirigeants se confrontent à leurs propres limites à travers le regard d’un animal indifférent aux titres. Et c’est là que réside le paradoxe : c’est justement par ce détour inattendu qu’ils réinventent leur façon d’influencer et de fédérer.
L’équicoaching : quand le cheval impose un nouveau tempo aux leaders
Oubliez l’image d’Épinal du manager vissé à sa chaise. Le cheval s’invite au cœur même de la réflexion sur le leadership. En présence de l’animal, artifice et posture tombent d’un seul bloc. Loin de simples séances de formation rebaptisées, l’équicoaching confronte chaque dirigeant à l’épreuve du regard : celui, implacable et sans jugement, d’un être hypersensible. Ici, la moindre ambiguïté dans la posture ou la voix se paye cash. L’exercice, frontal, demande une sincérité radicale.
Cette approche prend forme dans les formations en équicoaching pour dirigeants dispensé par Ariona, qui proposent autre chose qu’un énième atelier ludique. Les responsables y expérimentent la gestion du stress, la communication non verbale, l’écoute attentive et l’intelligence émotionnelle dans leur version la plus brute. Pour le cheval, peu importe la ligne sur le CV : seule compte la cohérence entre intention et comportement, sans aucun filtre.
De fait, ce terrain d’expérimentation expose ce que ni les discours bien rodés, ni les protocoles managériaux ne révèlent. Les masques tombent, les habitudes se bousculent, et l’équicoaching replace le rapport à soi et aux autres comme priorité absolue. Loin du confort de la salle de réunion, chaque réaction du binôme humain-cheval dévoile ce qui fait, ou non, la capacité à fédérer.
Une séance d’équicoaching : ce qui surprend les dirigeants
Pas de rituels, pas de maîtrise technique nécessaire : le contact avec l’animal commence sur un pied d’égalité, sans selle ni bride. Accompagné par un professionnel, le dirigeant entre dans l’arène, face à un partenaire qui observe tout : l’attitude, la manière de se tenir, l’émotion qui transparaît. Chaque infime hésitation, chaque élan ou retrait reçoit une réponse immédiate, parfois déconcertante mais franche.
Pour mieux saisir sur quoi reposent ces séances, résumons les axes que travaillent concrètement les participants :
- Prise de recul sur les automatismes relationnels : impossible de ruser, le cheval traduit chaque geste en action immédiate.
- Recherche d’une interaction juste : la domination ou la comédie ne servent à rien, tout repose sur l’alignement authentique entre attitude et intention réelle.
- Test grandeur nature de la congruence : à la moindre incohérence, l’animal se met à distance ; il ne répond qu’à une présence sincère.
L’expérience marque par la radicalité de son retour : direct, sans filtre, loin de toute hiérarchie ou des présentations PowerPoint échafaudées à l’avance. Les séminaires d’équicoaching deviennent des espaces où l’on s’observe avec honnêteté, où l’on ajuste sa posture et où l’on s’autorise à incarner son message. Les réseaux sociaux regorgent de retours de cadres soulignant ce basculement : ici, nul besoin de surjouer l’autorité, la présence se construit dans le vrai.
Ce qui séduit les entreprises, c’est justement cette exigence, le fait que rien n’est acquis face à l’animal. D’où l’intérêt croissant pour des séminaires d’équicoaching conçus sur mesure, pensés pour refondre la culture du management par la preuve et l’expérience directe, plutôt que par la théorie.
Des bénéfices palpables : ce que l’équicoaching apporte vraiment au leadership
L’équicoaching va bien au-delà d’un simple dispositif original dans la formation des dirigeants. Son apport se mesure sur le terrain : il accélère la prise de conscience et raffine le développement personnel là où les outils classiques plafonnent. Face au cheval, on ne peut pas poser ou composer. Ce miroir à sang-froid renvoie sans détour la nature et la qualité de la communication non verbale ou de l’intelligence émotionnelle.
Pour illustrer l’étendue des changements constatés, voici, en résumé, les zones sur lesquelles l’expérience équine fait réellement la différence :
- Confiance en soi : en direct, la cohérence entre le geste et l’intention s’impose. Le cheval ne suit que la justesse.
- Gestion du stress et adaptabilité : la moindre variation d’humeur appelle un ajustement immédiat, affûtant la capacité à réagir sous tension, à composer avec l’inattendu.
- Cohésion d’équipe : sous le regard de l’animal, chaque participant découvre l’impact de sa place et de ses réactions sur la dynamique collective.
Peu à peu, l’écoute active s’affirme, l’empathie se développe, des qualités qui deviennent des atouts concrets pour l’organisation en période de changement ou de crise. Nombre de dirigeants parlent encore, des mois après, d’une expérience parfois déstabilisante, mais réellement transformatrice, qui teinte durablement leur manière d’incarner l’autorité et de mobiliser autour d’eux. Entre outil de team building et catalyseur de bien-être au travail, l’équicoaching donne aujourd’hui une assise nouvelle à des pratiques managériales en quête de cohérence et de sens.
À la fin, il ne reste que le face-à-face avec soi-même et cette présence rare : celle du leadership vécu, palpable, à mille lieues des faux-semblants, et qui laisse, dans le regard du cheval, une trace indélébile.


