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Lancement du Projet de Réutilisation des eaux non conventionnelles dans les pays de la Méditerranée MENAWARA

janvier 3rd, 2020 | by admin
Lancement du Projet de Réutilisation  des eaux non conventionnelles dans les pays de la Méditerranée MENAWARA
Economie
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La question des ressources en eau revient sur le devant de la scène avec le lancement, jeudi 28 novembre 2019, à l’hôtel Carthage Thalasso à Gammarth, du Projet de Réutilisation des eaux non conventionnelles dans les pays de la Méditerranée, baptisé MENAWARA. 

Placé au cœur de l’économie circulaire et du Développement Durable, ce Projet mettra en réseau des expériences nationales qu’il invite les cinq Etats partenaires dont la Tunisie, à développer dans ce domaine. 

 Sur le plan opérationnel, l’Office National d’Assainissement, ONAS, plein d’énergie et doté d’une riche expérience, aura de quoi bien aborder le développement de ce créneau que sont les eaux non conventionnelles dédiées à l’agriculture en Tunisie.

Tout ce qui peut contribuer à introduire une once de rationalité dans la gestion des eaux en Méditerranée est bon à prendre : telle a été l’affirmation des participants au séminaire de lancement du Projet de Réutilisation des Eaux non conventionnelles dans les pays de la Méditerranée, des représentants des organismes concernés des trois pays de la rive Sud, à savoir la Tunisie, la Jordanie et la Palestine et des deux pays de la rive Nord, en l’occurrence l’Italie et l’Espagne et de l’Université de Sassari, chef de file du Projet MENAWARA. 

Dans sa Communication d’ouverture de la cérémonie de lancement du Projet, M. Abdelmajid Bettaieb, Président Directeur Général de l’ONAS, a mis l’accent sur les limites des ressources en eau exploitables qui ont d’ores et déjà imposé de substituer la notion d’autosuffisance alimentaire, de sécurité alimentaire et de replacer l’eau et la nourriture au centre des débats et des initiatives tant à l’échelle régionale que mondiale. 

« Les Tunisiens vivent aujourd’hui avec une ressource globale mobilisable de 420m3/an par habitant. Une pauvreté en ressources hydriques qui se situe au dessous du seuil analysé comme indicateur de stress hydrique ; la rareté sévère étant évaluée à 1000m3/an par habitant » ; a expliqué le Président Directeur Général de l’Office. 

« Pour faire face à ces enjeux, accentués par l’évolution des besoins, une stratégie a été mise en œuvre ; prenant comme solution, le recours aux ressources non conventionnelles.

Celles-ci provenaient essentiellement du Dessalent de l’eau de mer et de la Réutilisation des Eaux usées traitées », a-t-il ajouté ; en rappelant que la Tunisie a toujours accordé une importance capitale à certains enjeux environnementaux qui concernent l’avenir du pays mais aussi de l’ensemble de la planète et la stabilité politique et sociale de plusieurs zones du globe comme la Méditerranée : climat, biodiversité et ressources en eau.

Cet intérêt bien particulier explique aujourd’hui le regard que notre pays porte sur les ressources alternatives dans le domaine de l’Energie et de l’Eau, dans le souci d’un Développement Durable, c’est-à-dire de “satisfaire les besoins des générations présentes sans grever les possibilités des générations futures de satisfaire les leurs“. M. Abdelmajid Bettaïeb a, ensuite, indiqué que le Projet MENAWARA s’inscrivait dans le cadre de l’amélioration de la qualité des eaux usées traitées, et de l’intensification de notre capacité à utiliser les produits des stations d’épuration. 

« Aujourd’hui, l’ONAS gère 122 stations d’épuration, générant 270 millions m3 d’eaux traitées.

Cependant, malgré l’importance des quantités traitées et des efforts déployés par les pouvoirs publics pour leur réutilisation, les résultats obtenus demeurent insatisfaisants »; a-t-il fait remarquer.

En effet, le taux d’utilisation est estimé à 23% pour l’irrigué ; l’équivalent de 70 millions m3 d’eau usées traitées, utilisées dans 33 zones étalées sur 8 mille hectares: terrains de golf, espaces verts…

L’ONAS s’est doté d’une organisation décentralisée. Elle dispose de quatre Départements régionaux, 24 Directions régionales à raison d’une Direction pour chaque gouvernorat et 51 arrondissements. 

Ses performances ne sont plus à démontrer : l’Office est présent dans 186 communes où habitent 7,3 millions d’habitants ; 6,6 millions d’habitants sont raccordés au réseau public. Ce qui donne un taux de connexion de 90,4%. 

Depuis sa création en 1974, afin de contribuer à l’amélioration des conditions d’hygiène et de santé dans les milieux urbains et touristiques et ce, par la protection du milieu hydrique contre toute source de pollution, jusqu’à ce jour, l’ONAS a réalisé 17300 kms de réseaux et 122 stations d’épuration. Il traite annuellement 270 millions m3 d’eaux usées et contribue à la réutilisation de 70 millions m3, dans les domaines touristique, agricole et industriel ; la recharge de la nappe et l’arrosage des espaces verts. 

Des investissements colossaux ont été consentis au secteur de l’Assainissement. Notons que l’office est parti de 5 millions de dinars d’investissements en 1975 à 3410 millions de dinars en 2018. 

Ces investissements ont été mobilisés, entre autres, à travers la coopération financière internationale ; grâce aux très bonnes relations que l’Office a pu nouer avec les bailleurs de fonds dans le cadre de la coopération multi ou bilatérale ; comme l’AFD son partenaire stratégique, la JICA, la BEI, la BERD et la BAD.

Dans le cadre de l’orientation générale du gouvernement, la stratégie de l’ONAS est une réponse de plus en plus énergique face aux défis posés par l’impératif majeur de Développement Durable : protection de l’environnement et préservation des ressources hydriques du pays. 

Cette stratégie porte essentiellement sur les principaux thèmes mobilisateurs suivants:

– poursuivre l’effort consenti à l’échelle nationale pour généraliser les services d’assainissement et renforcer les capacités de traitement des eaux usées ; 

– améliorer la qualité des eaux usées traitées et promouvoir leur réutilisation.

Cette amélioration nécessite le consentement d’investissements importants et le déploiement de nouvelles technologies d’assainissement permettant des traitements fiables et performants pour avoir une qualité d’eau conforme aux normes exigées; mais aussi pour optimiser le coût d’exploitation notamment en matière d’énergie.

Consolider le concept de Réutilisation

Une station d’épuration comprend en général quatre postes principaux en dehors du traitement des boues : le prétraitement, le traitement secondaire et le traitement tertiaire, lorsque l’affinage de l’eau épurée est nécessaire.

Sous le vocable “ traitement tertiaire“ on regroupe l’ensemble des procédés qui sont employés seuls ou en combinaison, sur un effluent préalablement épuré. Les buts poursuivis peuvent être :

– une Réutilisation de l’eau à des fins agricoles, industrielles ou écologiques ;

– la protection de prises d’eau situées en aval

Les métiers appliqués sont assez spécifiques et visent :

– une élimination des matières en suspension et de la pollution correspondante ;

– une élimination de l’azote et du phosphore ;

– une désinfection ;

– et une amélioration générale de la qualité de l’eau (DCO, DBO, couleur, salinité). 

Il s’agit de méthodes physiques, chimiques ou physico-chimiques utilisées pour la production des eaux  de distribution.

« En Tunisie, nous disposons de 25 stations qui sont capables d’effectuer le traitement tertiaire des eaux épurées“, a souligné M. Abdelmajid Bettaïeb.

« Elles produisent, a-t-il ajouté, 27 millions m3 par an. 

Nous prévoyons l’équipement de 12 autres stations d’épuration d’ici 2025 par les process du traitement tertiaire ».

Le patron de l’ONAS a, également, précisé que le ministère des Affaires locales et de l’Environnement s’est engagé, en collaboration avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, dans les différents plans d’action qui avaient pour objectif l’intensification durable de la Réutilisation des eaux usées traitées. 

Il a salué l’interdépendance constructive entre les pays des deux rives de la Méditerranée, créant une communauté d’actions et de valeurs à l’échelle de la région. Le Projet MENAWARA qui ambitionne aujourd’hui de consolider la Réutilisation des Eaux usées traitées en irrigation, dans cinq pays méditerranéens des deux rives, en témoigne clairement.

« Je tiens à signaler l’Accord de coopération signé entre l’Office National d’Assainissement et l’Université italienne de Sassari. Cet Accord trouve ses marques dans le développement des capacités de notre Office à booster la valorisation des eaux usées traitées et leur Réutilisation en irrigation par le biais de quatre projets pilotes à réaliser dans le cadre du Programme MENAWARA », a-t-il assuré.

« Nous espérons, à travers ce Programme, renforcer la bonne garantie des différents utilisateurs notamment les agriculteurs, par l’accompagnement, la formation, et la sensibilisation, afin de lutter contre l’utilisation non réglementaire des eaux usées traitées. Nous souhaitons qu’il atteigne ses objectifs en matière de Durabilité et qu’il constitue un élément de base efficace et efficient pour la conduite et le développement de l’économie circulaire », a-t-il conclu. 

Un partenariat édifiant

Représentant l’Ambassade d’Italie en Tunisie, M. Flavio Lovisolo,  Responsable de la Coopération au Développement italienne, s’est réjoui en faisant savoir que l’année prochaine, le Département de Coopération italienne fêtera ses trente ans d’activité en Tunisie en collaboration avec les administrations et les institutions tunisiennes. 

Le dernier Accord a été signé, en février 2017, pour prés de 160 millions d’euros. Il concernait le soutien à la Décentralisation, au Développement économique et à la création d’emplois. 

« Nous avons une cinquantaine de programmes et de projets qui sont en cours de réalisation et dont une bonne partie s’effectue en soutien à l’ONAS et aux efforts consentis par la Tunisie dans la gestion durable des ressources naturelles, l’eau notamment », a-t-il affirmé. 

Et d’ajouter : “Nous sommes partenaires d’un programme de 12 millions d’euros pour l’assainissement de 8 villes tunisiennes, d’un programme important pour l’équipement à disposition de l’ONAS, engageant une enveloppe de 25 millions d’euros et un Protocole qui sera signé entre les deux pays en 2020“. 

En mettant en valeur le lien direct entre le Projet MENAWARA et le Développement Durable : “Votre rencontre, aujourd’hui, s’insère dans une logique économique et écologique, celle qui fait la part belle à l’économie circulaire ; puisqu’elle est venue consacrer la Réutilisation des eaux usées traitées dans le domaine agricole : l’un des leviers de la rationalisation et de l’optimisation de l’exploitation des ressources naturelles dans le bassin méditerranéen ».

Un engagement fort

« Le choix de la Tunisie pour le lancement du Projet MENAWARA est révélateur de l’engagement fort de l’ONAS qui a contribué véritablement à l’organisation de cet événement : c’est ainsi que Mme Samira Rafrafi, Directrice de la Coopération transfrontalière au ministère du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, a introduit ses propos, lors de la cérémonie de lancement du Projet.

« Ce dernier, a-t-elle répliqué, s’inscrit dans le cadre du Programme de coopération entre les deux rives de la Méditerranée, ENI CBC MED, initié par la politique de voisinage qui vise la création d’un espace de paix, de prospérité et de stabilité . Une évolution positive par laquelle se démarque la coopération Nord/Sud pour en faire un espace de paix et de bien-être : Pour nous, le Programme Bassin Méditerranéen est un réel partenariat, en générant des projets qui sont conçus et gérés concrètement et dont les retombées positives sont partagées entre les différents partenaires ».

Mme Samira Rafrafi a souligné les principaux résultats de l’appel à projet standard qui a permis de collecter 100 millions d’euros pour le financement de 41 projets dont 30 à participation tunisienne. Ce qui place la Tunisie au premier rang sur la rive Sud de la Méditerranée. 

« MENAWARA apportera des solutions innovantes et de nouvelles générations sur le plan technologique afin d’inciter les agriculteurs à l’utilisation des eaux usées traitées, réduisant ainsi la pression sur l’eau, dans les pays partenaires du projet.

Un chef de file 

de haut niveau

De son côté, M. Pier Paolo Roggero, coordinateur du projet MENAWARA,      représentant le Président de l’Université de Sassari, M. Massimo Carpinelli, a présenté cette Institution, chef de file du Projet Fondée par Alessio Fontana, un homme distingué de la ville de la Sassari, en 1558, cette Université a démarré officiellement quatre ans plus tard lorsque les jésuites ont commencé leur activité en tant que savants et enseignants pour le clergé local. 

Aujourd’hui, cette université a 17 mille étudiants et près de 700 professeurs et chercheurs répartis entre 10 Départements. Ces chercheurs opèrent en étroite collaboration avec des Centres et Instituts académiques et de Recherche. 

En plus de ses 50 cours institutionnels, l’Université de Sassari offre un choix large d’études supérieures et de Recherche, des programmes de formation avancée et s’intègre dans des projets d’échange. 

« Alors que la consommation de l’eau est massivement agricole, l’enjeu d’une réévaluation de l’appréciation des ressources en eau disponibles est essentiel. D’où l’importance indéniable de l’évolution de la Réutilisation des eaux usées traitées dans le domaine agricole. Cependant, il est utile de savoir que dans l’irrigation, les questions de qualité de l’eau sont d’une importance capitale » ; a-t-il souligné. 

Il ne fait nul doute, selon lui, que les problèmes d’ordre qualitatif seront résolus par des solutions scientifiques et technologiques greffées au traitement tertiaire. 

Un nouveau paradigme de gouvernance

Dans la Communication qu’elle a donnée, Mme Awatef Laarbi Messii, sous-Directeur et Ingénieur en chef au ministère des Affaires Locales et de l’Environnement, a présenté les chiffres clés du secteur de l’eau en Tunisie en termes de mobilisation et de consommation.

Sur ce dernier point, l’agriculture consomme, a elle seule, 83% de nos ressources ; l’alimentation en eau potable : 11% ; 4% pour l’industrie et 1% pour le tourisme.

L’eau, un bien rare et essentiel patrimoine commun de la Nation est évidemment essentielle dans l’attitude des différents acteurs à son égard. “Elle a fait l’objet d’une Stratégie de mobilisation  des ressources d’eau de 1990 à 2000 puis d’un programme complémentaire de 2001 à 2011.

Aujourd’hui, une stratégie Eau 2050 est en cours de réalisation au sein du ministère de l’Agriculture. » 

« 90% des eaux usées sont des rejets domestiques ; ce qui favorise leur Réutilisation. Elles sont réparties comme suit : 53% sont des eaux produites dans le Grand Tunis, 17% au Nord et 30% au Cap Bon et au Sahel. »

Selon Mme Missii, le volume des eaux usées traitées réutilisées ne dépasse pas les 27% de la quantité produite dans les Stations de Traitement. 

Depuis 1990, la politique de gestion de la demande était basée sur l’économie de l’eau et l’amélioration de l’efficience des réseaux. Aujourd’hui, la politique de gestion se focalise plutôt sur l’offre avec le concept de la Réutilisation des eaux traitées; dans le cadre de la stratégie nationale de préservation des ressources non conventionnelles.

« On a travaillé sur la rentabilité de la Réutilisation des eaux traitées. Cette Etude a recommandé le recours au transfert des eaux usées traitées pour qu’elles soient réutilisées dans de nouveaux périmètres irrigués ou pour recharger la nappe. Il faut donc étudier la faisabilité technique, économique et environnementale de ce transfert ». 

rappelons que les défis communs du Projet MENAWARA consistent à fournir des ressources supplémentaires en recyclant des eaux de drainage et les eaux usées, en rationnalisant les pratiques d’utilisation de l’eau et en rétablissant des modèles de gouvernance opérationnelle conformes aux plans nationaux et internationaux. 

Rappelons aussi que  le Projet est conçu dans le but d’améliorer d’accès à l’eau par le biais du traitement des eaux usées qui seront réutilisées en tant qu’irrigation complémentaire. 

L’objectif étant de renforcer les capacités dans le domaine hydrique des institutions gouvernementales et des différents acteurs, techniciens, agriculteurs… 

Contribuant à la réduction du stress hydrique dans les cinq pays méditerranéens, ce Projet apportera des innovations technologiques, administratives et opérationnelles respectueuses de l’environnement. 

Le savoir-faire, les expériences et les résultats de ce Projet seront transférés aux niveaux régionaux et transnationaux, lors d’éventuelles réunions, visites et rencontres de formation.

L’engagement des partenaires associés, en raison de leurs statuts institutionnels, garantira la réplication des actions, générant ainsi des efforts multiplicateurs ainsi que la création de nouveaux emplois. 

Dans le droit fil de la Révolution verte

D’un coût de 2,9 millions d’euros dont 2,6 millions d’euros accordés par l’Union Européenne, le Projet MENAWARA devrait s’étaler sur 3 ans (septembre 2019-août 2022). Il porte sur la création d’un living lab, un cadre participatif, cohérent et contributeur dans le quel les citoyens, et les usagers sont les acteurs clés des processus de recherche et d’innovation afin de les sensibiliser à la nécessité de réutiliser les eaux usées traitées, en tant qu’alternative de sagesse.

En Tunisie, les eaux usées traitées doivent répondre à la Norme NT 10602 homologuée le 20 juillet 1989, avant le rejet en milieu hydrique. L’épuration s’effectue par le sol. Quand aux eaux usées traitées réutilisées, il faut qu’elles soient conformes à la Norme NT 10603. 

L’Etude portant sur la Réutilisation a été effectuée dans cinq gouvernorats ; une Enquête a été réalisée auprès de 960 agriculteurs s’est articulée autour de : 

– l’évaluation de la situation actuelle de la Réutilisation des eaux usées traitées ; 

– l’élaboration d’une stratégie et d’un plan d’action ; 

– et l’initiation d’activités de sensibilisation à l’échelle régionale et locale (affiches, dépliants  spots radio…)

Il était clair que l’implication des producteurs de cultures maraichères était faible, que la réglementation était dépassée et que le prix du m3 réutilisé (20 millimes) ne couvraient pas les frais de traitement (400 millimes dans certains périmètres irrigués). 

La révision du tarif s’avère donc nécessaire. 

Selon Mme Messii, sur le plan qualitatif, les normes diffèrent selon que les eaux usées traitées soient transférées pour la recharge de la nappe, l’arrosage des espaces verts ou l’irrigation des cultures maraichères. Pour ce dernier cas, l’élimination des sous-produits du traitement selon les process adéquats est nécessaire pour avoir une eau traitée de bonne qualité (absence de germes pathogènes ou d’organismes parasites, absence de substances toxiques ou indésirables).

Quatre stations d’épuration sont concernées par le Projet MENAWARA : celle de Korba, de Kelibia, de Chotrana 2 et de Sidi Amor.

« Dans deux ans, le volume des eaux usées traitées atteindra les 200 millions m3 avec un volume transférable de 32,4 millions m3 » ; a indiqué Mme Messii. 

« Le transfert vers les zones de réutilisation (la région du Fahs, le Centre comme Kairouan ou autres) représentera une distance de 60 à 80kms du Grand Tunis, qui représente le plus grand volume d’eaux usées avec 53% des quantités collectées à l’échelle nationale.

Le coût d’exploitation est de 500 millions de dinars, un coût inférieur à celui de l’exploitation d’un barrage. Cependant, le système de transfert n’est envisageable que si la qualité des eaux traitées est conforme à la norme NT 10603.

Le projet MENAWARA est venu à point nommé puisque, tant à l’échelle de la Tunisie qu’à celle de la Méditerranée, la question agricole pèsera le plus lourdement sur les perspectives de la mobilisation de l’eau. 

L’accès à une eau non conventionnelle saine à des coûts raisonnables est dans le droit fil de la “Révolution verte“ qui permet d’éviter la catastrophe liée à l’explosion des besoins nutritionnels d’une population méditerranéenne en croissance relativement forte. 

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