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L’Université et la création d’entreprises Par Professeur Abdelaziz DAOUD Expert ONUDI

novembre 11th, 2019 | by admin
L’Université et  la création d’entreprises    Par  Professeur Abdelaziz DAOUD  Expert ONUDI
FORMATION
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Dans la population de nos étudiants, il existe des jeunes gens et des jeunes filles qui ont déjà des idées et des envies de se lancer dans un projet d’activité. Malheureusement, les envies sont tempérées par la difficulté de la tâche et le risque pris et, par conséquent, les projets n’aboutissent pas toujours. Aussi, la détection de porteurs de projets dans toutes les disciplines de l’université permettra-t-elle d’avoir des projets de natures très diverses, depuis le “très technologique” jusqu’au “service”.

Le mélange de compétences variées au sein de « la couveuse d’entreprises » est également, une anticipation sur les atouts nécessaires à une réussite sur le marché et une volonté délibérées de pousser à la collaboration au sein de la couveuse des étudiants issus de spécialités  différentes .

Il est, par ailleurs, utile de préciser que l’idée de création d’activités n’est pas réservée aux diplômés les plus avancés. Des étudiants de premier cycle ou de second cycle pourraient se révéler de bons porteurs de projets.

Néanmoins, dans le démarrage du dispositif, nous centrerons nos efforts sur la population des doctorants et des ingénieurs.

Plusieurs considérations nous y conduisent:

Tout d’abord, la professionnalisation de leur cursus les conduit, tout naturellement, à se poser la question de leur entrée dans le monde du travail 

La plupart d’entre eux, au cours de leur dernière année, se sont déjà frottés à une expérience professionnelle, ont entrevu des possibilités d’activités ou l’idée qu’ils pouvaient répondre aux besoins, faire mieux que ce qu’ils ont vu faire, etc. 

Les premiers déclics d’un projet peuvent être nés.

• Ils sont souvent inhibés, ensuite, en raison de la difficulté à se lancer, le manque d’expériences porteuses dans le milieu familial et l’absence de formation.

Une ligne de conduite, accompagnement, autonomie et responsabilisation du porteur du projet 

La ligne de conduite du dispositif régional de couveuses d’entreprises sera l’accompagnement. Cela signifie que c’est l’initiative du porteur du projet qui sera privilégiée de façon constante et que c’est autour de chaque projet que seront mobilisées au fur et à mesure des besoins. les compétences ad hoc. L’accompagnement se fera ainsi, de l’idée jusqu’à son aboutissement, à l’issue de quelques mois, en une création ou une reprise d’activité. ou en la décision de ne pas donner suite.

Il ne s’agit pas de l’élaboration a priori de quelconques cours: il s’agit, dés le début. du processus d’une mise en œuvre du projet. Le porteur d’idées est responsable de son projet: il est déjà en situation. Tout le dispositif est destiné à lui donner de l’autonomie, à faciliter la réussite du projet. mais pas à lui inculquer dans l’abstrait ce qu’il faudrait faire.

• Certains autres franchissent le pas et nombre d’étudiants de nos formations de troisième cycle reviennent voir leurs enseignants dans leurs laboratoires pour demander avis et conseils; tout cela se faisant de façon dispersée et isolée la plupart du temps.

• Par ailleurs, la fin de leur cursus les a déjà installés dans les laboratoires qui peuvent constituer un des appuis de base de la “couveuse d’entreprises”.

Il convient de souligner, en outre, que ce dispositif sera également accessible à d’anciens étudiants, déjà dans le monde du travail depuis quelques années, souhaitant créer, reprendre ou développer une activité.

Leurs expériences seront précieuses pour l’ensemble du groupe des porteurs de projets et confronteront les néophytes aux réalités de la vie de l’entreprise.

Sensibiliser les étudiants dès leur entrée dans l’enseignement supérieur

Le dispositif devra également développer une opération de sensibilisation des étudiants à la création des activités, dès leur entrée dans l’enseignement supérieur.

• Dans un premier temps, il peut s’agir simplement d’éclairer le plus grand nombre d’étudiants sur le rôle et la démarche de l’entreprise dans le contexte économique actuel. Il s’agit, par exemple, d’organiser des conférences intégrées dans le cursus, de cadres et de dirigeants de PME-PMI.

• Dans un second temps, des étudiants volontaires pourront accompagner les porteurs de projets dans leur démarche de création. Ils pourront ainsi vivre une expérience qui sera peut être la leur plus tard. 

Ces deux temps de formation constituent la sensibilisation et la préparation permanente à la phase opérationnelle de création d’activités.

Un diplôme d’université pour construire le projet 

Cette approche doit permettre de transformer l’idée de projet en un projet réalisable. Quatre études sont à mener : l’étude du produit ou du service en termes de finalités, la faisabilité technique et économique, l’étude financière ct l’étude juridique.

• L’étude du projet ou du service:

Elle s’apparente à une analyse de la valeur telle qu’elle est menée maintenant par les entreprises lors du lancement d’un nouveau produit. Elle se compose de l’étude de marché, de l’analyse fonctionnelle, de l’évaluation des coûts et de la recherche des actions commerciales adaptées au produit ou au service.

• La faisabilité technique et économique:

Une fois les finalités du produit ou du service définies, il s’agit de passer à la réalisation proprement dite. Il est donc nécessaire de choisir et d’évaluer les solutions répondant aux finalités requises. Cela peut passer par la réalisation d’un prototype ou d’une simulation.

• L’étude financière:

Elle permettra de répondre à trois questions essentielles : L’activité sera-t-elle rentable? Combien doit-on apporter pour faire démarrer puis vivre l’entreprise? Est-ce que les sorties d’argent seront compensées au même moment par des entrées d’argent de façon à ne jamais avoir de problème avec la banque ? L’établissement des comptes prévisionnels et précisément du compte de résultat, du plan de financement et du plan de trésorerie permettra d’y apporter les réponses.

• L’étude juridique:

L’étude juridique consiste à préparer “l’emballage légal” de l’activité économique (commerciale ct financière} qui vient d’être définie. Le choix de la structure juridique dépend à la fois d’obligations et d’un certain nombre d’options personnelles: le niveau de responsabilité à assumer, le degré de contrôle à exercer, la capacité financière, le type d’activité exercée, le statut fiscal et social du chef d’entreprise, la volonté ou non d’association.

Les connaissances nécessaires à ces quatre études sont acquises à travers des modules intégrés dans un diplôme d’université intitulé “Création d’entreprise”. Il est construit pour accompagner le porteur du projet dans la construction de celui-ci, en le rendant acteur de sa formation à travers la mise en place d’un parcours individualisé de formation. Au terne de la formation, le plan d’affaires du projet doit être conçu et le démarrage de l’activité imminent.

Les compétences 

de l’université

L’étude de faisabilité technique et économique (pouvant nécessiter la réalisation d’un prototype ou d’une simulation…) est facilitée grâce à l’ensemble des compétences disponibles au sein des établissements d’enseignement supérieur.

Les étudiants peuvent alors bénéficier du soutien des enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs de leur formation initiale, sous la forme de conseils.

Diplôme d’université “Création d’Entreprises”

1) Les modules: La formation se déroule sur un semestre universitaire et comprend sept modules se succédant sur cette période:

• Un module d’introduction destiné à créer une dynamique de groupe, à évaluer sa capacité à créer et à manager et à faire connaissance avec l’entreprise et son fonctionnement (notamment à travers un jeu);

• Un module pour l’apprentissage et la maîtrise des techniques de communication;

• Trois modules pour bâtir le projet de création d’activité (étude du produit ou du service, de son marché, étude financière et juridique);

• Un module pour construire son équipe et éventuellement préparer un recrutement:

• Un module pour travailler la dimension du projet (importation/exportation).

2) Le déroulement : Le rythme de formation est conçu de façon à respecter l’ordre chronologique habituel de la création d’activité et prévoit, entre autres. les groupes de travail. les réunions-chantiers et les expertises. Cependant. en fonction de l’évolution du projet. il peut être nécessaire de traiter à nouveau certains points déjà abordés précédemment (ou même de réaliser un travail itératif). Les expériences sont destinées. également, à faciliter cette démarche itérative.

Les sept modules sont abordés lors de huit séminaires, d’une durée d’une semaine chacun, répartis régulièrement sur le semestre.

Dans le but de fédérer le groupe des porteurs de projet. de le dynamiser et d’y inculquer un esprit entrepreneurial, les séminaires doivent être associés à une vie collective du groupe. A cet effet, la localisation géographique des séminaires est variable et repose surl’offre d’accueil des différentes villes de la région. Ainsi, les porteurs de projets pourront découvrir différents sites économiques de la région, au fur et à mesure du déroulement des hui séminaires.

3) Le recrutement : Préalablement à son admission dans le diplôme d’université, le candidat doit faire “mûrir” son idée pour l’amener au stade de projet.

Il est aidé, dans cette démarche personnelle, par une méthode de travail élaborée dans le cadre de ce dispositif.

Cette méthode de travail lui permet d’effectuer un bilan personnel et professionnel par rapport à son projet et, également, de définir les grandes lignes du projet.

Ce travail doit conduire à l’élaboration d’un dossier de candidature dont le contenu est fixé par la commission d’évaluation définie précédemment. L’admission est prononcée après examen des dossiers par la commission d’évaluation et suite à un entretien avec celle-ci.

N.B: Le dispositif est également ouvert à de jeunes créateurs, ayant donc déjà démarré leur activité, mais en quête de formation ou d’un travail accompagné pour affirmer leur position. Dans ce cas, le candidat est auditionné par la commission d’évaluation qui prononce ou non l’admission dans le dispositif.

L’évaluation 

des compétences

Le diplôme d’université étant conçu comme un dispositif d’accompagnement à la création d’activité, il s’avère inopportun da mettre en place un contrôle des connaissances classique, basé sur des épreuves écrites théoriques.

En fait, l’acquisition de compétences se traduira par la réalisation d’un plan d’affaires clair et solide du point de vue des études menées (analyse de la valeur. étude de marché, étude financière, étude juridique.….).

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