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Le Centre Technique d’Aquaculture met en œuvre sa vision stratégique à l’horizon 2030

juillet 18th, 2019 | by admin
Le Centre Technique d’Aquaculture   met en œuvre sa vision  stratégique à l’horizon 2030
Economie
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On s’accorde, à travers le monde, que l’AQUACULTURE est l’une des réponses les plus efficaces et les plus efficientes apportées à la problématique de la surpêche et aux besoins croissants en produits halieutiques.

La Tunisie n’est pas exclue de cette mouvance universelle : la création du CENTRE TECHNIQUE D’AQUACULTURE, CTA, dans le cadre de la stratégie nationale de la promotion du secteur de l’Aquaculture, était perçue, à juste titre, comme un signe avant-coureur de sa montée en puissance.

Aujourd’hui, ce Centre est mobilisé autour de Projets visant à atteindre les plus forts taux de croissance.

2009-2019 : En dix ans, que de chemin parcouru d’une activité presque inexistante à un secteur bien structuré apprécié par ses acquis, ses résultats et sa dynamique nouvelle et qui arrive à exporter.

« Aujourd’hui, notre secteur produit aux alentours de 22 mille tonnes de poissons d’Aquaculture, réparties entre l’Aquaculture marine, à hauteur de 95% et l’Aquaculture pratiquée dans les eaux douces, qui représente 5% de la production totale.

Son paysage, en termes de structures de production, comprend 29 fermes d’élevage de poisson marine, 9 fermes de conchyliculture, produisant des moules et des huîtres, 6 fermes d’élevage de poisson d’eau douce, une ferme de pénéiculture produisant des crustacés, 7 fermes d’algoculture, 2 écloseries de poissons marines, 2 autres de poissons d’eau douce, une écloserie de crevette et quatre usines de fabrication d’aliments de poisson», explique Dr. Foued Mestiri, Directeur Général du CTA.

Ce dernier s’est donné les moyens de ses ambitions qu’il a consolidés au fil des ans : Sur le plan des ressources humaines, il s’est doté de compétences techniques, d’ingénierie et de management qui n’ont d’autre visée que le développement de l’Aquaculture en Tunisie, conformément à la stratégie de l’Etat. Et en matière d’infrastructures, le Centre dispose d’un siège social à Tunis, d’une station pilote d’aquaculture marine à Monastir, d’un projet pilote d’élevage de crevette à Melloulech et d’une station pilote d’aquaculture en eau douce à Boumhel.

Le CTA s’est investi avec ses compétences dans : 

1- L’encadrement et l’assistance des aquaculteurs afin : 

– d’améliorer la productivité et la rentabilité économique des unités aquacoles; 

– d’aider les aquaculteurs à trouver les solutions adéquates et pertinentes aux problèmes rencontrés tout au long du processus d’élevage aquacole, conformément au Code de bonne conduite. On en cite les éventuelles pathologies, la croissance, l’alimentation autorisée etc.

2- la formation : Etant au centre de toutes les préoccupations, l’aquaculture bénéficie de sessions de formation sur des thèmes spécifiques, d’ordre technico-économique et sanitaire plus précisément. La démarche qualité est toujours privilégiée, car le poids de la connaissance opérationnelle est essentiel dans l’obtention de la qualité du produit.

En effet, les unités d’élevage aquacole devraient se doter d’une culture très technicienne, avec une dominante de développement organisationnel en faveur de la qualité du produit et par conséquent de la satisfaction du client et du consommateur final.

3- Le transfert du savoir :  Le CTA ne cesse d’œuvrer pour établir le lien vertueux entre la recherche scientifique et la profession en vue de transférer d’une manière efficace et tangible ses résultats ainsi que les connaissances et technologies de l’espace expérimental à l’espace du projet pilote.

4- L’innovation : Amené à faire de l’Innovation une arme stratégique et un avantage concurrentiel de premier ordre, le Centre agit dans cette perspective en étudiant les opportunités de développement de nouvelles techniques aquacoles, en introduisant de nouvelles espèces et en proposant de nouveaux thèmes de recherche en Aquaculture.   

5- Le soutien au Développement : C’est dans ce cadre que le Centre assure des activités d’ensemencement d’alevins de poissons dans les retenues de barrages offrant ainsi l’opportunité de pratiquer la pêche en eau douce.

6- La transmission de l’information : Etant persuadé que l’information est un outil de prise de décision et une composante essentielle de la capacité d’adaptation des fermes d’élevage aquacole, le CTA publie des revues et des recherches scientifiques dans le domaine aquacole et organise des Journées d’information sur le secteur. Il ne s’agit pas d’un simple éclairage ou d’un « produit de luxe » à offrir ; mais d’un véritable levier du progrès.

Les valeurs cardinales du Centre

La réussite du CTA s’est bâtie sur une culture profondément enracinée, qui trouve son expression dans ses finalités et ses quatre VALEURS cardinales :

– La qualité : celle-ci s’est cristallisée avec l’obtention de la certification ISO 9001 version 2015 ; elle est également le reflet de la qualité des collaborateurs et collaboratrices qui font partie du Centre.

– La Maîtrise : La réussite du Centre ne doit rien au hasard ; elle s’explique par la capacité des équipes à maîtriser leur métier, à utiliser pleinement leur efficacité potentielle et à capitaliser leurs expériences.

– L’Innovation : cette Valeur porte sur le rôle des ressources humaines dont disposent à la fois le Centre et les exploitations aquacoles dans le processus de production et de diffusion de l’innovation technologique. Elle vise l’amélioration d’un procédé d’élevage, la maîtrise de son coût de revient, l’optimisation de l’opération, la création d’une nouvelle trajectoire dans le but de développer une technologie donnée.

– L’ouverture : La culture qui règne au sein du CTA se traduit également par une grande ouverture tant nationale qu’internationale qui se reflète à travers des accords de coopération établis dans un but ultime : développer et préserver une Aquaculture durable, économiquement viable, et vertueusement saine.

Une stratégie de développement aquacole à l’horizon 2030

Dans une perspective économique, sociale et de développement durable, le CTA a défini, en collaboration avec ses partenaires nationaux, l’INSTM, la Direction Générale de la Pêche et de l’Aquaculture, le GIPP, l’APIP et la Fédération Nationale de l’Aquaculture, une stratégie visant à promouvoir l’activité aquacole en Tunisie.

« Cette stratégie dessine, a priori la trajectoire économique de cette activité qui devrait atteindre 60 mille tonnes de poissons de l’élevage par an, en 2030; sachant que les pays du bassin méditerranéen en produisent prés de 2,9 millions de tonnes par an et envisagent de doubler leur production à l’horizon 2030, » précise Dr. Foued Mestiri.

« Les fortes potentialités de développement de l’Aquaculture, en Tunisie, ne peuvent en aucun cas nous laisser indifférents. C’est d’ailleurs pourquoi une grande Etude sera lancée prochainement pour déterminer sur le plan territorial, les nouveaux sites d’élevage de poissons d’eau de mer.

Notre vision stratégique aura le mérite d’opérationnaliser un programme de développement aquacole qui consiste, entre autres, à se concentrer sur l’élevage de nouvelles espèces comme le maigre, le pagre, la sériole et la crevette, dans le milieu marin et le tilapia en eau douce, un poisson très demandé et qui se vend à un prix abordable », ajoute-t-il. 

En effet, cette vision stratégique induit un consensus autour des objectifs suivants : 

– Assurer la continuité des activités d’encadrement des projets d’aquaculture marine en vue d’améliorer leur rentabilité.

– Etablir un Label qualité pour certains produits aquacoles pour soutenir leur commercialisation à grande échelle sur le marché local et leur exportation vers des marchés prometteurs.

– Diversifier la gamme de poissons d’Aquaculture proposés au consommateur en introduisant de nouvelles espèces.

– Produire 10 millions de larves de PL20 et 50 tonnes de crevette blanche (Penaeus Vannamei) dans le cadre du projet pilote d’élevage de crevette de Melloulech, au gouvernorat de Mahdia.

– Encourager et assister les investisseurs dans la création de projets d’élevage de crevette.

– Produire cent millions de naissains de bivalves d’huître creuse (crassostrea gigas) et de la palourde (Ruditapes decussatus) dans l’écloserie de bivalves de Bizerte.

– Produire 10 millions d’alevins de carpes chinoises dans la station pilote d’aquaculture d’eau douce de Boumhel.

– Produire cinq cents mille alevins de Tilapia mono sexe dans la station pilote de Bechima.

– Assurer la continuité du stockage des poissons d’eau douce dans certains barrages tunisiens.

– Et optimiser la commercialisation et la consommation d’espèces de poissons d’eau douce.

Un nouveau créneau porteur

Le CTA a parié depuis longtemps sur la diversification d’espèces de l’élevage pour améliorer la part des produits de l’aquaculture dans le panier de la ménagère. Le Projet pilote d’élevage de la crevette blanche entrepris à Melloulech au gouvernorat de Mahdia sur 23 hectares, est une consécration de cette orientation stratégique. Il a été lancé en 2012 grâce à un don de 5 millions de dinars, octroyé par la Chine.

Trois ans plus tard, la ferme pilote sous serre a commencé à produire de la crevette asiatique Penaeus Vannamei. Celle-ci a l’avantage d’être particulièrement résistante et de croître rapidement. Six mois d’élevage suffisent pour qu’elle ait une taille commerciale de 20 à 25 grammes. Son coût de production est estimé à 10 dinars le kilo. Elle peut prendre l’offensive sur le marché local des crustacés à un prix abordable de 20 dinars.

Se lancer dans ce type de projet n’est pas lourd en termes d’investissements. Il suffit d’avoir des bassins d’eau mitigée (eau de mer + eau douce) parce que ce type de crustacé tolère une faible salinité ; cependant, il exige, impérativement, une température ambiante qui ne soit pas au dessous de 14°C.

« Une Etude approfondie est menée actuellement dans le but de définir les moyens susceptibles d’optimiser l’exploitation de ces 23 hectares, le nombre de bassins, les process et les moyens qu’il faut mettre en œuvre. L’objectif étant de pouvoir élever les crevettes en plein air tout en garantissant les impératifs Rentabilité économique, Qualité, et Sécurité alimentaire », indique le Directeur Général du CTA. 

Une vingtaine de promoteurs désireux d’adhérer au développement de ce Projet ont reçu une formation théorique et surtout pratique pour faire de leurs audaces les succès de demain. Cette formation porte essentiellement sur la technique d’élevage, le contrôle de la crevette, son alimentation et la supervision du volet sanitaire. D’autres formations sont en cours .

Aquaculture, Sécurité alimentaire  et Labellisation

Nul doute que le poisson de l’aquaculture a la même valeur nutritive que le poisson sauvage. Et si l’on procède à un banc d’essai, on peut affirmer que ce dernier est exposé au risque d’être contaminé par des métaux lourds, par exemple. Contrairement au poisson de l’aquaculture qui bénéficie d’un suivi rigoureux tout au long de sa croissance.

« Une ferme moyenne qui représente un investissement de 10 millions de dinars pour produire de 600 à 700 tonnes de poissons, par an, est économiquement parlant, un engagement sérieux qui va de pair avec le souci permanent de réussite. Le promoteur a de bonnes raisons de voir sa ferme sur la bonne voie », précise Dr. Foued Mestiri.

En effet, toute ferme de production dispose d’un vétérinaire aquacole qui veille au bon fonctionnement de la dimension sanitaire.

Le prochain challenge serait de voir croître rapidement l’AQUACULTURE Labellisée « biologique ». Ses produits seront suffisamment prisés sur le marché même s’ils sont plus chers que ceux de l’aquaculture conventionnelle dont les prix de vente (daurade et loup) n’ont pas évolué ; au moment où ceux de l’alimentation et des alevins importés (70% du coût de revient) ne cessent de flamber.

L’aquaculture de niche comme celle labellisée bio, née d’un nouveau paradigme, permettrait de dépasser les clivages stéréotypés, et de répondre aux exigences d’une strate sociale bien définie. 

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