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STUMAR

janvier 22nd, 2019 | by admin
STUMAR
Economie
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Le combattant pour la dynamisation du Port de Bizerte

Depuis Août 2009, date de son redémarrage sous l’enseigne de son acquéreur, SMC Bahria et son partenaire allemand, la Société Tunisienne Maritime, STUMAR, surprit par un dynamisme générateur de progrès confirmé par les chiffres. Elle a eu le mérite d’avoir été à l’origine de l’émergence et du développement du trafic conteneurisé qui était totalement absent dans ce Port. Elle s’est également révélée d’autant plus active qu’elle a trouvé de « bons gisements » en logistique, réconfortant l’idée que « la bataille des ports se gagne à terre ».

Créée en 1960 pour le chargement et le déchargement de marchandises au Port de Bizerte, STUMAR avait du mal, dans les années 2000, à faire preuve d’une grande efficacité pour pouvoir s’accommoder d’un environnement commercial croissant et complexe.

Au mois de mai 2009, elle a été rachetée par SMC Bahria et un groupe allemand. Quatre mois plus tard, l’entreprise a redémarré avec un nouveau souffle, en tant qu’entrepreneur privé de la Manutention au Port de Bizerte et qu’acteur audacieux capable de saisir les opportunités du marché.

« Nous avions avec notre partenaire une vision parfaitement claire de ce que nous voulions faire. Nous étions prêts à investir. C’était un pari sur le futur», explique M. Belgacem Farhat, Gérant de la Société. 

Le top management de la société avait une approche rationnelle et pragmatique des problèmes qu’il fallait résoudre et une rigueur de raisonnement pour assurer son avenir et réussir à s’entourer des compétences nécessaires pour s’adapter aux changements et atteindre les objectifs déjà fixés.

Au début de la reprise, STUMAR détenait une faible portion de l’activité portuaire. Et la part du lion était accaparée par l’entrepreneur public. Du côté des cargaisons déchargées, elles étaient des marchandises diverses (bois, sucre, métaux ferreux…), qui ne reflétaient malheureusement pas la bonne position que devrait occuper le Port de Bizerte en tant que locomotive de la dynamique économique de la région et de son hinterland.

Avoir les moyens 

de ses ambitions

Partant du fait qu’une entreprise doit avoir les moyens de ses ambitions pour atteindre ses objectifs, STUMAR a investi pour l’acquisition de matériels de manutention appropriés. C’était un investissement de capacité et non de renouvellement parce que les cédants recouraient à la location.

L’impact de cette opération d’investissement ne s’est fait pas attendre: sa part dans l’activité de manutention s’est nettement améliorée.

STUMAR a réussi à drainer vers le Port de Bizerte-Menzel Bourguiba des marchandises qu’il ne connaissait pas comme les billettes destinées aux entreprises de production de fer à béton.

Un trafic de grandes quantités de ces cargaisons a été assuré, sur le plan de la manutention par la Société.

L’artisan de la conteneurisation  au Port de Bizerte

« On a assisté au Port de Bizerte à la naissance et au développement rapide de la conteneurisation. C’était grâce à l’initiative louable de STUMAR. Celle-ci a commencé à s’y préparer en début de l’année 2010. En septembre 2011, le premier porte-conteneurs a accosté au Port de Bizerte ; cet entrepreneur privé a géré convenablement la manutention de sa cargaison. Pour pouvoir franchir cette étape décisive dans son développement, il a exploité un terrain à proximité du Port, pour le stockage des conteneurs vides et des conteneurs à expédier, compte tenu de l’exiguïté de l’espace portuaire.

Malgré certains progrès, cette opération a été étouffée par des obstacles d’ordre administratif et douanier. D’où l’idée de chercher un espace hors zone portuaire, en guise d’appui à cette zone. Dans cette optique, la société a acquis en 2014 un terrain qui a servi comme plateforme logistique. Celle-ci a été édifiée en l’espace de neuf mois. L’investissement y afférent a atteint le cap de sa politique de développement en faveur de la dynamisation des flux sur le Port de Bizerte. Un pari sur le futur. En effet, cette plateforme à vocation logistique réconforte l’espace portuaire en s’ouvrant sur l’arrière-pays qui constitue une forte concentration démographique, urbaine et économique.

« Nous pensons que la bataille des ports se gagne à terre. Au-delà des coûts des escales et de manutention, du nombre de conteneurs et des volumes de marchandises traités et des classements qui peuvent en résulter, la compétitivité des ports découle surtout de la stratégie globale de services. Ces derniers se traduisent par des capacités logistiques comme les nôtres, par la connexion entre les différents modes de transport à terre, par la connexion à l’hinterland et aux principaux besoins économiques comme celle que nous avons établie»; souligne Béchir Boughattas, Directeur de STUMAR.

Celle-ci a eu le mérite d’avoir perçu l’origine de la compétitivité d’une place portuaire. Elle est déterminée par l’offre stratégique globale de services qu’elle est en mesure de proposer à sa clientèle.

Cet entrepreneur privé de la Manutention est capable, grâce à sa plateforme logistique, de décharger et stocker une cargaison de 50 mille tonnes de sucre en cinq jours. Auparavant, cette opération durait un mois, avec ce que cela engendre comme surestarie (dépassement du temps convenu par contrat pour le chargement ou le déchargement d’un navire). Cette plateforme, une aire de stockage des conteneurs vides, comprend un hangar pour la réception et l’emmagasinage des matières premières dédiées aux industries comme le Sulfate de sodium, l’un des composants importés destinés à la production de détergents. A l’heure du zéro stock et du « just in time », des quantités de cette matière première, selon les besoins, sont acheminées quotidiennement vers les usines implantées à Tunis, à Sousse et à Sfax.  

« Nous avons conclu des Accords de coopération avec des fournisseurs étrangers en vue d’assurer l’interface logistique entre des firmes multinationales productrices de matières premières et les industriels tunisiens. Ainsi, notre plateforme logistique intégrée qui propose une expertise « supply chain » globale, est devenue la principale source d’activité au Port de Bizerte », ajoute-t-il.

Un parc logistique créateur de valeur

L’implantation du parc logistique édifié par STUMAR est déterminée par la proximité des bassins de consommation de matières premières et de produits finis. Le développement de cette réalisation induit forcément des économies d’échelle. Elle retrouve ses lettres de noblesse en s’affichant créatrice de valeur ajoutée pour le client et donc d’emplois. Des connexions par voie terrestre sont établies entre le parc et les points de consommation locaux en phase avec le développement industriel, la mondialisation, et l’impératif de la compétitivité.

« Time is money » : il est désormais certain que le transport maritime, l’entreposage et les opérations qui y sont liées constituent un levier de productivité et de compétitivité. Chargeurs, armateurs et destinataires y trouveront leur compte. La preuve c’est que le Port de Bizerte-Menzel Bourguiba est le seul port en Tunisie sans bateaux en rade. Il n’est pas exagéré de dire que ce parc d’activité logistique est le projet phare de STUMAR.

Un rendement satisfaisant

S’il est un domaine où cette entreprise est la seule à y prendre pied au Port de Bizerte, c’est bien le trafic conteneurisé.

Son parc d’équipements de manutention comprend sept reach stackers pour le chargement et le déchargement de conteneurs.

La valeur de son personnel d’encadrement et d’exécution, sa rapidité et son adresse, ainsi que le matériel portuaire moderne de manutention permettent à cet acconier d’avoir un bon rendement de 13 à 15 conteneurs par heure. 

« Nous avons compensé le coût par le rendement satisfaisant, réplique le Directeur de la société. Il est à signaler que le trafic conteneurisé au Port de Bizerte a atteint 47000 EVP, au 31 Décembre 2018. Une performance qui revient exclusivement aux efforts méritoires déployés par la STUMAR durant les sept dernières années.

Mener la bataille pour mettre à niveau le Port

Cette performance a été obtenue malgré les conditions lamentables dans les quelles œuvraient les acconiers et toutes les parties prenantes : Les travaux de réhabilitation de 50% des terre-pleins ont démarré en début de l’année 2018 ; mais ils étaient interrompus, à leurs débuts, à cause de la défaillance de l’entreprise qui a commis le même acte déraisonnable dans d’autres ports en Tunisie.

L’OMMP, écœuré et victime de l’application erronée de la règle du Moins-disant dans les marchés publics, essaie de s’en sortir, conformément à la règlementation en vigueur. Cela va prendre, malheureusement, encore du temps.

« Depuis 2012, nous avons déployé des efforts soutenus, en collaboration avec les autorités régionales et l’OMMP, pour que des mesures inhérentes à l’extension du Port de Bizerte-Menzel Bourguiba, soient prises. Nous pourrons gagner près de quatre hectares; ce qui permettra de doubler sa superficie actuelle ; indique M. Béchir Boughattas.

Après cinq ans, l’espace portuaire s’est débarrassé de la station de louages, et de la friperie qui ont été transférées ailleurs. Cependant, les hangars vétustes de la Société Tunisienne de Sucre, construits dans les années 60, sont encore les abcès du Port.

Les progrès techniques et l’évolution économique se sont imposés à tous les ports et ont transformé peu à peu les caractères de chacun, tendant d’ailleurs à diminuer les différences entre eux : ce sont des ports de transit et non de stockage. Le Port de Bizerte ne devrait pas faire l’exception.

Malgré tout, la STUMAR ne cesse d’avancer. Elle affiche une bonne santé et espère que l’aménagement de l’extension sera réalisé le plus tôt possible pour atteindre ses objectifs.

Un Pari sur le futur

Bizerte, grâce à sa situation géographique stratégique dans le bassin méditerranéen a un potentiel de développement considérable. C’est la porte de la Tunisie sur l’Europe et un pôle qui reste à valoriser compte tenu de sa proximité par rapport aux grandes lignes maritimes. Ce sont ses principaux acteurs qui ouvrent des perspectives prometteuses.

« Nous parions sur notre capacité de générer de la valeur ajoutée à nos clients et de contribuer, par conséquent, à la croissance de notre pays, souligne-t-il.

STUMAR investit et réinvestit. Un pari sur le futur.

Le dernier investissement en date anticipe l’état futur une fois les hangars de la STS seront démolis et le poste à quai N°6 d’une longueur de 200m sera réalisé.

Sans oublier l’initiative de la société qui consiste à aménager des espaces supplémentaires pour  augmenter sa capacité de réception des conteneurs EVP. Les travaux ont commencé et seront achevés dans quelques mois. STUMAR et son partenaire allemand, en investissant massivement, font preuve d’une forte croyance en l’avenir du Port, de la ville et de son éco-système maritime.

Pariant sur le futur, les deux partenaires ont défini clairement une stratégie de développement des services logistiques à terre et vont au-devant des besoins des clients en adoptant une démarche prospective : Le Futur se construit aujourd’hui.

Une GRH motivante

En 2009, à la veille de son rachat, STUMAR employait 23 personnes. Aujourd’hui, elle emploie cent collaborateurs permanents et 150 occasionnels. A cela s’ajoutent des  centaines d’emplois indirects. Sa Gestion des Ressources Humaines constitue une deuxième raison par la quelle s’expliquent ses performances, sa réussite et sa croissance.

En effet, STUMAR jouit d’un climat social serein grâce à l’harmonisation totale de son Système de GRH à sa stratégie de croissance par le biais d’actions de motivation : Formation, intéressement, et divers instruments d’ordre social qui renforcent la loyauté et l’adhésion de tous à leur entreprise.   

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