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Chokri Lamiri, Directeur Central chargé du Port de Sousse

novembre 19th, 2018 | by admin
Chokri Lamiri,  Directeur Central chargé  du Port de Sousse
Transport/Logistique
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A l’instar de la plupart des ports de la Méditerranée, le port de Sousse est un port de front de mer, étroitement lié, à l’import comme à l’export, aux activités économiques de la métropole de Sousse, et d’un large hinterland. Avec son trafic de «divers », ce port est le poumon de l’une des zones les plus dynamiques de la Tunisie : le Sahel, le Centre et le Centre Ouest du pays. M.Chokri Lamiri, Directeur Central chargé du Port de Sousse, pré-sente à nos lecteurs, le présent et le futur du port.

 

La Revue de l’Entreprise : Voulez-vous présenter à nos lecteurs le port de Sousse ?

Chokri Lamiri :

Situé en plein centre du pays, le port de Sousse est classé parmi les petits ports de la rive Sud de la Méditerranée, malgré la position stratégique qui le caractérise et qui lui permet d’avoir un large hinterland composé de quatre gouvernorats : Monastir, Kairouan, Kasserine et Mahdia.

Le Port est constitué de deux rives indépendantes l’une de l’autre : la rive Nord et la rive Sud.

Son chenal d’accès ayant 820m de longueur, 55m de largeur et de tirant d’eau de   10,5m.

Le port de Sousse dispose d’un bassin principal de 21 hectares, d’un cercle  d’évitage de 300m et de 7 postes à quai : Situé à la rive nord, le poste à quai N°1 est de 125m de longueur, les postes à quai 2,3 et 4 d’une longueur totale de 307m et le poste à quai N°5 est de 175m de longueur, ces postes à quai ont le même tirant d’eau de 8,5 m.

Cette rive nord traite principalement les marchandises conteneurisés et les marchandises en vracs.

A la rive Sud, le poste à quai N°6 a 170m de long et est dédié au chargement de sel  le poste à quai N°7 est de 220m de long, avec un tirant d’eau de 8,20m et de 30m de retour conçu pour l’accostage des navires    RO-RO.

Ses mille mètres de postes d’accostage et près de 10 ha de terre-pleins déterminent déjà la capacité du port qui ne dépasse pas les 1,5 million de tonnes par an, si l’on se conforme aux normes de sécurité, mais en réalité, le trafic des marchandises du Port est de l’ordre de 2,5 million de  tonnes par an.

La Revue de l’Entreprise: Peut-on affirmer que l’activité du port de Sousse connait une évolution exponentielle ?

Chokri Lamiri :

Effectivement, les flux de marchandises à travers le port de Sousse ne cessent d’évoluer, passant de  1,858  million de  tonnes en 2012 à 2,293 million de  tonnes en 2017et  enregistrant une apogée en 2015 avec plus de 2,4 million de tonnes.

Durant les neuf premiers mois de l’année en cours, il a assuré un trafic de 1,965 millions de tonnes dont 746.050 tonnes à l’export enregistrant une évolution de 52% par rapport au tonnage réalisé en 2017 (491.805 tonnes) durant  la même période. Le trafic global a enregistré un taux d’évolution de 15%.

De même, le nombre d’escales est passé de 472 en 2017 à 585 escales soit un taux de croissance de 24%. Et le nombre de conteneurs suit également la même tendance : on est passé de 39.808 EVP de l’année précédente à 47.262 EVP en 2018, soit un taux de croissance de 19%.

La Revue de l’Entreprise: Peut-on affirmer que le port de Sousse joue pleinement son rôle ? Quels sont les problèmes auxquels il est confronté ?

Chokri Lamiri :

Le port de Sousse assure difficilement ses fonctions de port de commerce au centre du pays vu les conditions difficiles d’exploitations et ceci malgré l’augmentation de sn trafic.

En effet, notre port est confronté à de nombreux problèmes :

– Une superficie limitée des terre-pleins : celle-ci est incapable de supporter l’activité du port qui a nettement évolué durant les dernières années et de répondre à la diversité des marchandises et au trafic de conteneurs.

– Le taux d’occupation des postes à quai est de l’ordre de  85% ; sachant que  la norme ne doivent pas dépasser les 65% ; si non, il faudra engager une extension.

– les attentes en rades sont de l’ordre de 30 heures;

– Le tirant d’eau qui ne dépasse pas les 8,5m et le cercle d’évitage  du port de 300m  constituent un handicap majeur pour  l’accostage de grands navires (navires dépassant 165 m) ;

– L’encombrement permanent à l’intérieur du port et à la porte d’entrée extérieure provoquant des bouchons au niveau de la circulation dans la ville ;

– Largeur limité du chenal d’accès ;

– L’interférence des activités commerciales et celles de la pêche et de plaisance dans le même bassin ;

– Enfin, la séparation des deux rives oblige les intervenants portuaires à passer par le centre de la ville.

Tous ces problèmes pénalisent le bon fonctionnement du port et son activité qui ne cesse de croître.

La Revue de l’Entreprise :

Avez-vous un plan d’action pour les années à venir ?

Chokri Laamiri :

Le plan d’action du port de Sousse s’articule autour de trois grands axes:

– A court terme :

La réalisation de projets d’aménagement des quais et des terre-pleins jusqu’au 2020. C’est dans ce cadre qu’il y a eu le réaménagement des terre-pleins de la rive Nord, en 2011-2012, avec une enveloppe de 4 millions de dinars et la reforme structurels des quais de la rive nord et les digues de la rive nord et le rive sud. Ces travaux qui se sont étalés de 2011 à 2013 et représentaient un coût de 11 millions de dinars. Il y a eu la   remise en état du quai N°7, durant la période allant de 2012 à 2017, nécessitant un investissement de 7,2 millions de dinars.

En 2015, il y a eu le réaménagement de la route d’accès à la rive Sud ; ce qui représentait un coût de 1,9 million de dinars. Et en novembre 2017, des travaux d’un coût de 4,5 millions de dinars ont été réalisés pour le réaménagement des terre-pleins de la rive Sud.

Pour résoudre, au moins partiellement, le problème de l’encombrement dont souffre la rive Nord, l’OMMP à envisagé l’aménagement du lot du terrain occupé auparavant par l’école supérieur de transport et l’affectation de sa superficie à celle des terre-pleins de cette rive. Le coût de ce projet est estimé à 6 millions de dinars.

– A moyen terme :

Vu les atouts majeurs de la région de Sousse qui favorisent le développement des activités de croisières et dans le but de réconcilier le port de Sousse avec la ville, l’OMMP envisage d’entreprendre l’étude d’aménagement d’un terminal croisiériste  à la rive nord du port de Sousse.

Ce projet qui sera réalisé en PPP, comprend deux postes à quai d’une longueur respectivement de 250 et 300m pour l’accostage des navires croisiéristes.

.Cette grande réalisation aura un impact direct sur la dynamisation économique et la propulsion des activités commerciales et touristiques de la Médina de Sousse et renforcera sa place en tant que capitale touristique méditerranéenne.

A long terme :

La rive Sud qui se situe à proximité des zones industrielles sera exclusivement dédiée aux activités commerciales. Des travaux d’extensions seraient réalisés entre 2025 et 2040 en vue de créer des terminaux à conteneurs et un terminal vraquier et une grande Zone d’Activité Logistique.

C’est donc une logique sectorielle d’efficacité et d’efficience qui impose une telle reconfiguration. Celle-ci aura le mérite de réconcilier la ville avec son port, et de créer un changement fonctionnel des interpénétrations entre héritage portuaire et dynamisme urbano-commercial.

La Revue de l’Entreprise :

Vous avez constitué une structure appelée « La Communauté portuaire ». Quels en sont les objectifs ?

Chokri Laamiri :

La communauté portuaire comprend les différentes intervenants portuaires est composé de : les armateurs, les représentants des agents maritimes, les entrepreneurs de manutentions, la Douane, la Police frontière, l’UTICA la CCI du Centre, protection civile, représentant du gouverneur, représentant du ministère de transport…

Le directeur du port préside tous les trimestres  cette  réunion pour présenter l’activité du  port et améliorer les conditions de fonctionnement et d’exploitation du port.

La Revue de l’Entreprise :

Par quoi peut-on qualifier la manutention portuaire sur les différents postes à quais ?

Chokri Lamiri :

La concurrence entre les deux entrepreneurs  de la Manutention, public et privé, a certainement son impact sur la qualité des prestations et le rendement. Avec les moyens de Manutention disponibles, des Reach Stackers, auxquels s’ajoutent les grues du bord des navires. Les deux opérateurs parviennent à assurer des services de manutention satisfaisants. par exemple le rendement es deux acconiers et de l’ordre de  12 à 13 conteneurs à l’heure.

La Revue de l’Entreprise :

Le Transport multimodal est-il prêt à se développer au Port de Sousse ?

Chokri Lamiri :

Actuellement, ce type de transport qui est une approche globale, n’a pas en-core tous les ingrédients pour se développer.

La desserte du port est assurée par deux accès routiers et un accès ferroviaire au réseau de la SNCFT par des voies de 1475m de long.

Je pense qu’une fois le projet d’un port de commerce à la rive Sud sera réalisé, selon le plan d’action envisagé, le Transport multimodal Mer-Fer-Terre devra s’imposer. En effet, le Transport, est un maillon indispensable qui assure la liaison entre les différentes parties de la chaine logistique.

La Revue de l’Entreprise :

Le mot de la fin…

Chokri Lamiri :

Je pense que le grand projet de reconfiguration de l’es-pace portuaire mettra en lu-mière une évolution inouïe; au nord, deux terminaux de croisière viendront donner une autre dimension au pay-sage touristique sahélien qui saura attirer des touristes nomades en quête d’authenticité enchanteresse. Au Sud, un espace portuaire adapté aux exigences des opérateurs économiques et un corridor logistico-portuaire attractif.

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