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Mohamed Ben Cheikh,  Président du GPPMV

Mohamed Ben Cheikh, Président du GPPMV

octobre 4th, 2018
Transport/Logistique

L’urbanisation qui ne repose pas sur le concept de la Durabilité et le principe d’équilibre entre le bâti et l’espace vert  est vouée au malheur. Elle pourrait provoquer des difficultés de maintien de l’inclusion sociale et de la cohésion entre citadins et favoriser des troubles sociaux, donnant lieu à une hausse de la criminalité, de la violence, du vandalisme, de l’ignorance, du chômage et des extrémismes ainsi qu’un nihilisme destructeur.

Partant de ce constat, le Groupement Professionnel du Paysage et des Métiers Verts a organisé le 24 juillet 2018 à l’Aréna, aux Berges du Lac, en collaboration avec STIHL et FERTI TECH une rencontre sous le thème : “Ville de demain pour une Tunisie verte“; cette action a permis d’évaluer l’état actuel du secteur et d’engager la discussion sur les solutions adéquates qui lui assurent une véritable relance en faveur d’une ville durable.

Pépiniéristes, architectes d’intérieur et paysagistes ont pris part à cet événement organisé par le Groupement Professionnel du Paysage et des Métiers Verts, G.P.P.M.V, relevant de la CONECT.

Dans son mot d’ouverture, Tarek Cherif, Président de cette organisation patronale, a mentionné la nécessité de valoriser le métier de pépiniériste et de paysagiste et a appelé les participants à réussir les conditions nécessaires pour faire de leurs structures des entités viables et pérennes.

De son côté, Boubaker Karray, chef de Cabinet du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, a mis en évidence les atouts dont dispose le secteur, animé d’une volonté commune de progrès, de technicité et d’innovation; ce secteur qui doit jouer la carte de la proximité dans un cadre territorial déterminé pour préparer l’avenir.

La rencontre qui a été suivie dans l’après-midi par l’Assemblée Générale élective du nouveau Bureau du Groupement, s’est articulée autour de deux panels :

– L’état des lieux et les perspectives de la production ornementale entre acteurs et partenaires en Tunisie.

– L’état des lieux et les perspectives de développement des entreprises d’études et d’aménagement paysager.

Selon Mohamed Ben Cheikh, ingénieur de formation, diplômé de l’Institut Supérieur D’Horticulture de Chott Mariem,  Dirigeant de BEN CHEIKH GARDEN CENTER, et Président du GPPMV, le secteur est composé de trois branches :

– les Pépiniéristes qui se chargent de la production des plantes ornementales ;

– les Aménageurs d’espaces verts, de jardins et du paysage, qui se chargent, en amont, des Etudes et de la Conception ;

– et les Métiers verts qui rassemblent les acteurs du recyclage et de la préparation de compost à partir des déchets.

« Ces trois branches interconnectées passent aujourd’hui par un état de léthargie provoquée par une stagnation qui s’est prolongée depuis 2011.

Le secteur n’est pas naissant ; bien au contraire ; son histoire remonte à la date de création de l’Ecole Supérieure d’Horticulture et d’Elevage de Chott Mariem, il y a plus de trente ans.

Au début des années 1990, les enseignants de cette Ecole étaient choisis parmi les diplômés des grandes Ecoles françaises. Ils étaient motivés, enthousiasmés et compétents et ils ont formé un bon nombre d’ingénieurs horticoles qui constituent aujourd’hui l’ossature sur la quelle repose notre secteur.

Ces ingénieurs ont pris par la suite plusieurs chemins : il y a ceux qui ont choisi le métier de pépiniériste, ceux qui se sont orientés vers le Commerce de produits et de matériels d’agriculture et de jardinage et ceux qui ont ouvert des Bureaux d’Etude et de Conseil dans le domaine agricole.

Aujourd’hui, ces structures se trouvent à la croisée des chemins : il faut bien grandir pour ne pas devenir une proie à l’invulnérabilité.

« Faut-il que nous misions sur l’exportation si le marché local paraît sans horizons ? S’interroge Mohamed Ben Cheikh.

L’exportation de biens ou de services horticoles est un signe d’internationalisation fort intéressant puisqu’elle permet de réaliser une croissance forte ; cependant, nos maîtres, les grands théoriciens de l’Economie d’entreprise, nous rappellent la règle qui s’impose partout dans le monde : Toute entreprise doit, obligatoirement, se développer sur son marché domestique avant de s’exporter.

C’est le cas des horticulteurs hollandais et européens d’une manière générale. Ils se sont développés sur leur territoire avant de penser à conquérir des marchés extérieurs.

Aujourd’hui, ils ne sont plus des artisans ; ce sont de vrais industriels qui gèrent leurs entreprises avec les outils de la grande industrie : connaissance du marché, moyens de la politique commerciale (politique de produit, politique de prix, politique de distribution, politique de communication, plan de marchéage), gestion des approvisionnements et de la production, gestion des ressources humaines…

“En Tunisie, nous continuons à travailler d’une manière archaïque, désorganisée et sans aucune vision. Conséquence : Nos produits sont délaissés et ceux importés d’une manière légale ou par la contrebande trouvent leur place sur le marché. C’est pourquoi, nous avons créé le Groupement au sein de la CONECT, avec le soutien bienveillant de M. Tarek Cherif. C’était dans une logique constructive“, précise le Président du GPPMV.

La valorisation du métier de paysagiste

Le GPPMV s’occupe en premier lieu de la Valorisation du secteur, du métier de paysagiste. L’organisation de la Journée se situe dans ce cadre conceptuel. D’autres manifestations comme la tenue de salons, de séminaires ou des expositions à l’occasion du SIAMAP ou du SIAT auront lieu dans le but de mettre en valeur l’importance de ce beau métier.

« Il est temps de prendre conscience de cette importance pour “humaniser“ nos villes et nos agglomérations urbaines qui sont dominées par le béton et les briques, signe de laideur et ne reflètent pas la qualité de vie toujours demandée, à cause de l’absence d’espaces verts et d’espaces de divertissement ; indique-t-il.

Il est donc urgent et vital, selon lui, de se pencher sérieusement sur l’ensemble des stratégies d’aménagement du territoire qui ne sont pas encore mise en œuvre après plus de 60 ans d’indépendance. Ces stratégies qu’il faut mettre en œuvre  doivent intégrer tous les enjeux et principes de développement durable dans l’ensemble des projets urbains et architecturaux actuels ou en cours d’élaboration.

Tout projet urbain doit obligatoirement comprendre des espaces verts (30 à 40% du Projet pour assurer l’équilibre entre le bâti et la verdure et faire de nos villes un espace de vie et non un foyer de la criminalité, de la violence et du terrorisme.

« Sauvons les générations futures, redonnons un avenir à nos villes et mettons fin à la dégradation et à la détérioration continue de notre environnement urbain.

Décideurs politiques, décideurs municipaux, urbanistes, architectes devraient conjuguer leurs efforts pour faire du cadre urbain de nos villes une meilleure qualité de vie.

« A cette démarche, les professionnels des jardins et du paysage sont prêts à offrir leur contribution, selon les règles de l’art et un code de bonne conduite. C’est ainsi que notre secteur, jusqu’alors faiblement innovant et peu valorisé auprès des jeunes et des différentes composantes de la société, sera promis à un bel avenir, générateur d’emplois hautement qualifiés et de croissance.

Le végétal, c’est vital ! Aidez-nous à faire respirer nos villes », conclut-il.

 

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