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Houbeb Ajmi, Directeur Général de l’Université Centrale

juillet 20th, 2018 | by admin
Houbeb Ajmi, Directeur Général de l’Université Centrale
FORMATION
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Développée sur deux Pôles, l’Enseignement universitaire et la Formation professionnelle, d’une manière harmonieuse, l’Université Centrale a eu le mérite d’exceller dans les deux métiers et d’avoir redoré le blason des deux domaines. Sa politique de développement repose sur des valeurs fortes qui constituent, selon Houbeb Ajmi, Directeur Général de l’Université Centrale, le socle vertueux sur lequel le Groupe pourra renforcer sa double dynamique, nationale et internationale. L’entretien.

La Revue de l’Entreprise :

Aujourd’hui, le Groupe L’Université Centrale, avec son Pôle « Formation professionnelle, occupe une place de choix dans ce domaine dans lequel elle jouit d’un leadership remarquable. Voulez-vous présenter à nos lecteurs ce Pôle considéré comme la plus grande plateforme privée de Formation professionnelle en Tunisie ?

Houbeb Ajmi :

L’histoire de notre Pôle de Formation professionnelle remonte aux années 90, avec la création en 1993 de l’IMSET, à Tunis. Ayant pour objectif d’accompagner les entreprises du Grand Tunis, en particulier dans leurs projets de développement à travers une Formation de qualité, cet Institut est multidisciplinaire : il offre des cursus de certificat d’Aptitude professionnelle, CAP, de Brevet de Technicien Pro-fessionnel, BTP, de Brevet de Technicien Supérieur, BTS et de Formation Pro-fessionnelle  Continue qui inclut même un diplôme étranger de licence, mastère ou d’ingénieur professionnel , couvrant des domaines de formation professionnelle diversi-fiés, en symbiose avec les besoins du pays : la Santé et l’agroalimentaire, l’informatique  et le Digital, le BTP et le Design, la Gestion et les Services douaniers, le Cinéma et la Photographie, l’Audiovisuel et le Journalisme.

L’IMSET n’a ménagé ni ses efforts ni les moyens pour mener à bien son expansion géographique en créant des filiales à Nabeul, à Sousse et à Gabès; et à partir de la rentrée, en octobre 2018, il sera présent au Kef pour cibler la région du Nord Ouest et à Bizerte, une région qui affiche un net essor économique.

Notre Pôle comprend également une deuxième Institution, à savoir, l’Académie d’Art de Carthage, AAC, spécialisée comme son nom l’indique, en Arts, en Audio-visuel, et dans les nouveaux métiers du Numérique. Implantée à Tunis, elle a déjà une filiale à Nabeul et en octobre 2018, elle ouvrira ses portes à Sousse.

En un quart de siècle, que de chemin parcouru ! Une évolution remarquable qui témoigne de notre volonté d’aller toujours de l’avant.

Nous avons mis à profit l’expérience acquise au fil des ans et des projets pour assurer notre mission principale : promouvoir l’excellence et l’innovation en matière de Formation professionnelle. Pour y parvenir, nous nous sommes toujours engagés à créer, entretenir et développer un cadre d’apprentissage dynamique et inspirant, favorisant le développement professionnel et technique de l’apprenant et son épanouissement personnel et culturel et à agir comme catalyseur dans le développement de méthodes innovantes de Formation professionnelle.

La Revue de l’Entreprise :

Acteurs majeurs de la Formation professionnelle en Tunisie, l’IMSET et l’AAC s’avèrent un modèle compétitif dans ce domaine trop exigeant. Tous deux n’avancent pas dans le brouillard. Quelle est leur vision partagée ?

Houbeb Ajmi :

Dès le départ, notre projet d’entreprise dans le domaine de la Formation professionnelle, devenu un vrai Pôle d’excellence, avait une vision : canaliser les énergies des apprenants, du corps enseignant, du personnel administratif…mises au service d’un objectif commun : apporter la contribution la plus efficace possible en matière de Formation, comme point de départ et levier du développement des Ressources Humaines et du progrès social, et comme facteur indispensable à l’éclosion et à l’épanouissement des talents. Une vision qui s’est bâtie sur une culture trouvant son expression dans les finalités et les valeurs aux quelles notre groupe croit et fait partager à ses membres.

La Revue de l’Entreprise :

Peut-on affirmer que la volonté de performance qui anime l’IMSET et l’AAC impose un consensus autour de l’Excellence académique ?

Houbeb Ajmi :

Nos institutions mutualisent la pédagogie innovante avec des formateurs compétents et des équipements didactiques et de laboratoires de pointe pour garantir l’Excellence académique.

Aujourd’hui, de nouvelles homologations sont demandées. D’où l’idée de lancer la Réforme de la Formation professionnelle au sein de notre groupe. Dans cette optique réformiste, nous avons jugé utile de proposer des spécialités bien adaptées aux spécificités socio-économiques de chaque région. Une manière rationnelle pour juguler la problématique de l’inadéquation des besoins socio-économiques de la région où l’IMSET s’est implantée et les aptitudes des jeunes diplômés. Leur fournir la bonne boite à outils signifie qu’au Kef, nous orientons les formations vers l’Agriculture et l’Agroalimentaire, qu’à Nabeul, ce sera vers l’hôtellerie et les activités connexes, et qu’à Sousse, nous opterons pour les industries manufacturières comme le textile, la plasturgie et la mécatronique.

Pour ce qui est des méthodes de formation, nous venons de lancer une action de formation des formateurs pour que ces derniers soient plus soucieux de l’output, du résultat tangible de la formation.

Il convient de souligner, à ce stade, les deux types de formation, universitaire et professionnelle, sachant que nous avons eu la chance d’opérer dans les deux champs d’activité.

En effet, au moment où la formation universitaire privilégie la méthode pédagogique de niveau scientifique et théorique ; la formation professionnelle est structurée selon une orientation pratique. C’est d’ailleurs pourquoi l’IMSET se distingue, entre autres, par ses laboratoires dédiés à ses apprenants, des laboratoires très bien équipés, formant l’infrastructure nécessaire pour délivrer une formation de qualité. A cela s’ajoutent les stages qu’effectuent les apprenants dans les entreprises selon la spécialité, marquant une fois encore l’aspiration vers la meilleure formation possible.

La Revue de l’Entreprise :

Revenons à vos propos il y a quelque temps : Pourquoi jugez-vous la présence du groupe dans les deux domaines comme une chance, une opportunité ?

Houbeb Ajmi :

Toujours dans le cadre de l’amélioration continue de la Formation professionnelle, nous proposons un package comprenant à la fois la Formation universitaire et professionnelle, en cours du jour ou du soir, pour que le jeune étudiant puisse acquérir les aspects théoriques et conceptuels à l’université, et les renforcer sur le plan pratique par l’obtention d’un diplôme de la Formation professionnelle. Cette formule avantageuse lui permet d’avoir une qualification professionnelle complète et, par conséquent, d’être opérationnel dès le premier jour de son recrutement.

La Revue de l’Entreprise :

Dans vos projets de Réforme, l’immersion de l’apprenant dans le milieu du travail revêt-elle une importance particulière ?

Houbeb Ajmi :

Effectivement, la formation en entreprise est une étape importante à la quelle nous accordons une importance bien particulière parce qu’elle constitue un facteur réel de valorisation du diplômé sur le marché du travail.

Le jeune apprenant dans telle ou telle spécialité doit se familiariser avec le monde de l’entreprise et ses logiques, comprendre l’enchainement des différentes opérations qui concourent à la réalisation d’un produit ou d’un service; il doit pouvoir s’adapter aux aléas, et y apporter immédiatement la solution.

A mon avis, pour que la Formation professionnelle aboutisse à l’objectif recherché qui est, rappelons-le, l’exercice de facultés autonomes de décision par les opérateurs, il faut que ceux-ci soient familiarisés avec tous les rouages d’une organisation complexe.

Cette immersion dans la vie professionnelle vient renforcer la formation acquise à l’IMSET selon une approche pédagogique innovante basée sur l’apprentissage interdisciplinaire, l’apprentissage par la découverte, le Learning by doing, la considération des perspectives alternatives, l’Acting on learning et les études de cas pratiques.

La Revue de l’Entreprise :

Nous venons d’apprendre que l’IMSET s’est engagé dans un Projet de reconversion des diplômés en chômage…

Houbeb Ajmi :

C’est un Projet que nous menons en tant que maître d’œuvre, en collaboration avec des organisations nationales et internationales, depuis quelques semaines. Cela consiste à reconvertir des diplômés qui n’ont pas trouvé d’emploi. Je n’aime pas utiliser le terme « chômage », ce problème épineux et traumatisant, parce qu’en Tunisie, nous assistons à un paradoxe entre un taux assez élevé de jeunes en chômage et un taux aussi important de demandes d’emplois. Ce paradoxe est dû à des clivages puissants entre les deux composantes du marché de l’emploi, l’offre et la demande.

Fort heureusement, l’offre d’emplois ne cesse de se manifester dans de nombreux secteurs de l’économie réelle ou de l’économie digitale.

Afin de pallier cette inadéquation, l’IMSET dispense à ces jeunes les formations exigées par le marché ; et ce sont des hantises de moins pour la famille, la société et le gouvernement. Ce n’est donc pas étonnant si ce Projet me tient à cœur. Encore faut-il que l’image de la Formation professionnelle dévalorisante, démotivante et démobilisante, change et que l’on cesse, dans l’imaginaire familial et social, de penser que ce chemin est fait pour les exclus du système éducatif qui seront condamnés à exercer des fonctions réputées subalternes, en comparaison avec les métiers dits nobles aux quels prépare l’enseignement supérieur.

Il ne faut plus se faire d’illusion : l’exemple que j’ai l’habitude de citer à ce sujet est celui d’une jeune fille qui a obtenu un diplôme d’ingénieur en énergie de l’ENIM et son frère, diplômé de l’IMSET en tant que Technicien en Chaud et Froid. Ce dernier gagne dix fois plus que sa sœur.

Il faut donc que la Formation professionnelle, les travaux manuels et les petits métiers se débarrassent de certains préjugés en remettant en cause les grilles de qualification issues du Taylorisme.

Nous déployons des efforts méritoires pour donner à la Formation professionnelle l’image qu’elle mérite. D’ailleurs, dans notre groupe, ce Pôle jouit de la même considération que celui de l’Enseignement supérieur, sans aucune ségrégation. Il serait, en effet, absurde de priver notre économie de sources diversifiées de progrès provenant d’une excellente Formation professionnelle, pour satisfaire de vieilles illusions.

Pour mener à bien cette réhabilitation et indiquer les voies que l’on doit prendre pour assurer une vraie formation à la vie professionnelle, nous sommes avant-gardistes ; nous contribuons, concrètement, à la valorisation de la Formation professionnelle. C’est dans ce cadre que la structure dirigeante du groupe vient d’être consolidée par la nomination de M.Khaled Ghdira à la tête des deux Pôles en tant que Recteur du groupe.

La Revue de l’Entreprise :

Sur le plan pédagogique, la Formation à l’Université ou au centre de Formation professionnelle s’effectue selon des méthodes qui sont l’expression d’une évolution remarquable. Dans ce domaine, restons-nous sous le joug du modèle classique ?

Houbeb Ajmi :

Pas de formation efficace sans bons formateurs. Sur le plan pratique, cette règle nous amène à poser la question de la méthodologie et de l’ingénierie cognitive. Je pense qu’aujourd’hui, le traditionnel « enseignement frontal » où l’enseignant se met en face de ses étudiants ou apprenants et se trouve au centre de l’action pédagogique est un temps révolu. Chez nous, la didactique connait et pratique des méthodes de travail interactives diversifiées.

J’ai participé dernièrement à un grand évènement organisé à Cape Town en Afrique du Sud. La conférence plénière d’ouverture donnée par un grand expert s’est focalisée sur l’Université 4.0. L’avènement de cette dernière s’inscrit dans le droit fil des bouleversements qui ne cessent de marquer l’économie globalisée, et des changements engendrés dans l’entreprise. L’Université 4.0 ne produit plus de gens bardés de diplômes, ingénieurs, médecins, juristes…mais plutôt des « problem solvers » ; des jeunes capables, avec leur charisme et leurs qualités de fédérateurs et leurs capacités professionnelles et intellectuelles de partager des défis sans cesse renouvelés avec l’ensemble des collaborateurs ; des jeunes qui pensent que le monde est une terre de conquête et que la créativité est le moteur de toute stratégie de croissance. L’Université 4.0 prépare les étudiants à l’acquisition de nouveaux talents, à s’approprier des valeurs fédératrices: innovation, audace et excellence.

Dotés d’atouts indispensables, rigueur, grande autonomie, esprit d’analyse et de synthèse, force de proposition, pour mener à bien leurs missions en tant que «problem solvers », ils font preuve de bonnes aptitudes à la communication, et à la mobilisation pour atteindre des objectifs ambitieux. Avec un tel profil, ils sauront valoriser leurs compétences et évoluer dans n’importe quel métier de demain. Au sein du groupe l’Université Centrale, on va y arriver avec un grand programme de Réformes portant sur le contenu, les méthodes d’enseignement et les supports didactiques.

Nous sommes face à des jeunes qui sont nés à l’heure digitale ; ils ont vécu la révolution numérique qui est aussi importante, si ce n’est plus, que la révolution industrielle et ont épousé l’essor de la mobilité, du cloud, des réseaux sociaux, du big data et du phénomène de consumérisation des technologies de l’information et de la communication qui ne cessent de pousser les limites des missions initiales classiques de l’Université et de tout espace de formation initiale ou continue.

La transformation de l’Université et de toute institution de formation est désormais un changement continu. Il ne s’agit pas d’un but à atteindre ; mais d’un chemin à prendre.

Nous sommes conscients de ce challenge et toutes nos Réformes convergent pour donner la bonne formation aux jeunes apprenants et étudiants qui débarquent chez nous chaque année.

La Revue de l’Entreprise :

L’IMSET et l’AAC ont-ils adopté le système dual par lequel a toujours brillé la Formation professionnelle en Allemagne ?

Houbeb Ajmi :

Nous savons pertinemment que la Formation par alternance joue un rôle fondamental pour que l’apprentissage puisse assurer l’insertion des jeunes dans la vie active et faire en sorte que leur temps d’attente sur les listes de l’emploi soit écourté.

C’est un Projet sur lequel nous travaillons au niveau du groupe parce que l’employabilité de nos diplômés est notre premier souci. Nous avons déjà commencé avec deux spécialités pilotes : les techniciens en pharmacie et les techniciens en informatique. Les résultats sont probants et nous envisageons de généraliser cette expérience. Toutefois, ce système de formation nécessite une parfaite connexion avec le monde de l’entreprise et une homologation que nous devons solliciter auprès du ministère de la Formation Professionnelle et de l’Emploi. Sa mise en place passe par la formalisation de tous ces préalables: le format, la question temporelle, le tutorat, la validation…

Nous sommes en train d’élargir notre réseau avec les entreprises dans divers secteurs en signant des Accords de partenariat favorisant l’immersion de nos étudiants et apprenants dans la vie professionnelle.

Par ailleurs, pour minimiser les écarts entre le «savoir-faire » et le « savoir-être», nous menons des actions pour inculquer les soft skills chez nos apprenants dans la Formation professionnelle et nos étudiants à l’Université. Nous avons, dans ce cadre, lancé un partenariat avec INJAZ  qui a offert des sessions de coaching à nos apprenants. Lors de l’INNOVATION DAY, des groupes de jeunes de l’IMSET ont présenté leurs idées de projets devant un jury. Ils ont excellé par leurs compétences, et leurs capacités à travailler en équipe, à formuler des idées de projets, à les défendre d’une manière convaincante, pragmatique, dynamique et rigoureuse.

Une expérience émouvante tant pour eux que pour nous parce qu’elle a révélé leurs qualités intellectuelles, leur fibre communicative, leur sens de l’engagement et leur goût pour l’innovation et la créativité.

Le second Projet sur lequel j’aimerais insister est la Valorisation des Acquis d’Expérience, VAE. Vous n’êtes pas sans savoir que la compétence est construite autour d’au moins deux dimensions, celle de la connaissance d’une part et celle des savoir-faire d’autre part. Nombreux sont ceux qui ont appris sur le tas un métier et capitalisé de l’expérience après avoir quitté l’école.

Le Projet VAE a pour objectif de leur offrir la possibilité de combler cette lacune avec des modules leur permettant de décrocher un diplôme, facteur de satisfaction et de reconnaissance personnelle et de promotion professionnelle. Notre partenaire français, le Conservatoire National d’Arts et Métiers, le CNAM, entreprend parfaitement ce type d’action ; nous envisageons de nous engager dans cette perspective.

La Revue de l’Entreprise :

Quel serait l’apport en faveur des apprenants des ententes bilatérales entre l’IMSET et les institutions de formation étrangères ?

Houbeb Ajmi :

Nous avons conclu des Accords de partenariat avec des Institutions spécialisées en France comme le CNAM et l’Université de Lorraine.

L’objectif étant d’ouvrir des perspectives d’ascension académique aux diplômés de l’IMSET et de l’AAC.

A titre d’exemple, un jeune apprenant de l’IMSET, ayant obtenu un BTS en Informatique pourrait s’insérer dans le milieu professionnel pour une période puis s’inscrire au CNAM où il poursuivrait des études lui permettant d’avoir un diplôme d’ingénieur professionnel. Il convient de rappeler que le CNAM est le seul Etablissement d’Enseignement Supérieur français dédié au développement des compétences, des entreprises, des territoires et de l’emploi et ce, en étroite collaboration avec les entreprises et les organisations professionnelles.

L’AAC saura, également, tirer profit de ce type d’alliance en signant un contrat de partenariat avec une enseigne de renommée internationale.

Dans le même ordre d’idées, nous avons signé une convention avec l’Université de Lorraine qui s’engageait à proposer des licences et des mastères professionnels à des apprenants de l’IMSET.

Nous en sommes réjouis parce que les programmes de mobilité étudiante et l’intégration dans des réseaux de Coopération internationale appuient la formation offerte et consolident l’employabilité des diplômés.

A l’IMSET, à l’AAC et à notre Université, la qualité des études et la réussite à l’échelle tant nationale qu’internationale de nos apprenants et étudiants sont au cœur de notre mission.

C’est dans cette logique que nous avons mis en place cette année une plateforme digitale d’informations et de collecte de données visant à garder le contact avec nos diplômés et à les suivre pour avoir des données fiables sur leur employabilité et leur parcours professionnel.

Cependant, je peux affirmer aujourd’hui que le taux d’employabilité est de 60% durant la première année, avec certaines variations selon les spécialités.

La Revue de l’Entreprise :

Comment voyez-vous l’initiation pratique au métier d’enseignant ou de formateur ?

Houbeb Ajmi :

Pour nous, la formation des formateurs est un must. La révision des méthodes pédagogiques et l’acquisition du professionnalisme didactique sont aujourd’hui unanimement considérées au sein de notre groupe comme un impératif majeur.

La mission des formateurs et des enseignants ne se limite pas à la transmission verticale classique des connaissances. Ils devraient plutôt se comporter en tant que coach vis-à-vis de leurs étudiants et leurs apprenants.

Concrètement, cela se traduit par la méthode inversée que nous appliquons dans l’une de nos Ecoles : l’enseignant dirige le cours et les étudiants l’animent. Au-delà de la simple assimilation des connaissances, cette méthode révolutionnaire façonne le citoyen exemplaire de demain.

La Revue de l’Entreprise :

Le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi a lancé une stratégie de Réformes 2016-2022. Qu’en pensez-vous ? Que proposez-vous ?

Houbeb Ajmi :

Je pense que le secteur de la Formation professionnelle est très règlementé. J’espère que cette Réforme parviendra à supprimer ou à assouplir les contraintes juridiques qui pèsent sur les différents acteurs, et à assurer davantage de liberté et de souplesse aux structures de formation.

Notre relation avec le ministère est au beau fixe ; nous sommes en contact permanent avec l’administration centrale et les différentes directions régionales de la Formation professionnelle. Leurs représentants participent directement ou indirectement aux réunions de nos comités d’orientation stratégique ; nous partageons avec eux l’état d’avancement de chaque initiative que nous lançons ; nous prenons en considération leurs avis ; mais nous souhaitons qu’il y ait un allègement sensible des procédures règlementaires pour que le privé porteur d’initiatives et de projets ne soit pas démotivé.

Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue qu’un fonctionnement harmonieux de la concurrence dans le secteur est la condition sine qua non permettant aux différents acteurs une meilleure utilisation des ressources dans le cadre d’une concurrence loyale.

Le Tunisien moyen confond malheureusement le Centre de Formation diplomante et le Centre de Formation certifiante tandis qu’en réalité, la mission de ce dernier représenté par des milliers sur le territoire, se limite à compléter celle du premier.

L’homologation est le garant de la qualité de la Formation. Il faut donc qu’il y ait une indication claire qui mettra fin à la confusion qui altèrerait l’image de notre secteur.

La Revue de l’Entreprise

Après un quart de siècle de réussite sur le marché domestique de la Formation professionnelle, une réussite qui ne doit rien au hasard, pensez-vous exporter ce succès  vers l’Afrique ?

Houbeb Ajmi :

Nous faisons partie intégrante du Réseau HONORIS United Universities ; l’IMSET et l’AAC sont membres de ce Réseau considéré à juste titre comme la première plateforme spécialisée dans la formation universitaire et technique sur le continent africain. Ce Projet a commencé par la Tunisie ; puis il s’est élargi sur le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Egypte, et d’autres pays s’y intégreront. L’IMSET et l’AAC sont superbement placés puisque l’expérience tunisienne en formation professionnelle est l’unique au niveau de notre Réseau.

Nous envisageons d’exporter cette expertise que nous avons capitalisée aux autres institutions membres du Réseau. Et dans le cadre de notre Plan d’internationalisation sous les auspices du Réseau, nous comptons implanter des filiales dans d’autres pays comme la Côte d’Ivoire et le Bénin. Nous sommes en pourparlers avec certains pays du Moyen Orient comme le Qatar.

L’IMSET a tous les atouts pour donner un visage attrayant à nos ambitions africaines : elle aura l’honneur de contribuer au développement des Ressources Humaines de certains pays de ce continent émergent afin qu’il puisse tirer partie de son grand potentiel de développement.

 

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