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Faire de la Formation Continue un levier de développement des compétences

juillet 20th, 2018 | by admin
Faire de la Formation Continue un levier  de développement des compétences
FORMATION
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Au Centre National de Formation Continue et de Promotion Professionnelle, de grands chantiers révélateurs d’une nouvelle Vision 2018-2020, ont été lancés depuis l’avènement de Zied Rouissi à la tête de sa Direction Générale. Une vision qui est bâtie autour de trois objectifs stratégiques : promouvoir la Formation Continue en tant que facteur-clé de développement des Ressources Humaines, rendre la Formation Continue plus adaptée pour qu’elle contribue à l’efficacité des institutions, des collectivités locales et de la société civile et à la prospérité du tissu économique et orienter les actions de Formation Continue pour qu’elle convergent vers l’individu, créateur de richesses, et le développement de ses compétences.

 

Opérant sous la tutelle du ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi, depuis sa création en 1994, le Centre National de Formation Continue et de Promotion Professionnelle, CNFCPP, a pour mission principale, d’après son statut clairement défini, d’assister et d’accompagner les organisations dans le diagnostic de leurs besoins en formation, l’élaboration de plans de formation, la réalisation d’actions de formation et leur évaluation. C’est la raison d’être du centre.

En revanche, il est malheureux de constater que cet organisme d’intérêt général s’est retrouvé, au fil des jours, absorbé par une tâche relativement secondaire, à savoir la gestion quotidienne du dispositif de financement des activités de Formation continue.

« Nous sommes en train de résoudre les problèmes générés par un retard de six ans. Aujourd’hui, ce sont les dossiers de 2012 qui font l’objet d’examen malgré les efforts immenses déployés par le personnel du Centre devenu sans que nous le voulions, un appendice des services du Contrôle fiscal. Les entreprises sont en première ligne pour recevoir tous les mauvais coups découlant de cette situation. Nous intervenons auprès de ces services; mais cette lacune ne peut être jugulée qu’avec la mise en place d’une plateforme digitale; explique Zied Rouissi, Directeur Général du CNFCPP.

Pour préparer le terrain à cette transformation digitale à la quelle le coup d’envoi a été donné, la Commission nationale s’est réunie sept fois depuis janvier 2018 jusqu’à ce jour. Elle a examiné 116 dossiers, un chiffre record depuis le lancement de cette opération en 2009.

L’Appel d’offres portant sur la configuration et à la Mise en œuvre de la Plateforme digitale a été dépouillé ; le fournisseur, sélectionné, s’est déjà penché sur la réalisation du projet. « Nous avons jugé judicieux d’impliquer cinq grandes entreprises publiques et privées tout au long du processus du développement de cette plateforme pour éviter toute mauvaise surprise et nous rassurer de son fonctionnement sans faille », ajoute-t-il.

L’objectif étant d’arriver au « zéro retard » et au traitement instantané des dossiers de financement des actions de formation continue. C’est ainsi que le Centre se débarrasse définitivement de l’archaïsme de la méthode de traitement manuel, selon un échéancier qui tient compte de la capacité progressive des entreprises, des bureaux de formation et des formateurs à s’y adapter.

Les entreprises auront les mots de passe d’accès à la plateforme qui sera prête le 1er Novembre de l’année en cours, en Novembre et Décembre de la même année.

Pour les Cabinets de formation et les Formateurs, l’échéance a été fixée pour le mois de septembre prochain. Des efforts de formation seront déployés par le Centre pour que la transition progressive ait toutes les chances de réussite.

Le 1er janvier 2020, aucun Bilan matérialisé ne sera accepté. Cette transition vers un organisme électronique constitue une étape décisive pour l’avenir de la Formation professionnelle en Tunisie, sachant qu’un milliard de dinars est l’enveloppe qui a été consacrée au financement de la Formation continue durant le dernier quart de siècle ; et contrepartie, il est manifestement difficile d’en citer un seul point positif en retour sur investissement. « Aujourd’hui, la société, l’administration et l’économie tunisiennes manquent cruellement de compétences! Cette situation alarmante pour un pays qui aspire au positionnement d’un grand pays émergent, soutient qu’un examen critique de cette défaillance est des plus urgents. Et pour pallier les lacunes du système, une vision réformiste s’étalerait sur trois ans (2018-2020) ; souligne Zied Rouissi.

Le système d’information:

outil d’accroissement de l’efficacité

Il est communément admis que l’information fiable est un outil d’aide à la prise de décision et que le rôle majeur du système d’information comme élément stratégique dans toute organisation ou organisme, est reconnu par tous les théoriciens. Qu’en est-il sur le terrain, au CNFCPP ?

L’absence d’informations précises sur le nombre et le profil exact des Formateurs et de Cabinets de Formation opérant en Tunisie montre à quel point ce système d’information qui n’existe pas encore au sein du Centre, est accablant : selon Zied Rouissi, il serait difficile d’élaborer une stratégie et d’avoir une vision à l’horizon 2020, si l’on disposait, comme point de repère, des statistiques de 2012.

Aujourd’hui, grâce à la Digitalisation qui se réalise à pas sûrs, le Centre peut disposer d’informations en temps réel et aura la capacité de réagir en prenant les décisions nécessaires.

Ainsi, dans la droite ligne de sa recherche ardue, ces temps-ci, d’efficacité organisationnelle, le système d’information se présente comme le support organisationnel efficace de son cœur de métier, et le moteur de ses challenges d’ordre stratégique dans un environnement de plus en plus complexe et de plus en plus turbulent, celui des différents métiers et des besoins en matière de Formation continue.

« Notre problème réside incontestablement dans les difficultés que nous rencontrons pour établir un diagnostic des besoins et un plan de Formation. Et comme variable clé de développement et de croissance, je dirais que toute la Tunisie a tout intérêt à diagnostiquer ses besoins, estime le Directeur Général du CNFCPP, non sans raisons : des métiers comme la gérance de taxiphones sont morts ; d’autres apparaissent et émergent ; des secteurs comme le Transport sont de grands demandeurs de Formation continue avec la pertinence des mutations logistiques ; d’autres sont complètement absents dans ce domaine, tels que le Tourisme et les métiers connexes. Cette contraction de la demande est regrettable pour un pays comme le nôtre, animé d’une grande ambition d’occuper une position enviable dans l’économie méditerranéenne des services. C’est d’ailleurs pourquoi le CNFCPP a conclu une Convention avec le ministère du Tourisme, à travers l’Agence Nationale de Formation dans les Métiers du Tourisme, nouvellement créée. Nous essayons de montrer aux opérateurs du secteur que l’on ne peut soupçonner d’être des rentiers de court terme, que la Formation continue par la quelle même les stagiaires, beaucoup plus fréquents à Hammamet sont directement concernés, est, à juste titre, un élément stratégique de compétitivité.

A la lumière de ses investigations, le Centre s’est rendu compte que le problème ne résidait pas essentiellement dans la Formation. Il est ailleurs, de connotation à la fois structurelle et stratégique : ciblage et concentration des énergies.

Pour l’économie tunisienne et l’ensemble des PME-PMI qui constituent sa substance vive, le développement des compétences via la Formation continue est plus qu’un élément différenciant ; C’est un élément de base de leur survie, et leur évolution. Ces entreprises ne seraient plus compétitives et, de fait, ne pourraient pas exister si elles ne considéraient pas le développement de leur capital humain comme un axe stratégique et une arme efficace dans la compétition, devenue de plus en plus rude.

En 2030, un jeune employé « Col blanc » ou « Col bleu» ne peut pas continuer à travailler avec les méthodes, les instruments et les perceptions qu’il a acquis en 2000 ou 2010. L’absence d’intégration de la Formation continue dans le Système de GRH de l’entreprise révèle une déficience et une faiblesse monumentale dont souffre l’entreprise aujourd’hui. De fait, le positionnement du Centre sur la bonne voie est une étape charnière dans sa vie : il s’installe dans la mission attendue de lui : contribuer au développement des compétences de l’entreprise tunisienne, améliorant ainsi son efficacité, sa productivité, et sa compétitivité.

Un levier de

Développement

des compétences

Pour qu’il puisse soutenir, efficacement et sérieusement, l’économie à travers son soutien aux entreprises, le CNFCPP ne devrait plus, désormais, dévier de la rectitude de sa vocation fondamentale : Faire de la Formation continue un levier de Développement des compétences. Cette Vision que déploie le CNFCPP durant trois ans (2018-2020) s’insère dans le cadre de la politique nationale œuvrant pour l’insertion de plus en plus active de la Tunisie dans le mouvement de la mondialisation.

Dans les réalités de l’économie mondialisée, le véritable défi économique que devrait affronter toute Nation, la Tunisie plus particulièrement, est d’accroître la valeur potentielle de ce que ses citoyens peuvent ajouter à l’économie mondiale, en développant leurs compétences et leur donnant les moyens d’exploiter leurs aptitudes et leurs capacités créatives sur le marché mondial. Cette insertion dans l’économie mondiale se traduit par trois performances que génèrent les compétences au niveau du produit national brut, de la croissance économique et de la compétitivité de la Nation. Cela dépend du Développement des compétences qui passe, inéluctablement, par la Formation continue.

La Vision du CNFCPP s’articule donc autour trois axes majeurs :

Ce sont des objectifs stratégiques qui visent à redorer le blason de la Formation continue en Tunisie.

Promouvoir la Formation continue, facteur de développement des R.H

Ce premier objectif stratégique comprend trois objectifs généraux et huit objectifs spécifiques :

1- Inculquer la culture de Formation continue au sein des entreprises tunisiennes ;

Pour y parvenir, il faudra se recentrer sur :

– La création des entreprises de référence en matière de Formation continue :

Sur le plan professionnel, il faudra établir des conventions de partenariat avec les entreprises en matière de Formation continue afin de fournir des cycles de Formation modulaires, assister l’entreprise en matière de Gestion des Ressources Humaines, l’une des fonctions principales dont dépend l’élévation de sa performance globale, et optimiser l’utilisation des instruments de financement.

Il faudra, également, instaurer une démarche de mise au point d’un Référentiel Métier/ compétences/ Formation et adapter le concept de l’Entreprise d’entraînement à la Formation continue.

– l’incitation des intervenants en Formation continue à adopter une démarche qualité en la matière : cet objectif prend racine dans un ensemble d’actions qu’il faudra mener d’une manière pragmatique : la Formation d’un corps de conseillers opérationnels au CNFCPP à l’échelle tant centrale que régionale, la Formation continue et en ingénierie de Formation (Responsables de Formation, opérateurs de Formation publics et privés), la création d’un Label CNFCPP en Formation continue (la Formation en Entreprise) et un Label CNFCPP Qualité en Formation continue (opérateurs de Formation) et la mise en place d’un Système de mesure du retour sur investissement (ROI) dans le domaine des Ressources Humaines.

2- Le second objectif général vise à améliorer le dispositif national de Formation continue : Pour réaliser un tel objectif, il faudra envisager la mise en place d’un Système d’Information et d’Orientation SIO, sur la Formation continue à travers la création d’une base de données répertoriant l’ensemble des intervenants, la mise en place d’une Stratégie de Communication attrayante et innovante au sein du Centre (identité visuelle, e-marketing, plan de communication, CRM…), la révision du cadre juridique et plus précisément le décret 292 et l’arrêté fixant le barème de Financement. A cela s’ajoute l’adoption des Nouvelles Technologies qui se traduit sur le plan opérationnel par la mise en place d’un service en ligne pour le dépôt et le suivi des bilans pédagogiques et financiers et d’une application de gestion des Formateurs et opérateurs en ligne.

3- Quant au troisième objectif d’ordre général, il porte sur l’instauration d’une politique nationale en matière de Gestion Prévisionnelle de l’Emploi, GPE : cela suppose d’être capable d’assurer la relève au sein des structures publiques à caractère stratégique en développant les compétences en leadership des hauts cadres et du « Middle management », et de capitaliser les compétences au sein des entreprises publiques à travers la mise en œuvre d’un dispositif de gestion des connaissances «Knowledge Management» dans les entreprises publiques. Un développement qui peut s’étendre vers l’entreprise privée.

Une Formation continue

mieux adaptée

Rendre la Formation continue mieux adaptée au service des Institutions, des collectivités locales et une société civile plus efficaces et un tissu économique prospère : tel est le second objectif stratégique situé au cœur de la Vision que déploie le CNFCPP. Cet objectif est étroitement lié à un contexte bien particulier caractérisé par un cadre institutionnel mouvementé, un personnel non qualifié, des ressources humaines en dehors de la sphère du transfert de compétences et des ressources financières insuffisantes.

Ainsi le Centre est conduit à accompagner la Décentralisation à travers la mise en œuvre d’un Plan National de Développement des Compétences. Dédié aux Agents des collectivités locales, aux Elus, et aux Agents des Services techniques déconcentrés de l’Etat, de la société civile et du secteur privé, ce Plan ambitieux comprend quatre axes principaux à caractère opérationnel :

– La mise en œuvre de façon cohérente et coordonnée de la Stratégie de Formation des Acteurs de la Décentralisation ;

– Le lancement d’une campagne de communication en faveur de cette Stratégie ;

– La préparation des conditions objectives pour l’évaluation de l’engagement de l’Etat et de ses partenaires dans le domaine de la Formation des Acteurs de la Décentralisation à l’horizon triennal ;

– Et « last but not least », le Développement des compétences des principaux Acteurs de la Décentralisation pour qu’ils assument parfaitement leurs missions au sein des collectivités territoriales.

Pour atteindre ces objectifs affichés, la méthode retenue par le Centre est interactive, intégrant le plus possible les Acteurs. Ses déterminants seront cristallisés par un Diagnostic des besoins, des approches quantitative, qualitative et participative et un Atelier national de validation en présence des Acteurs nationaux, régionaux et locaux.

Les apports de cette œuvre grandiose seront le fruit d’un partenariat entre le CNFCPP et le CEFAD (Centre de Formation et d’Appui à la Décentralisation) relevant du ministère des Affaires Locales et de l’Environnement.

La Formation continue

S’intégrant à la dynamique stratégique de l’entreprise, le troisième objectif stratégique de la Vision du CNFCPP consiste à faire de la Formation continue un instrument de développement et de mobilisation des compétences individuelles et de l’intelligence collective.

Notons que la compétence individuelle comprend trois dimensions génériques de l’apprentissage individuel, en l’occurrence, la connaissance (le savoir), la pratique (le savoir-faire) et les attitudes (le savoir-être) : ce que les anglo-saxons appellent : head, hard et heart. La compétence individuelle ne prend tout son sens que dans l’interaction qui génère la compétence organisationnelle et collective de l’entreprise.

C’est grâce à ses compétences individuelles, organisationnelles et collectives que celle-ci pourra mettre en œuvre et maintenir une stratégie efficace de développement de la performance. L’évaluation de cette dernière porte sur trois dimensions :

– le savoir, c’est-à-dire l’ensemble des connaissances acquises et son enrichissement par l’expérience ou par des modules appropriés;

– la capacité de gérer, déterminée par le leadership, l’habileté à motiver, à accompagner, et à contrôler ;

– le comportement relié aux valeurs humaines touchant à la créativité, l’innovation, l’intégrité, la rigueur, la discipline, la persévérance, le respect des gens, l’entrepreneurship et l’engagement.

Cette philosophie de la Performance et, dans une étape plus avancée, de l’Excellence, se résume, selon Zied Rouissi, dans les principes suivants :

– la qualité d’une entreprise est le reflet de la qualité des gens qui en font partie,

– Dans un domaine concurrentiel (tous les secteurs le sont), si l’entreprise A est meilleure par rapport à l’entreprise B, c’est parce que collectivement ses Ressources Humaines mieux formées parviennent à une performance plus élevée que celles de B.

– la croissance de l’entreprise est étroitement liée au développement de ses Ressources Humaines et à leur performance ;

– la Formation continue est la clé principale de la réussite de l’individu dans son poste de travail et de l’équipe.

Cela nécessite la modernisation du dispositif de la Formation professionnelle et l’instauration du « Training pour tous ».

« Dans cette perspective d’une redéfinition des enjeux stratégiques des entreprises tunisiennes et d’un accroissement des contraintes à l’amélioration de leur compétitivité, la nécessité d’une contribution pleine et entière de la Formation continue au développement des compétences se pose comme une évidence et une urgence ; rappelle le Directeur Général du CNFCPP. Reconnaître l’importance stratégique de plus en plus centrale du développement des compétences dans l’amélioration de la compétitivité et de la performance de nos entreprises, entraîne une insertion de leur Formation au cœur même de leur dynamique stratégique.

« Si nous voulons accéder à la formidable course économique qui se joue aujourd’hui à l’échelle planétaire, il faut changer de paradigme et aller vers le perfectionnement des capacités de nos Ressources Humaines dès maintenant. Demain, il sera trop tard, conclut Zied Rouissi.

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