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La dialectique entre le Développement Technologique et l’Innovation par Pr.Abdelaziz Daoud

mai 14th, 2018 | by admin
La dialectique entre  le Développement Technologique et l’Innovation par Pr.Abdelaziz Daoud
FORMATION
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L’un des rôles prioritaires que doit jouer l’Etat consiste à inciter à la recherche scientifique, à la diffusion des techniques et au transfert de nouvelles technologies.

En outre, les activités innovantes des PME devraient être le résultat d’améliorations qui naissent au quotidien en écoutant le client, les fournisseurs et les autres partenaires; ce qui contribue à consolider dans la durée la compétitive micro- et macro-économique.
Or, dans la grande majorité des PME, l’innovation est tributaire du chef d’entreprise qui est un entrepreneur accablé par des problèmes sociaux, financiers, commerciaux et de réglementations. Celui-ci a rarement les moyens de développer un laboratoire d’innovation interne et se trouve souvent contraint de partir à la recherche de ressources technologiques externes. En effet, lorsqu’il décide de lancer des initiatives propres de recherche ou quand il doit s’approprier des technologies existantes, le chef d’entreprise se heurte souvent à des obstacles financiers.
C’est pourquoi, une relation d’échange et d’interaction entre les Centres de recherche publique et l’entreprise est une condition impérative de l’innovation. La démarche technologique doit reposer sur l’apprentissage de situations nouvelles et l’adaptation des possibilités technologiques inédites aux besoins propres des PME. Pour mettre en œuvre leurs projets innovants, les PME ont la plupart du temps besoin de combler un manque de compétences spécifiques. Pour ce faire, la région de proximité reste l’espace privilégié pour le soutien des PME. A cet effet, trois orientations paraissent essentielles : la mise en réseau régional des acteurs de développement technologique, le renforcement des pôles de compétences régionaux et la promotion de réseaux d’entreprises. Par ailleurs, le renforcement des pôles de compétence autour des spécificités propres à chaque région doit être un objectif fondamental. Ces pôles doivent s’appuyer sur des sites clairement identifiés et qualifiés par des potentiels scientifiques et industriels. Le renforcement de ces pôles permettra d’accompagner le développement à long terme d’entreprises sur un territoire donné, en satisfaisant leurs besoins d’assistance technique. Cela rendra d’autant plus nécessaire un certain décloisonnement des filières professionnelles.
En outre, le partenariat et le rapprochement entre entreprises mérite d’être encouragé pour amorcer une démarche d’appropriations technologiques collectives et pour entretenir un dialogue avec les centres techniques et les laboratoires de recherche. Il faut particulièrement promouvoir les «Réseaux de développement » qui permettent de regrouper des métiers complémentaires ou des savoir-faire pour la gestion des projets innovants.
Afin de promouvoir la mise en place de tels réseaux et de favoriser leur développement, un organisme financier ou bancaire doit mette en place un dispositif de financement incitatif à l’innovation collective. Il faut forcément y penser… et il est grand temps d’agir plus et mieux pour que toutes nos PME puissent affronter les défis du futur technologique avec compétence et assurance.
Comme l’innovation est l’élément essentiel de la mondialisation, elle est appelée à jouer davantage un rôle moteur dans l’économie de demain.

L’INNOVATION, MOTEUR DE L’ECONOMIE ET VECTEUR DE L’EMPLOI
L’innovation est devenue le point focal des stratégies des entreprises et joue de ce fait un rôle accru dans le processus de croissance. A titre d’exemple, l’économie américaine, du fait de son alliance entre une croissance économique dynamique et l’usage des technologies de l’information et de la communication TIC, fournit un terrain d’étude privilégié de la relation entre ces technologies au profit de l’innovation et de la productivité. Innover, c’est surtout échanger des expériences, développer des secteurs comme celui du conseil et de la veille technologique stratégique. Innover, c‘est créer de nouveaux produits, développer des produits existants, mais aussi, optimiser son système de production, adopter les dernières technologies issues de la recherche fondamentale…
Autrefois un facteur de compétitivité, l‘innovation est devenue aujourd‘hui un facteur de survie. Celle-ci est désormais sur tous les fronts, s‘immisce sous toutes les formes et s‘accélère en permanence pour marquer un marché toujours plus encombré de produits et face à des consommateurs de plus en plus exigeants. En fait, c‘est l‘innovation qui a baissé les prix et rendu les technologies récentes accessibles au plus grand nombre de consommateurs.
Néanmoins, l‘innovation n‘est pas facile et le taux d‘échec des nouveaux produits en témoigne largement. Rien qu‘en téléphonie GSM, on en a compté jusqu‘à 100 par jour de part le monde. Ce rythme soutenu d‘innovation s‘accompagne d‘une durée de vie de plus en plus courte des produits.
Plus que jamais, l’innovation devient l’arme décisive de la concurrence et dope fortement la compétitivité et l’emploi, c‘est pourquoi, il est si rare de trouver des idées nouvelles et pertinentes. Notre époque est en effet favorable aux vendeurs d‘idées beaucoup plus qu’aux vendeurs de machines. Demain, le savoir deviendra en effet de plus en plus un capital important de l’entreprise. Ce n’est plus l’industrie à fort coefficient de main d’œuvre mais l’industrie à fort coefficient de savoir qui réussit de plus en plus. De ce fait, on ne peut désormais conquérir les marchés que par l’innovation. D’ailleurs on mesure l’intelligence, le degré d’ingéniosité et le génie inventif d’un pays par le nombre de ses brevets et inventions.
Pour innover, on doit faire preuve davantage d’enthousiasme pour la science et les nouvelles technologies, faire preuve de plus de curiosité et de créativité, augmenter les investissements dans la recherche et la formation…
Parmi les stratégies d’innovation quasiment gratuites, on peut citer l’innovation libre. Dans ce cas, l’innovation ne signifie plus seulement des chercheurs en blouses blanches dans des laboratoires mystérieux. Le modèle allemand “ innovation libre” ou “ open- innovation ” complète le système classique de recherche par la mise à contribution des clients, des fournisseurs, des sous-traitants…
On n’a guère d’idées si on ne cherche pas. Et pour bien chercher il faut savoir ce qu’on veut chercher, où doit-on chercher et comment doit-on chercher?… En Occident, si une entreprise a un problème qu’elle n’arrive pas à résoudre par ses propres moyens, elle le met sur Internet, notamment sur le centre “innocentive”, créé en 2001, elle propose entre 10 000 et 100 000 $ à celui ou au laboratoire de recherche qui résout son problème dans l’intervalle d’un délai annoncé à l’avance. Ce Centre qui regroupe d’ores et déjà 100 000 experts de part le monde est utilisé par les plus grands groupes industriels internationaux tels que BASF, Nestlé ou IBM.
C’est ainsi que la recherche descend de sa tour d’ivoire pour se démocratiser et toucher des milliers d’experts qui se complètent virtuellement et constituent facilement des équipes de « travail collaboratif ». Jusqu’à présent, plus que la moitié des problèmes posés ont été ainsi résolus rapidement. Souvent ceux qui réussissent à solutionner la problématique proposée sont ceux qui ont vécu par hasard la même situation posée.
Le laboratoire de recherche de “ l’innovation libre ” est dans le monde entier. Celle-ci permet d’éviter de copier sur des solutions existantes et par conséquent de passer à des solutions uniques et inédites. Néanmoins, un seul problème handicape ce type prometteur d’innovation; ce sont les brevets et la protection de la propriété intellectuelle. C’est pourquoi l’innovation libre est perçue comme étant un soutien appréciable à la R&D classique et non pas comme alternative concurrente.
A titre d’exemple, chez la firme française Sollac, sur 20 000 idées annuelles émises par le personnel, 8 000 sont mises en application. Chez l’entreprise Tefal, tout le personnel émet des propositions et elle les suit jusqu’au test de développement. Parmi les exemples spectaculaires de l’innovation libre émanant du personnel chez Renault figure la suppression de la clé de contact pour la remplacer depuis 1998 par une carte à puce électronique. En somme, chez Renault, où l’on applique l’innovation libre depuis plusieurs années, on en est arrivé à 7,5 idées par salarié et par an !
Dans ce contexte, le pays le plus inventif dans le monde est le Japon avec 164 brevets par millions d’habitants et par an; vient ensuite l’Allemagne avec 127, ensuite les USA avec 111, après c’est la grande Bretagne avec 92, la France avec 66, etc…
Rien que l’american physical society ”, elle a 40 000 chercheurs et le Centre de recherche français CNRS en a 10 000. La science est ainsi frappée d’une certaine folie de grandeur aussi bien par ses infrastructures que par ses ambitions et contenus.

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