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Laboratoire Central d’Analyses & d’Essais Un maillon structurant de l’espace normatif de l’économie tunisienne

octobre 30th, 2017 | by admin
Laboratoire Central  d’Analyses & d’Essais Un maillon structurant de l’espace normatif  de l’économie tunisienne
FORMATION
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Investissement structurant de grande portée, le Laboratoire Central d’Analyses et d’Essais, riche d’une expérience de plusieurs décennies, continue à jouer pleine- ment son rôle : répondre dans la fiabilité totale aux demandes des entreprises et des organismes publics en matière d’Analyses et d’Essais. Son dernier né, le Laboratoire de Biologie Moléculaire, qui sera opérationnel en 2018, lui permettra entre autres de mener des analyses de recherche et de quantification des OGM(organismes Génétiquement Modifiés) dans le règne végétal et des Analyses d’Identification d’Espèce dans le règne animal, une identification qui vient combler un vide ressenti aujourd’hui avec l’émergence de soupçons de fraudes en matière d’authenticité de certaines viandes.

Le Laboratoire Central d’Analyses et d’Esais dont la création remonte à l’époque  de la colonisation a eu le mérite d’avoir accompagné l’économie tunisienne depuis son décollage juste après l’indépendance. Formant un dispositif d’appui au développement socio-économique du  pays,  cet organisme effectue des études, des recherches, des analyses et des essais de toute nature permettant la promotion de l’industrie, le contrôle de la qualité et l’application de la règlementation. Il est particulièrement chargé des analyses et essais pour le contrôle de la qualité, la conformité aux normes des produits à l’exportation et à l’importation, la détection des fraudes dans le commerce des marchandises, la détection des falsifications des produits agricoles et industriels.

Le Laboratoire effectue également des expertises de produits et de matériels à la demande des tribunaux, des services publics et des particuliers, des contrôles et essais par les méthodes destructives et non destructives  des  ouvrages,  équipements et matériaux divers dans le domaine de la construction, de l’épalement des réservoirs, la vérification des compteurs et l’étalonnage des appareils de mesure.

Le LCAE répond aux besoins des entreprises, des particuliers et des institutions de l’Etat à travers cinq sites : deux à Tunis, celui de Montfleury et celui de la rue de Rome et trois sites régionaux à Sfax, à Sousse et à Gabès. Il emploie 145 personnes avec un taux d’encadrement de 70%.

En 2016, il a réalisé un chiffre d’affaires de quatre millions de dinars qui constituent la traduction financière de ses prestations qui ont atteint les 90 mille analyses, effectuées suite à la réception de 17800 demandes d’analyses et le traitement de plus de 35000 échantillons.

Des structures techniques en phase avec la demande du marché

Les structures techniques du LCAE sont organisées en fonction des besoins réels de l’économie du pays. Leur configuration est composée de cinq maillons :

Le Département des produits alimentaires et industriels, DPAI: Ce Département comprend trois divisions et 17 Laboratoires dont :

– Le Laboratoire des Additifs alimentaires qui se charge du dosage des additifs dont l’utilisation est réglementée on cite notamment les conservateurs tels que l’acide benzoïque E210 et ses sels, l’acide sorbique E200 et ses sels, et l’anhydride sulfureux E220. Les colorants synthétiques font aussi partie de l’activité de ce laboratoire, l’analyse se limitait à la recherche et à l’identification des colorants ajoutés, mais depuis quelques années et suite à la découverte par les autorités de contrôle de l’UE de colorants interdits (toute la gamme des colorants Rouge Sudan) dans les produits à base de piments, le LCAE a mis les moyens nécessaires et réalise maintenant le dosage de ces additifs. D’autres additifs sont dosés comme les Antioxydants (Butylhydroxytoluène BHT et Butylhydroxyanisol BHA) pour s’assurer de la conformité à l’étiquetage de certains produits tels que les huiles et graisses. En fin, Depuis l’apparition de certains produits diététiques sur le marché,  le laboratoire a introduit le dosage des édulcorants de synthèse dans ces produits vu leurs impacts sur la santé du consommateur.

– Le Laboratoire des métaux lourds qui a pour leitmotiv la Sécurité  sanitaire des aliments, est spécialisé dans le dosage des métaux lourds Hg, PG, Cd, Cr, Sn, des oligo-éléments Fe, Cu, Zn, Mn et des éléments majeurs, Ca, Mg.

Ces analyses sont menées conformément aux normes en vigueur à travers un parc analytique permettant d’atteindre les seuils les plus bas autorisés par la règlementation  et les normes Européennes et ce dans les différentes matrices :

– Eaux potables et rejets hydriques,

– Produits agroalimentaires tels que le lait, les céréales, les matières grasses, les volailles et les produits de la pêche.

– Aliments pour bétail et produits cosmétiques.

– Matières premières pour les industries pharmaceutiques.

– Produits de puériculture et jouets, articles en céramique.

Ce Laboratoire, afin de contrôler ses résultats, participe régulièrement aux campagnes d’Essais Inter Laboratoire du Réseau européen BIPEA.

– Le Laboratoire des Mycotoxines, situé au cœur de la Sécurité sanitaire alimentaire est capable de rechercher :

– L’Aflatoxine B1, B2, G1, G2 dans les céréales, les graines oléagineuses, les fruits secs, les épices, et l’alimentation animale.

– L’Aflatoxine M1 dans le lait et dérivés.

– L’Ochratoxine dans les céréales, les vins et les viandes ;

– Et la Patuline dans le jus de pomme. Particulièment sollicité à l’import, à l’export et durant le mois de Ramadan et le Mouled, ce Laboratoire est nouvellement équipé de chromatographes HPLC-Fluorescence et HPLC-UV, capables de fournir une limite de détection de 0,1 ppb, soit vingt fois inférieurs au seuil règlementaire.

– Le Laboratoire de microbiologie: Etant à ce jour le premier et unique laboratoire public accrédité, il offre une large gamme de paramètres reflétant le respect des règles d’hygiène des produits soumis aux contrôles ainsi que d’autres permettant de s’assurer de leur innocuité recherche et comptage des germes pathogènes) y sont ainsi analysés des produits alimentaires de toute nature (à l’état cru, déshydraté, transformé) les eaux de boisson, les conserves alimentaires et les cosmétiques.

– Le Laboratoire des corps gras : Focalisé sur la vérification de la conformité des valeurs de composition aux normes en vigueur, ce Laboratoire vérifie la conformité des huiles et plus particulièrement l’huile d’olive aux normes tunisiennes et celles du COI, et détecte les fraudes éventuelles.

L’analyse porte sur les propriétés physico-chimiques, les triglycérides, les stérols, la pureté et la définition de la classe ou de la catégorie. Il délivre aux exportateurs d’huile d’olive le Certificat  sanitaire  au vu des analyses prouvant l’absence de résidus de pesticides, de métaux lourds, de radioactivité, ainsi que des analyses des PCB et HAP.

– Le Laboratoire de Résidus de Pesticides et Contaminants s’occupe du dosage des résidus de pesticides organochlorés et organophosphorés ainsi que les PCB dans les produits laitiers, l’alimentation infantile, les eaux, les produits de pêche et les produits céréaliers. L’analyse des Dioxines et PCB de type Dioxine est programmée à court terme grâce à l’acquisition, avec le soutien du PCAM, d’équipements, HPLC/MS/MS et GC/MS/MS. Ces équipements coûteux permettent aussi l’analyse des résidus de médicaments vétérinaires tels que les chloramphénicols, l’avermectine et le vert malachite.

« Le LCAE n’a cessé d’investir pour jouer pleinement son rôle dans le contrôle des produits importés et ceux élaborés localement dans le but d’assurer la sécurité sanitaire alimentaire et par conséquent de préserver la santé du consommateur. Sans pour autant négliger le rôle que notre Laboratoire assume dans le contrôle des produits dédiés à l’export. L’image de notre  industrie et de notre pays en dépend », explique Jamel Jary, Directeur Général du LCAE. Il souligne le caractère structurant du contrôle normatif pour des organismes publics comme l’Office du Commerce et les entreprises qui souhaitent se développer et s’inscrire dans une optique de pérennité.

« Nous venons d’investir dans la mise en place d’un Laboratoire de biologie moléculaire qui va ouvrir la voie à de nouvelles applications analytiques et ce, en guise de réactivité aux récents problèmes qui ont secoué l’opinion publique quant à l’usage frauduleux de viandes par certains restaurants. », ajoute-t-il.

Aujourd’hui, la fraude dans le domaine des viandes occupe une place de plus en plus importante dans les faits divers. Un fossé s’est creusé entre l’Ethique et le profit perçu avec acharnement à tel point que telle viande soit vendue en tant que telle autre. Le consommateur qui exige de la qualité et de la fiabilité est devenu prudent et méfiant. Le Laboratoire d’Identification d’Espèce laissera espérer qu’avec ce type d’analyse la maximisation du profit prendra plutôt le chemin de la légitimité et non celui de la fraude.

Au gré de cet espoir, ce Laboratoire sera opérationnel en début de l’année prochaine.

Il permettra en outre, dès la promulgation de loi sur la biosécurité, de mettre à la disposition de l’administration (Commerce et Agriculture) le meilleur outil de contrôle des OGM qui existe sur le marché.

Aujourd’hui, le LCAE met en avant un programme de formation, et envisage l’acquisition de quelques équipements ainsi que l’intensification des adhésions aux réseaux  d’essais inter comparaisons étrangers.

« Notre Laboratoire est trop exigeant envers lui-même. Avant de se lancer dans une activité d’analyse ou d’essai, il s’assure que les résultats sont fiables », souligne le Directeur Général du LCAE.

Celui-ci se positionne en tant que partenaire privilégié des Départements publics comme les Ministères de la Santé, de l’Agriculture et du Commerce. Il a conclu avec eux des conventions sur les quelles reposent ses prestations dans le domaine des analyses. Rien de plus rationnel que de préserver le droit du citoyen à une consommation sécurisée. Il s’ensuit que la relation marchande ne se résume pas à une réponse à un besoin ; mais elle repose sur la fiabilité normative du produit et le degré de sécurité qu’elle incarne. C’est d’ailleurs pourquoi ce Laboratoire assume une lourde responsabilité dont il est conscient : la preuve c’est qu’il ne délivre une attestation ou un résultat d’analyse que s’il est certain de sa fiabilité et son exactitude.

« Au moindre soupçon d’erreur il n’hésite pas à refaire l’analyse deux, trois ou quatre fois bien que cette démarche se traduise par un coût supplémentaire que le Laboratoire devra supporter », explique Jamel Jary.

Le LCAE dispose de huit Laboratoires accrédités. Pour ceux qui ne le sont pas, les essais sont effectués dans le respect des procédures et en ayant recours aux intercomparaisons comme moyen de contrôle. Les accréditations que le LCAE a obtenues concernent : le Laboratoire des Eaux en 1996, le Laboratoire de Microbiologie en 2004 et les Laboratoires des Résidus des Pesticides, des Métaux lourds, des Jouets, de Métrologie dimensionnelle, de Métrologie des Forces en 2010 et de métrologie de Pression.

Notons que la décision d’accréditer tel ou tel Laboratoire est tributaire de l’intérêt qu’elle peut apporter à l’économie nationale (facilitation des exportations) et de la taille de la demande qui obéit aux règles économiques de rentabilité.

« Notre objectif serait d’accréditer les Centres régionaux de Sfax, Sousse et Gabès. Nous commençons par celui de Sfax; son accréditation est prévue pour 2018, après son transfert vers un nouveau Bâtiment qui offre de bonnes conditions de travail.

Département de l’Eau, de l’Environnement et des Produits industriels : Ce Département comprend dix Laboratoires :

Le Laboratoire des Eaux et Environnement dont les prestations couvrent tout type d’eau dont on peut citer les eaux minérales, les eaux de boissons, de puits, de sondages, de surface, de barrage, les eaux de piscine, de baignade, les eaux de mer, les eaux industrielles et les eaux usées industrielles et urbaines.

Les analyses concernent les anions et cations dans l’eau, le résidu sec, les substances chimiques, les paramètres physico-chimiques et les indicateurs de la désinfection et de la décontamination microbienne.

– Le Laboratoire Chimie des  Matériaux: Il analyse et contrôle une gramme très variée de métaux et alliages pour le besoin des industries mécaniques et du secteur du bâtiment et de l’agriculture.

– Le Laboratoire des produits industriels et d’entretien : Il est le principal interlocuteur des pouvoirs publics pour vérifier la conformité aux normes des produits à usage chimique et pharmaceutique, les peintures, les produits d’entretien, les huiles essentielles, les colles et solvants organiques et les matières plastiques (jouets).

– Le Laboratoire des cosmétiques : Une multitude de produits d’hygiène, de maquillage, de parfumerie, de soins buccaux et d’hygiène du bébé, sont analysés dans le cadre du contrôle économique d’hygiène et de la santé publique, en s’appuyant sur les normes tunisiennes et internationales.

– Le Laboratoire des matériaux métalliques: Il effectue des essais sur des éprouvettes soudées en acier, le rond à béton, les feuillards de tôle, les cornières, les élingues et les outils de quincaillerie.

– Le Laboratoire de mécanique des sols dédié aux entreprises de BTP pour l’analyse géochimique des sols.

– Le Laboratoire des matériaux de construction chargé de tester une gamme très variée de matériaux de construction selon des référentiels normatifs nationaux et européens.

– Le Laboratoire de béton pour des essais et contrôles en termes de résistances.

– Le Laboratoire des produits pétroliers pour analyser leur conformité aux normes.

Département de sécurité industrielle, DSI : Ce Département est composé de :

– Laboratoire des Jouets : L’unique laboratoire accrédité dans le continent africain, fruit d’une coopération avec la partie Espagnole, ce Laboratoire contrôle une gamme très variée de jouets de tous types, importés ou fabriqués localement.

Il est utile de rappeler que le DSI couvre plusieurs  domaines  allant  des  appareils  à pression à gaz et à vapeur jusqu’aux épreuves hydrauliques des gazoducs, en passant par les ascenseurs et monte-charge, les installations électriques (BT et MT) et les installations à gaz (tuyauterie).

Les inspecteurs du LCAE sont formés auprès d’organismes européens et appliquent la règlementation en vigueur et les dispositions de la norme ISO/CEI/17020, relative aux critères généraux pour le fonctionnement des organismes d’inspection.

Centre de la Métrologie : Créée en 1993 au sein du LCAE, la fonction de la Métrologie s’est bien développée en termes d’équipements, d’expertise, d’accréditation et de partenariat avec un Laboratoire de renommée mondiale, l’Institut allemand de Métrologie,  PTB.  En  2012, la Tunisie, à travers le LCAE, est devenue membre du BIPM.

Un acteur confirmé de la Métrologie

Aujourd’hui, son Centre de Métrologie comprend 8 Laboratoires :

– Laboratoire Masses,(anciennement accrédité COFRAC en 2008 et candidat à l’accréditation TUNAC début 2018) ;

– Laboratoire Température et Humidité, (anciennement accrédité COFRAC en 2009 et candidat à l’accréditation par le TUNAC début 2018) ;

– Laboratoire Pression accrédité par le TUNAC en 2003

– Laboratoire Dimensionnelle et Divers ac- crédité par le TUNAC en 2007

– Laboratoire Volume et Masse volumique

– Laboratoire Force et couple accrédité par le TUNAC en 2010.

– Laboratoire Pesage industriel

– Laboratoire Métrologie règlementaire

Ces laboratoires bien équipés sont soutenus par trois unités :

– L’unité Qualité et Formation qui assure la formation et le développement des compétences dans les domaines de la Métrologie, la gestion des ECME et le calcul d’incertitude.

L’unité Développement de la Métrologie scientifique et fondamentale

– Et l’unité Informatique et Statistique

De l’expertise capitalisée au service de l’économie

Il convient de noter que la formation est intégrée au sein du LCAE comme facteur de performance et de compétitivité.

Et c’est grâce au développement des compétences de ses cadres techniques qu’il se porte garant de la qualité de ses prestations. La compétence et l’expertise évoluent tout au long de la carrière. Ce n’est donc pas étonnant si le Centre a été choisi pour la formation en Métrologie de 36 ingénieurs dans les pays de l’Afrique francophone et 12 autres en 2018.

Il a assuré également des missions d’assistance technique au Maroc, en Algérie et en Mauritanie, dans le cadre du Programme d’activité du MAGMET.

Son ouverture internationale est réaffirmée de plus en plus : il a été associé avec le PTB dans le projet de la redéfinition du kg, une unité conventionnelle du Système SI.

Il est aussi impliqué en tant que partenaire actif du Projet tuniso-allemand de Développement de la Métrologie considérée comme un levier de la promotion des exportations. Il a déjà commencé un cursus de formation de 135 Formateurs de la Formation professionnelle en matière de Métrologie.

« Notre réussite est envisagée dans un esprit d’équipe et une vision fédératrice qui me paraissent riches d’enseignements pour le futur, souligne le Directeur Général du LCAE.

En effet, les équipements dont dispose le Centre n’ont aucune valeur sans le capital humain : ce potentiel de compétences qui correspond aux savoirs, savoir-faire, aux conduites types, aux procédures standards, bref à tout ce qui est acquis par la formation, l’apprentissage et l’expérience et qui est indispensable à un opérateur pour la réalisation d’une tâche, analyse ou essai, conformément à une approche contractuelle avec l’émetteur de la demande.

Pour comprendre l’impact de cet organisme sur l’économie et la société, il faut l’inscrire dans l’itinéraire évolutif de notre économie dans la quelle l’immatériel et plus particulièrement le référentiel normatif et la qualité, prennent une part croissante dans la production et la consommation.

Les Analyses et Essais qui cherchent à vérifier la conformité à la Normalisation généralement perçue comme une contrainte imposée par la règlementation ou les relations contractuelles, participent par leur impact sur les coûts de transaction et la sécurité sanitaire des consommateurs, à la reconfiguration rationnelle et pragmatique de l’organisation de l’activité économique. Le LCAE a le mérite d’y contribuer.

One Comment

  1. Bouhalila says:

    Fière que mon père Ridha Bouhlila est participé à la fondation du LCAE. Allah Yarhmou.
    La relève a assurée. Que cette réussite soit un exemple.Que la chaine de progrès et de perséverance continue avec les nouvelles générations.

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