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La révolution numérique de La santé…en position de force ! mais pas en Tunisie

mars 14th, 2016 | by admin
La révolution numérique de  La santé…en position de force ! mais pas en Tunisie
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La révolution numérique de

La santé…en position de force ! mais pas en Tunisie

Finie l’époque de l’information matérialisée ; y compris celle du domaine médical. La numérisation de la Santé s’avère être le plus court chemin pour réformer les prestations de soins, les rendre de meilleure qualité et plus équitables.

Les impacts attendus de la révolution numérique en Tunisie, sont aussi bien pour les patients, les services de soins, les prestataires et les caisses d’assurance maladie. C’est ce qu’ont essayé de mettre en relief les travaux du 1er Forum international de la Santé numérique organisé conjointement par la Société Tunisienne de la Télémédecine et Réalités.

Tenu à Hammamet, les 12 et 13 février 2016, le Forum international de la Santé numérique, portant sur « la Tunisie face à la révolution numérique de la Santé », a réuni des compétences tunisiennes et françaises du domaine médical. Ils étaient tous unanimes : l’e-santé est une chance pour le secteur de la Santé, l’économie de la Santé et un levier pour les centres de prestation de soins.

Communiquer, partager l’information, travailler en équipe…tels sont les atouts que l’e-santé offre aux Etablissements de prestation de soins. Cette solution numérique fait bénéficier l’ensemble des intervenants dans les services de santé de relations de travail plus efficaces.

Les technologies Internet facilitent la mise en disposition dans l’Etablissement de santé de l’ensemble des applications informatiques et des informations. Lorsque ces Technologies (messagerie électronique, forums de discussion, serveurs d’information multimédia) sont utilisées sur un réseau qui peut être accessible même depuis des postes mobiles ou isolés.

Grâce au courrier électronique et aux forums d’échange ou visio-conférence, un (ou des) médecin(s) dans un hôpital à Tataouine ou à Gafsa pourrait(aient) collaborer et échanger plus aisément avec d’autres médecins spécialistes à Tunis, à Paris ou à New York. L’e-santé permet à la communauté de la santé universelle connectée, de collaborer, de travailler sur des projets communs, de partager de l’information de manière facile et standardisée et d’améliorer le travail en équipe.

« Avec la numérisation de la Santé, l’Etablissement de santé étendu a trouvé ses outils révolutionnaires », s’accordent à estimer le Professeur Abderraouf Cherif, (Faculté de Médecine de Tunis), Amel Ben Ammar El Gaaïed, (Faculté des Sciences de Tunis) Pierre Savart, Directeur des opérations internationales du LEEM France, Pr.Louis Lareng, Président de la Société Européenne de Télémédecine et e-santé, et Dr.Pierre Simon, Post Président de la Société Française de Télémédecine.

Pr. Aziz El Matri, Président de la Société Tunisienne de Télémédecine et e-santé :

« La Télémédecine se heurte à des handicaps comme l’absence d’un cadre réglementant les différents aspects de ce concept ».

Dans son allocution lors de l’ouverture du Forum, Pr.Aziz El Matri, Président de la Société Tunisienne de Télémédecine et e-santé, rappelé l’historique du Numérique de Santé en Tunisie : « Cette année, explique-t-il, nous fêtons le 20ème anniversaire de la Télémédecine en Tunisie, coïncide avec le 50ème anniversaire de la Faculté de Médecine de Tunis ».

« Ce type de Forum n’est pas nouveau puisque la première manifestation scientifique sur la Numérisation du secteur de la Santé, en Tunisie, date de 18 ans ! ajoute-t-il. « C’est en 1998 que le Conseil de l’Ordre des Médecins et l’association arabe de Télémédecine dont le siège était à Tunis, ont organisé le 1er Symposium international de Télémédecine pour l’Afrique, le monde arabe et l’Europe, auquel ont participé trois cents incités de la communauté médicale et technologique.

La Tunisie, selon Dr El Matri, était donc précurseur dans ce domaine :

En 1986, trois évènements ont marqué la scène :

– le début de la pratique de la Télémédecine par certains médecins qui ont établi des relations d’échange à distance avec l’étranger, en particulier la France et l’Italie.

– le ministère de la Santé a promulgué un arrêté créant le Comité Technique de Télémédecine, préside par le Directeur Général de la Santé.

– le ministère de la Santé a inclus la Télémédecine comme étant une des composantes des structures publiques

Grâce à ces mesures, la Télémédecine  s’est développée progressivement en Tunisie ; une vingtaine de centres hospitaliers avaient recours à la Télémédecine, dans leurs relations avec l’étranger.

Les évènements du 14 janvier 2011 ont provoqué le déclin de cette activité. Mais depuis deux ans, un nouvel élan, initié par les ministères de la Santé et des Technologies de l’Information, de la communication et de l’Economie numérique, vise à redémarrer ce concept.

Professionnels de la Santé, ingénieurs des Technologies de l’Information et de la Communication, TIC, décideurs politiques… sont donc appelés à prendre les décisions nécessaires pour que ce nouvel élan soit une réalité au quotidien ; car la Télémédecine se heurte à des handicaps comme l’absence d’un cadre règlementaire, définissant les différents aspects de ce concept, comme la rémunération des parties impliquées dans ce type d’action; médecins, professionnels de la Santé et autres.

La Télémédecine n’est pas

un luxe

La promulgation de la loi réglementant la Télémédecine, est, selon Dr.Aziz El Matri, est une urgence parce que la Télémédecine n’est pas un luxe ; c’est un outil providentiel qui rend la médecine accessible à tout le monde, y , compris ceux qui habitent dans des régions isolées ou déshéritées, comme celles du Nord Ouest, Sud Ouest ou Centre Ouest. Celles-ci se sont révoltées en 2011 parce qu’elles étaient mécontentes face à leur situation précaire dans tous les domaines y compris celui de la Santé.

C’était, le plus souvent, devant les hôpitaux que leurs habitants manifestaient leur mécontentement lors du décès d’un citoyen d’une manière qu’ils jugeaient injustifiée.

La Numérisation de la Santé représente une solution efficace et efficiente de développer l’état sanitaire de ces régions. Cela permet de faire parvenir les services de Santé aux citoyens sans qu’ils ne se déplacent et sans qu’une équipe médicale ne preuve la peine de déplacer ; avec ce que cela génère comme pertes de temps et d’énergie.

L’e-santé permet à des médecins d’aller dans des régions sans se sentir isolés et sans avoir le stress de se retrouver face à un patient gravement malade pour lequel ils n’ont pas l’expérience suffisante pour l’aborder. Sur le plan de l’enseignement universitaire, la Télémédecine a l’avantage de connecter les sites de formation aux hôpitaux.

C’est dans le contexte que se situe l’organisation d’une table ronde en marge du Forum, portant sur l’état des lieux et les perspectives de e-santé en Tunisie ; et d’un Symposium sur la Télémédecine au service des Pôles de Santé. C’est ainsi que l’on parvient à intégrer les régions de l’intérieur aux régions côtières où sont implantés les Facultés de Médecine.

Le Numérique devient donc une urgence pour résoudre les problèmes médicaux, sociaux.

« Nous demandons aux décideurs de passer à l’action ; ce qui va améliorer nettement l’accessibilité de tous les citoyens aux prestations de soins ; l’équité devant la maladie ; conclut le Président de la Société Tunisienne de Télémédecine.

En Tunisie, la première expérience de liaison de télémédecine a eu lieu en 1996 et la même année le ministère de la santé publique a opté, dans le cadre de son plan informatique stratégique, pour l’introduction de la télémédecine comme outil de travail dans les établissements publics de la santé.

Depuis, ce démarrage, 23 stations ont été installées dans différents hôpitaux publics et ont fonctionné plus au moins régulièrement. Elles étaient situées dans 9 hôpitaux principaux, 5 centres ou instituts spécialisés et 6 hôpitaux régionaux. Certains services ont eu des liaisons plus au moins régulières avec des hôpitaux étrangers  comme ceux de Marseille, Toulouse, Nice et Rome.

Plusieurs raisons dont la vétusté des équipements qui n’ont pas été mis à jours, les difficultés matérielles, l’épuisement de l’enthousiasme des utilisateurs et surtout l’absence d’une stratégie à l’échelle nationale ont entraîné une dégradation de la situation. D’après les rapports du Centre Informatique du Ministère de la Santé Publique (CIMSP) et des experts invités par le ministère il n’y avait, en 2009, que 4 stations fonctionnelles. En vu d’évaluer la situation et proposer des solutions, le MSP avait alors mis en place 4 commissions auxquelles notre association avait participé. Il s’agit des commissions suivantes :

– Institutionnalisation de la télémédecine et sa place dans l’organisation des soins

– Protocoles et codification des actes de télémédecine

– Cadre juridique et déontologique nécessite au développement de la télémédecine

– Rémunération des actes de télémédecine.

Les recommandations, présentées, en 2010, étaient les suivantes :

– Mise en place d’un réseau national de télémédecine fonctionnant avec un coordinateur à l’échelle nationale

– Implication des secteurs sanitaires aussi bien publique que privé.

– Développement de l’exportation des services de santé.

– Recours à un opérateur indépendant qui aura la charge de mettre en place les structures et d’organiser la télémédecine dans le cadre d’un partenariat public-privé.

Par ailleurs les commissions ont préparé chacune dans son domaine des projets de textes dont un amendement du code de déontologie pour donner un caractère légal à ce nouveau mode d’exercice. Mais vu les circonstances et l’émergence d’autres priorités cette activité a été gelée. Cependant à partir de janvier 2012, notre association a recontacté le ministre de la santé (MS) et le ministre des technologies de l’information et la communication (TIC) qui avaient affirmé leur volonté de relancer la télémédecine en Tunisie. A l’occasion du Séminaire National de Télémédecine tenu à Sup’Com en avril 2012 le ministre des TIC avait affirmé la volonté de son département à collaborer avec le ministre de la santé pour réalisé les objectifs définis.

Par ailleurs, le ministère de la santé (MS) et le ministère des technologies de l’information de la communication et de l’économie numérique (MTICEN) ont organisé en février 2015 un séminaire pour débattre du projet d’un « plan stratégique national Tunisie eSanté ». nous pensons que de grandes décisions seront prises bientôt.

Sami Landolsi, Directeur

Marketing et Opérations Entreprises

Ooredoo Business :

Dans son allocution, Sami Landoulsi, Directeur Marketing et Opérations Entreprises-Ooredoo Business, réaffirme leur prise de conscience collective de l’importance du Numérique dans le domaine de la Santé.

« L’essor du Numérique nous bouscule, impulse des évolutions voire des révolutions ; car le Numérique est une nouvelle forme de progrès humain, explique-t-il.

L’explosion du marché des objets connectés, l’exploitation du big data ; mas également l’avènement des monotechnologies, des biotechnologies, des technologies de l’Information et de la Communication et des Sciences cognitives conduisent, entre autres, à une transformation radicale des Systèmes de Santé. L’innovation numérique conduit, selon lui, à une transformation des usages parmi lesquels il cite l’implantation des bio-capteurs, l’impression en 3D du molécule médical ou demain celle du tissu humain, la chirurgie robotique…

Toutes ces innovations peuvent être considérées par certains comme des gadgets ; la vérité est autre : nous sommes au début d’une nouvelle ère des usages du Numérique dans le domaine de la Santé.

« Ooredoo, en Tunisie en tant que leader de la Téléphonie mobile est conscient de son rôle primordial dans l’essor de ces nouveaux usages dans le pays. C’est pourquoi nous voulons être un acteur majeur dans le domaine de l’Internet of Things (IOT) ; affirme-t-il.

Le ministère de la Santé :

La mise en œuvre des cinq dimensions

de la réorganisation du Système de Santé passe par l’e-santé

Saïd El Aïdi, ministre de la Santé, est convaincu du fait que la modernisation du Système de Santé implique inéluctablement le développement du Service. Ce développement passe par la mise en œuvre de l’e-santé : des intranets pour favoriser au moyen du réseau interne à l’établissement de prestation de soins, le travail en groupe, et la communication ; des extranets pour étendre ces capacités de communication aux parties concernées et démultiplier l’efficacité des structures de santé ; des sites Internet pour rapprocher ces structures des patients et des sites de compétences.

Toutes les applications vont ouvrir des perspectives inédites pour le monde médical en Tunisie et aussi pour le patient dans n’importe quelle région. Elles constituent un levier pour la mise en œuvre des cinq dimensions autour des quelles s’articule la note d’orientation élaborée par le ministère de la Santé, explique Saïd El Aïdi.

Prévention, Pôles territoriaux de Santé, Recherche-Développement-Innovation, gouvernance du Système de Santé, Fonction publique hospitalière de la Formation… cinq dimensions dont la mise en œuvre a intérêt à tirer parti de cette opportunité, de cette chance pour la Santé : la révolution numérique.

Dr Slim BENSALAH : «  La réglementation de la télémédecine permettra un accès plus large à ses services“

La télémédecine est un acte médical réalisé à distance grâce à l’usage des technologies de l’information et de la communication (TIC). C’est la définition donnée par l’OMS en 1997 et c’est ce que nous attendons depuis quelques années d’une loi tunisienne suivie de son décret d’application pour préciser les actes de télémédecine et les conditions de leur mise en œuvre.

La télémédecine, qui n’est que l’application des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’exercice de la médecine, apparaît donc aujourd’hui comme l’un des moyens de faire face à de nouveaux besoins.

La télémédecine doit être distinguée de la notion de télésanté qui a émergé cette dernière décennie. Elle en constitue un sous-ensemble spécifique dont la principale particularité tient à ce qu’elle concerne des activités exercées par des professions réglementées.

Faire face aux défis qui doivent désormais être relevés par notre système de santé, contribuer à une amélioration d’un accès aux soins, à leur coordination, à leur qualité en termes d’expertise, au maintien dans leur lieu de vie et en autonomie de patients âgés ou atteints de pathologies chroniques.

Avec la publication promulgation de la loi et son décret d’application, nous pourrons examiner et adapter notre réglementation nationale de manière à ce qu’elle permette un accès plus large aux services de télémédecine.

Suite à cette étape réglementaire, les pouvoirs publics auront à mettre au point une stratégie nationale de déploiement de la télémédecine dans cinq domaines jugés prioritaires pour améliorer l’accès aux soins :

– l’accès des patients atteints d’un accident vasculaire cérébral ischémique au traitement thrombolytique, s’ils en relèvent, dans un délai compatible avec une efficacité thérapeutique optimale (<4h30 après l’apparition des premiers signes),

– l’accès de tout citoyen à une permanence de soins en imagerie médicale 24heures sur 24, sept jours sur sept,

– la continuité des soins au domicile pour les patients atteints de maladies chroniques, notamment celles liées au vieillissement, en constante progression, l’accès des personnes : – vivant dans les zones en manque de médecins spécialistes – en établissements médico-sociaux à des téléconsultations/télé-expertises médicales, qu’elles soient de premier ou de second recours.

– Une amélioration des soins aux détenus

Ce plan national de télémédecine sera déployé dans le cadre des pôles de santé sous le patronage des quatre facultés de médecine et avec un partenariat public privé.

Amel BENAMMAR ELGAÏD

Université de Tunis El Manar :

« L’innovation technologique est un levier de progrès du secteur de la santé »

A l’heure du développement des TIC avec les grandes capacité de stockage des « big data » et la recherche de méthodes performantes d’analyse pour en extraire les connaissances et établir des modèles prédictifs, le secteur de la santé est en train d’évoluer tant du point de vue de la recherche biomédical que de la pratique de la médecine et de prise en charge des malades. Dans ce contexte la laboratoire de génétique, immunologie et pathologies humaines a fait le choix de développer la bio-informatique pour l’analyse génétique, pour le diagnostic assisté par ordinateur ainsi que pour la modélisation de cibles thérapeutiques, du risque de survenue de maladies multifactorielles et de la réponse au traitement. Pour illustrer ces thèmes, les résultats les plus significatifs d’études publiées ou en cours au sein de notre équipe, seront présentés avec leurs applications dans le domaine biomédical.

Nous présentons dans un premier volet, nos résultats sur la modélisation du risque de récidive dans le cancer de la vessie. Les cliniciens se basent sur le stade et le grade de la tumeur vésicale qu’ils considèrent comme attributs majeurs pour définir le pronostic reste difficile à établir. En utilisant des logiciels d’accès libre et en partant d’une base de données sur 550 malades atteint de tumeur superficielles, traités par BCG thérapie et suivis sur une période de 5 ans, nous avons modélisé le risque de récidive. Notre innovation concerne l’utilisation d’une méthode hybride combinant deux approches du data mining. Cette méthode a permis de mettre en évidence es profils de récidive précoce et tardive avec un taux de confiance appréciable (supérieur à 80%). De plus, de nouveaux attributs ont été incriminés comme facteurs de risque de récidive ou d’échec thérapeutique. Notre modèle est adapté aux conditions épidémiologiques de la population tunisienne il est e cours de validation par les cliniciens pour la mise en place d’un calculateur de risque qui servira d’outil d’aide à la décision au bénéfice des médecins. D’autres études sont en cours pour établir des calculateurs de risque pour l’ostéoporose, le cancer du sein et les maladies cardiovasculaires.

Nous donnons une deuxième illustration de l’utilisation des TIC dans le domaine de la santé : celui de la modélisation moléculaire. Un modèle structural d’une molécule permet de tester son interaction avec des ligands potentiels et la conception de nouvelles molécules thérapeutiques grâce à des logiciels de « docking ». Nous avons ainsi modélisé une mutation de résistance au VIH chez un couple tunisien discordant localisée dans une boucle intracellulaire du co-recepteur CCR5 du VIH. Cette boucle contient une boîte fonctionnelle, qui n’a pas de contact direct avec le virus qui ne devrait pas pouvoir  pas être internalisé quelque soit sa capacité de mutation. Nous avons établi la structure de CCR5 et nous avons montré qu’elle était déstabilisée par la mutation avec un impact sur l’interaction du CCR5 avec beta arrestine, protéine intracellulaire impliquée dans l’internalisation du virus. Après avoir établi la structure de la beta arrestine in silico, nous avons montré clairement que son interaction avec la forme mutée du CCR5 est abolie, ce qui de ce fait empêche l’internalisation du virus. Nos résultats apportent un nouvel éclairage dans le design de nouvelles molécules thérapeutiques anti VIH, ciblant le CCR5. Nous aons aussi pu modéliser un oncogène Aurora-A et un suppresseur de tumeur p-VHL et montré leur interaction in silico, interaction qui a été ensuite confirmée expérimentalement in vitro et in vivo. Cette modélisation permet de proposer une nouvelle molécule thérapeutique ciblant Aurora-A et pouvant être testée dans les traitements anti cancéreux. D’autres molécules cibles sont en cours de modélisation.

Avec l’université de Palerme, nous avons développé un projet de diagnostic des maladies auto-immunes assisté par ordinateur (A.I.D.A). ces maladies occupent, le 3ème rang en termes de prévalence après les maladies cardiovasculaires et les cancers. Le diagnostic des MAI, se base sur l’identification des auto-anticorps dans le sérum par la technique d’immunofluorescence. L’interprétation des résultats de cette technique est délicate et exige l’œil exercé d’un expert en immunologie. Une base de données d’images d’immunofluorescence a été créée grâce à des experts italiens et tunisiens. Par échange d’images et double rapport, une base de données de référence contenant des milliers d’images IIF de différents profils, a été établie. Cette base de données de référence a été utilisée pour la mise en œuvre d’une solution informatique (CAD- Computer Aided détection) et l’évaluation de sa valeur ajoutée afin d’être utilisée comme second lecteur pour le diagnostic de maladie auto-immune. D’après les résultats obtenus, le CAD est apparu plus puissant que des immunologistes juniors et aussi performant que les experts seniors.

En partenariat avec la Société Tunisienne de Médecine Internet, l’Université de Tunis et l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris nous sommes en train d’établir une ontologie des maladies auto-immunes dans le but de développer un algorithme d’aide au diagnostic. La complexité de ces maladies et l’existence de symptômes communs entre différentes MAI pose le problème du diagnostic différentiel. Une ontologie est une approche de modélisation des connaissances de façon hiérarchique. Cette hiérarchie est basée sur la sémantique des concepts, ce qui permet d’établir des liens et des niveaux de parenté entre concepts qui seront utilisés pour annoter les maladies. Cette modélisation basée sur les concepts nous permettra de développer un moyen informatique pour classer et faire du diagnostic différentiel.

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