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Compétitivité de la filière cuir et chaussure Les ingrédients cruciaux d’une stratégie ?

février 12th, 2016 | by admin
Compétitivité de la filière cuir et chaussure Les ingrédients cruciaux d’une stratégie ?
Economie
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L’industrie tunisienne du cuir et de la chaussure a produit à la fin des années 2000, quarante cinq millions d’articles chaussants. C’était, selon Youness Ben Tahar, Président de la Fédération Nationale du Cuir et de la Chaussure, la fin des années fastes du secteur.

Qu’il soit orienté vers le marché domestique ou à l’export, le secteur est aujourd’hui piégé par des « foyers d’handicaps ». Fragilisé, il est contraint à survivre tout en s’engageant dans une âpre bataille.

Aujourd’hui, l’industrie du cuir et de la chaussure compte 251 entreprises dont 184 sont totalement exportatrices. Une centaine de sociétés sont à capitaux 100% étrangers et 37 sont à capitaux mixtes. L’investissement italien est prépondérant avec 60 entreprises italiennes ou à participation italienne.

Le secteur est formé de 12 Tanneries, 167 fabricants de chaussures, de tiges et accessoires, 54 unités de Maroquinerie et 18 sociétés spécialisées dans la production de vêtements en cuir.

Cette industrie occupe 36.800 personnes ; quant aux 2500 artisans, ils ont pu créer directement 10 mille emplois. Elle réalise 1480 MDT de chiffre d’affaires en 2014, et 1058 MDT à l’export. Ses principaux clients sont l’Italie (40%), la France (25%), et l’Allemagne(15%).

Le secteur affiche un taux d’investissement positif de 135,3% avec des investissements déclarés de 24MD  durant les huit mois 2015 contre 10,2MD une année auparavant durant la même période.

Analysant les « heurs et malheurs » de l’industrie de la chaussure en Tunisie, tel qu’il sont conditionnés par les jeux trompeurs du pseudo  libre – échange, Younes Ben Tahar, Président de la Fédération Nationale du Cuir et de la Chaussure se souvient d’entreprises qui étaient les fleurons de l’industrie de chaussures en Tunisie : SOTUPRI, SICA, RODIA, MIRMAR, Week End spécialisée dans les chaussures de sport. Ces fleurons parmi tant d’autres ont déposé le bilan sous l’effet ravageur des importations sauvages et de la contrebande.

Cette destruction massive n’est pas dû à l’application de la théorie du Libre-échange, inventée par l’économiste britannique David Ricardo (1772-1823), et appliquée par le GATT puis l’OMC. C’était plutôt le fruit amer du désordre économique et de l’anarchie dont profitaient les « parasitaires » et qui avait accentué le phénomène du chômage. « Rien n’est plus coûteux qu’un chômeur », affirmaient les Keynésiens. Et pourtant le mal est flagrant.

Une économie nationale n’est pas constitué uniquement de  secteurs sur-compétitifs, voués à s’étendre et de secteurs sous-compétitifs, destinés à disparaître : sur un créneau donné, l’acquisition d’une forte compétitivité permet de créer un pôle, capable de diffuser des effets, d’entraîner tant en amont qu’en aval de la filière sur la quelle il est situé. En amont (biens intermédiaires et éventuellement et dans la mesure du possible biens d’équipent destinés à cette industrie), le pôle de compétitivité ouvre un marché intérieur sur lequel les producteurs nationaux peuvent se lancer avant d’attaquer le marché mondial. En aval (produits des industries et services situés aux stades suivants), ce sont les coûts de production qui peuvent être abaissés.

Ceci dépend de la politique économique de l’Etat et de sa capacité de réguler, d’arbitrer et de dissuader. « Appliquons la loi!», s’accordent à appeler le Président de la Fédération Nationale de Cuir et de la Chaussure et les Présidents des chambres.

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